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Le foot rend fou ! (II)

vendredi, juin 25th, 2010

La situation du FCN ne me laisse pas indifférent. J’ai eu la chance d’être un observateur privilégié des relations parfois compliquées entre la Ville de Nantes et son club phare. Et un acteur occasionnel. Je suis toujours fort assidu à la Beaujoire, un peu moins la dernière saison. Tout ça fait que j’en ai entendu et j’en entends des vertes et des pas mûres ! Il y a les légendes qui ont la vie dure sur le rôle de la ville dans la première vente du club à la SOCPRESSE ; la vie des Saints qui nous est racontée sur le long fleuve tranquille qu’est supposée avoir été la maison jaune avant le péché originel commis par J.L Gripond, le limogeage de Raynald Denoueix ; la sincérité de ceux qui sont tellement attachés à ce club et à l’imaginaire qu’il véhicule encore qu’ils en oublient deux ou trois réalités incontournables ; la tentation de se tourner vers un passé révolu pour (re)construire un avenir. Deuxième épisode !


Jean-Luc Gripond, honni à Nantes, apprécié à Paris

J’ai souvent rencontré J.L Gripond. Le contact a toujours été courtois, franc, même si l’homme reste distant. Un marseillais atypique ! Traîné dans la boue à Nantes, il a été vite reconnu pour ses compétences dans les instances du foot professionnel. Un mystère. Peut-être est-il meilleur analyste de l’évolution du foot pro et de son économie que manager. Question de personnalité. Certainement plombé au départ par les conditions même de sa nomination, rejeté comme l’aurait été quiconque arrivant dans cette maison avec mission d’en prendre le contrôle, il a peut-être surtout péché par orgueil. Il s’est mis en tête de faire accepter au club, à ses caciques comme à ses jeunes cadres, un fonctionnement qui est certes celui de toute entreprise et de tous les grands clubs de foot : le propriétaire ou son représentant ont vocation à diriger l’ensemble du club et a obtenir – a minima – un « reporting » de tous ses secteurs d’activité. Las ! Ce n’est pas comme cela que ça marchait à Nantes ! Et c’est de l’intérieur que la planche a été savonnée à un Gripond qui regretta un peu tard de n’avoir pas constitué son propre staff. Trop de maladresses de comportement, de coups de malchance (des recrutements d’abord jugés malins se transformant en autant d’échecs) et traquenards internes (l’affaire Amisse-Landreau…) plus loin, il était proprement carbonisé et le club dans le trou, alors même que la SOCPRESSE avait tenu tous ses engagements financiers. Et surtout, la donne initiale allait changer du tout au tout. La stratégie de la SOCPRESSE (un club, un journal, une télé) volait en éclat lors de la vente du groupe par appartement. Désireux d’acquérir le Figaro, Serge Dassault devenait en même temps propriétaire d’un club de foot à l’insu de son plein gré. Je n’y étais pas mais j’ai tout lieu de croire que c’est vrai : Dassault expliqua un jour à un Gripond médusé que l’école de foot de Nantes ne pouvait pas être une bonne école puisque les élèves ne payaient pas ! On mesure l’ampleur du malentendu… (suite…)