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Mon rattachement à moi…

jeudi, décembre 29th, 2011

C’est bizarre les coïncidences. Il y a quelques jours, un amendement débattu et voté par une poignée de députés noctambules, faisait grand bruit médiatique, à peu près comme on brasse de l’air tant il n’a aucune chance (et heureusement !) d’aboutir à autre chose que le déclenchement de quelques alertes Google au nom des dits parlementaires insomniaques. Presqu’au même moment, je goûtais la fierté modeste d’un rapprochement bien plus discret, mais je le crois à la fois plus pertinent et plus efficace que l’énième tentative de priver Vendéens, Angevins, Mayennais et Sarthois de leur région et de sa capitale-locomotive sans qu’ils aient leur mot à dire : celui du Crédit Municipal de Nantes et du Centre Communal d’Action Social de Rennes autour de la mise en place d’une politique de micro-crédit social et accompagné dans cette belle et grande ville.

Signature officielle à l'Hôtel de Ville de Rennes avec Jacques Stern, Nathalie Appéré et Loïc Rolland

Je laisserai aux historiens le débat sans fin sur la date de la séparation réelle ou supposée (ont-elles jamais été réunies ?) des communes ou pays qui forment aujourd’hui la Loire-Atlantique d’avec la Bretagne administrative (pour autant que ce terme recouvre le moindre sens historique ou culturel). Ce que je peux affirmer en revanche, c’est que l’histoire a doté Nantes d’une Caisse de Crédit Municipal et pas Rennes. Etablissement public local, outil financier et bancaire au service des politiques sociales de la Ville de Nantes, son unique « actionnaire », le Crédit Municipal met aujourd’hui son expérience et son expertise au service des villes qui le souhaitent. Tout le monde y gagne : le Crédit Municipal qui utilise ainsi mieux ses capacités et sa structure et les communes ou CCAS qui n’imaginent pas vraiment créer ex-nihilo une structure bancaire capable de porter une politique de micro-crédit social. Le Crédit municipal assume ainsi tout ce qui relève de la technique bancaire et les CCAS l’accompagnement social, son corollaire indispensable.
Au moment où Daniel Delaveau et Jean-Marc Ayrault affirment le rapprochement de nos deux agglomérations et leur collaboration, avec la mise en lumière de leur complémentarité, notamment dans les domaines économique et de la recherche scientifique, nous avons pensé, avec Nathalie Appéré, première adjointe au Maire de Rennes, que de donner une dimension sociale à ce rapprochement avec cette convention de micro-crédit avait un vrai sens.
C’est celui du mode de développement de notre Ouest Atlantique ou Loire-Bretagne, ou Bretagne-Loire (voir l’excellente note du blog de l’ami Christophe Clergeau…) ou Grand Ouest qu’importe ! Du moment qu’il se fonde sur la mise en réseau des villes, grandes ou moyennes qui le structurent, qu’il reste multi-polaire, et qu’il permet donc un développement équilibré et durable de tous ses territoires. Conclusion : pour agir efficacement dans l’intérêt du plus grand nombre et de la cohésion sociale, dans le respect de la diversité des territoires, il n’est besoin ni de modifier des limites administratives, ni d’exacerber la concurrence entre institutions, il suffit de partager la même vision d’un avenir qui sera commun, forcément commun… Merci Nathalie, pour ton accueil !

Carnet de campagne

dimanche, février 14th, 2010

C’est parti ! La campagne des Régionales entre maintenant dans sa phase active. Cette semaine : deux réunions chez l’habitant, trois distributions de tracts, deux réunions publiques thématiques et du porte à porte.

Lundi. J’avais prévenu Joël que je prendrais la réunion en route. Pas grave, Abbassia Hakem était là. Je suis quand même arrivé 1 heure plus tard que prévu, après le C.A du collège Stendhal, juste pour répondre à la question qui brûlait les lèvres d’un voisin de Joël : « …Et l’aéroport ? Vous êtes sûr qu’il faut le faire cet aéroport ? » Sûr, je ne sais pas, mais convaincu oui ! Le problème avec ce débat c’est qu’il faut le mener à toute occasion (nous avons trop laissé raconter n’importe quoi sans répondre)…en même temps qu’on doit à la vérité de souligner que ce n’est pas un débat de l’élection régionale, puisque son résultat n’affectera pas ce qui est une compétence et une décision de l’Etat. Résultat : une heure de débat passionnant, de mises au point nécessaires…mais hors sujet. Un bémol quand même : la question du type de développement qu’on souhaite pour la région, au-delà même de ses limites politiques, la place que doivent y tenir l’emploi industriel (cf. la crise des Chantiers STX à St Nazaire) et la question de sa connexion au reste du monde ramène aussi à Notre Dame des Landes.

Mardi.7 h 30, arrêt Commerce. Froid vivifiant ! Les sections socialistes nantaises se sont donné rendez-vous. La distribution sur les quais du tram’ et aux arrêts de bus, le matin, est des plus fructueuses : les gens lisent le tract en attendant leur transport. Problème : à un moment, il m’a vraiment semblé que des gens me regardaient d’un air quasi hostile. Une dame hésitant à prendre mon tract m’a toisé de la tête au pied avant de l’examiner l’air soupçonneux. Elle ne s’est détendue qu’en voyant les sigles. Je crains d’avoir trouvé : avec mon embonpoint de notable, mon costard gris et ma cravate bleue, je fais « de droite ». ‘Manquait plus que ça !

Mercredi. Réunion sur les  transports nettement orientée ferroviaire. Normal, c’est à Doulon. Eric Thouzeau est à la manœuvre, avec Gilles Bontemps en guest star, flanqué de Jean-François Retière, maire de Mauves et Vice Président aux déplacements de Nantes Métropole, et de Bernard Deniaud, son homologue et mon collègue du Conseil général. Le débat prend vite un tour très technique. Les collègues connaissent leurs dossiers sur le bout des doigts. Pressenti pour intervenir en tant que Président de la SEMITAN, je fais finalement une intervention plus politique: au vu du temps qu’il faut pour faire aboutir un dossier de transport ferroviaire, il y a hautement intérêt à continuer de confier la Région à des gens ayant une vision de son avenir plus loin que le bout de leur mandat, partagée avec les agglomérations et le département le plus important. Rappel très prosaïque du caractère éminemment électoral de la période !

Jeudi. Le rendez-vous de 7 h 30 est à Beauséjour, pôle d’échange important entre lignes de bus et ligne 3 du tram’. La fine couche de neige ne saurait entraver notre marche victorieuse. Las… La neige qui se met à tomber dru entrave en revanche la marche des autobus. J’arrive pour apprendre que l’ordre (raisonnable) de rentrer au dépôt a été donné aux conducteurs. Plus d’échange à Beauséjour ! Les usagers ne grognent pas trop et les militants me chambrent gentiment.

Jeudi soir. Réunion chez Omar à Orvault. Auditoire varié. Patrick Cotrelest là avec Marie-Paule Gaillochet. La stratégie d’autonomie à tout prix ne fait pas l’unanimité, même dans le fief de François. On commence par patauger dans la semoule avec le film sur l’ordinateur et on met un peu de temps à trouver notre complémentarité avec Patrick. On assure l’essentiel sur le bilan mais la question de l’aéroport arrive vite ! On y passe trop de temps (d’autant qu’on n’est pas d’accord avec Patrick !) et Caroline Tahar me fait les gros yeux. Elle a raison. Le problème, c’est que le débat sur l’aéroport est finalement rejoint par celui sur l’implantation du CHU sur l’Ile de Nantes voire sur le dossier de la future gare. Je confirme donc le bémol : la question qui est derrière est finalement au cœur de la campagne. Comment prépare-t-on l’avenir, comment se projeter à 30 ans et quelles décisions d’investissements structurants doit-on en tirer… Là-dessus, sans aller jusqu’à la tentation décroissante, beaucoup de nos interlocuteurs sont tentés par un immobilisme qui se veut prudent. Je le crois plus risqué que l’engagement des montants d’investissements annoncés qui semblent les inquiéter. Là, il y a un vrai enjeu. Finalement, si le débat sur l’aéroport est hors sujet des Régionales, les peurs qu’il révèle sur l’avenir sont bien au cœur de leur problématique. Il faut expliquer que l’avenir ne sera jamais pire que si nous ne sommes pas proactifs. Le plus grave serait de ne pas prendre nos responsabilités. Le pire des risques est bien de ne pas en prendre. Il y a de la pédagogie à faire !

Vendredi. Réunion publique à Nantes Nord. Je dois faire l’ouverture avant de m’éclipser. Pas de bol, la carte d’ouverture de la salle ne fonctionne pas. La petite troupe de militants présents se gèle devant la porte close. La procédure de secours marche bien et on vient nous ouvrir. Abbassia Hakem et Fabienne Renaud vont parler emploi, formation, apprentissage… Notre secrétaire de section me dresse le  bilan le lendemain. En 5 réunions chez l’habitant on a touché 90 personnes, pas toutes convaincues au départ (et loin de là). A la réunion publique de Nantes Nord, pas plus de 4 personnes nous étaient inconnues. Pas de doute, cette formule traditionnelle n’est plus très pertinente. Surtout par – 5 ° !

Samedi. Distribution de tract à 10 H au centre commercial de la Bourgeonnière. Nous sommes bien accueillis. Rien à voir avec les Européennes ! On gère notre stock de tracts : j’ai besoin de la lettre de Jacques AUXIETTE pour le porte à porte de l’après midi. J’en récupérerais un bon paquet auprès de la section de St Herblain.

L’après midi, 2 heures de porte à porte dans le quartier de l’hippodrome avec Ina Sy, venue du Château de Rezé à la découverte de Nantes Nord. L’accueil est (très) bon, même si nous trouvons que les Nantais ne sont pas assez chez eux ! Et vient le gag de la semaine : un monsieur nous ouvre largement sa porte et entame la conversation : « Tout cela est-il bien utile et Dieu ne pourvoira-t-il pas à l’essentiel ? » « En attendant rien n’interdit d’agir, aide toi le ciel t’aidera, non ? » récité-je poliment. Je bas vite en retraite. Ina se marre : j’ai sonné chez un Témoin de Jéhovah ! Il n’y a qu’à moi que ça arrive des trucs pareils !