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De la démocratie et de son respect…

lundi, février 20th, 2017

1. La primaire de la gauche a donné un résultat dont personne ne conteste les effets : Benoît Hamon est mon candidat comme il est le candidat de toutes celles et tous ceux qui ont participé à ce processus. J’ai présidé un bureau de vote, ça vaut participation, non ? François de Rugy s’est présenté, lui, mais il semble hésiter sur les conclusions à en tirer. Il faut dire qu’il était venu là par conviction unitaire (j’en témoigne), et par intérêt personnel (j’en témoigne aussi). Sur l’unité, il est pris à contre-pied puisque ses anciens copains d’EELV qui maudissaient les Socialistes, trouvent que Hamon est finalement fréquentable, surtout quand Jadot ne réussit pas à avoir ses 500 signatures, effets co-latéral de la stratégie d’isolement plébiscitée par les militants écolos. Ça va être chaud sur la 1ère circo de Loire-Atlantique, je vous le dis ! Mais j’y reviendrai une autre fois…

Dessin de FRAP
http://frap-dessins.blogspot.fr/

Mais, normalement, se présenter à un processus électoral vaut acceptation de son résultat. François a même dû signer un papelard dans ce sens. Certes, on peut comprendre que voir Hamon causer d’abord écologie (et circonscriptions…) avec Jadot et pas avec lui qui a pourtant réuni presque 4 fois plus de suffrages que le putatif candidat EELV, il y a de quoi se sentir libéré de sa parole. Or, François, et c’était écrit dès le soir du 29 janvier, semble plus près de rallier Macron que de distribuer les tracts de Benoît.

Donc, de mon modeste point de vue de président de bureau de vote, je suis sommé, statuts du Parti brandis, de respecter le résultat d’une primaire sur lequel s’apprête à s’assoir un de ses participants. Sans doute trouve-t-il qu’un pourcentage de participation de 4,48 %, ce qui fait 1181000 voix pour le vainqueur, ce n’est pas assez. Mais c’est trop pour l’ignorer, non ?

2. Il y a quelques mois, une consultation d’un nouveau genre était organisée à la demande du Président de la République pour demander aux gens principalement concernés s’ils approuvaient le transfert de l’aéroport de Nantes. Avec 550 000 votants sur 975 000 inscrits, soit une participation unanimement considérée comme forte à 55 %, le résultat de cette consultation a été reconnu (même avec atermoiements et intensité divers) par François de Rugy, par Emmanuel Macron, mais pas par Benoît Hamon ! Moi qui suis socialiste encarté depuis plus de 30 ans, Président d’un bureau de vote de la primaire (on le saura!), fortement engagé dans la campagne du OUI à la consultation sur l’A.G.O conformément à une majorité écrasante de son parti, je choisis comment entre une consultation à 4,48 %, et une autre à 55 % , aucune des deux n’ayant de conséquence légale ? Quelqu’un a de l’aspirine ? (suite…)

Mon goût ? On s’en fout ! (II)

vendredi, janvier 13th, 2017

…Donc, il faut choisir entre les 7. En fait, entre 4. Non que je méprise Sylvia, Jean-Luc et François (qui a été excellent au débat d’hier soir), mais je suis socialiste.

Par surcroît, j’entends que mon choix soit une réponse à la question posée : qui peut le mieux porter les couleurs de la gauche de gouvernement à la Présidentielle du prochain printemps, c’est à dire saisir les chances qui nous restent de la gagner et qui sont réelles ! Toujours mon pragmatisme de compétiteur électoral… Aucun des 3 sus-prénommés ne me semble en mesure de tenir ce rôle. Leur candidature est donc de témoignage et il faut leur rendre hommage et grâce de n’avoir pas jugé nécessaire de la porter au premier tour de l’élection elle-même.

Sur les quatre, je dois reconnaître une erreur : j’avais raillé Benoît au point de lui suggérer de se retirer pronostiquant qu’il ne ferait que de la figuration. J’ai eu tort. Il est porté aujourd’hui par une vraie dynamique et a le mérite incontestable de porter une des rares propositions originales de cette campagne, le revenu universel (je n’y suis pas favorable). Son programme et son positionnement sont cohérents et il cause bien dans le poste. Je n’y crois ni comme candidat et encore moins comme Président mais il aura peut-être le mérite d’éliminer Arnaud du second tour : il rendrait ainsi un signalé service à la gauche tout entière !

Dessin de Xavier Gorce www.lemonde.fr 9-01-2017

Dessin de Xavier Gorce – www.lemonde.fr – 09-01-2017

Car enfin Arnaud est pour moi incorrigible. Je lui reconnais une audace intéressante : le tirage au sort de sénateurs. Je doute fort qu’on puisse trouver une majorité pour voter une telle réforme constitutionnelle mais c’est tout à fait novateur. Pour le reste, désolé, mais cela fleure bon les années 70. Je ne crois pas un instant à ce programme de relance nationale financée par le déficit. Son programme est un peu celui qui a été inopérant en 1981. Son début d’application amena au tournant de la rigueur deux ans plus tard, déjà parce que le poursuivre aurait signifié se mettre au ban de l’Europe naissante, avec infiniment plus d’inconvénients que d’avantages. 35 ans plus tard, le niveau d’intégration européenne s’étant tout de même élevé, malgré l’échec politique du Traité Constitutionnel Européen en 2005 dont il a été un des acteurs funestes, je ne vois pas comment cette solution « nationale » pourrait nous apporter quoi que ce soit de bon.

Il en reste donc 2.

Ils ont de mon point de vue le mérite commun d’assumer, voire de revendiquer le bilan. C’est pour moi non seulement une question de morale mais aussi une question d’efficacité électorale : je ne crois pas à l’efficacité d’une posture de dénigrement du quinquennat au-delà des cercles militants. Dénigrer, Mélenchon le fera toujours mieux que nous ! Revendiquons donc ce bilan sous réserve d’inventaire, bien sûr. Vincent a un peu omis de le faire lors du débat d’hier soir et Manuel semblait porter un fardeau à chaque fois qu’il prononçait le mot « assumer », sans toujours illustrer cette noble attitude, mais la posture politique me paraît être la bonne.

Ils ont l’un et l’autre la stature d’homme d’état qui convient même si Manuel a un réel avantage sur ce point : son expérience de chef de gouvernement après un ministère régalien en période de crise des attentats et son goût « clémenciste » (dixit l’inoxydable Alain Duhamel) de l’autorité républicaine collent bien au moment où nous sommes. Une Présidentielle, c’est aussi affaire de circonstances…

Je n’approuve totalement le projet d’aucun des deux. La défiscalisation des heures sup’ de Manuel et la réforme constitutionnelle de Vincent ne me plaisent pas. Mais ces deux projets sont parfaitement compatibles et complémentaires, ce qui laisse bien augurer de leur rassemblement derrière celui qui sera devant pour le 29 janvier. J’avoue ne pas envisager leur élimination conjointe, qui ne pourrait naître que d’un partage trop égalitaire des voix des électeurs sociaux-démocrates, et qui ouvrirait un boulevard à Macron.

Car c’est bien là qu’est mon dilemme.

Très franchement, le positionnement politique de Peillon est celui qui me correspond le mieux. Si nous préparions un congrès socialiste, c’est sa contribution que je signerais. Intellectuellement brillant, orateur talentueux, il est celui qui, dans ce casting, m’est le plus politiquement proche, sur un positionnement social-démocrate assumé, occupant cet espace charnière laissé vacant par le renoncement de François Hollande. Le référendum de 2005 reste un désaccord fondamental et il fait partie de ceux à qui j’en garde rancune 12 ans après. Au moins parle-t-il d’Europe en reconnaissant que nous n’y sommes pas seuls et n’avons pas vocation à décider pour tout le monde à grands coups de menton. Bref, mon goût, c’est Vincent Peillon.

Et pourtant je vais voter pour Manuel Valls.

Je vais le faire malgré ce que je peux penser d’un sens de la loyauté un peu spécial et d’une ligne politique qui n’est pas la mienne.

Parce que la présidentielle ça n’est justement pas un congrès du Parti Socialiste.

Vincent a en effet des handicaps majeurs par rapport à Manuel pour une compétition où l’incarnation des idées qu’on porte est à ce point importante.

Son passage à l’éducation nationale, dont il a rappelé lors du débat quelques épisodes bienvenus, a quand même été marqué par la maladresse avec laquelle il a lancé la (bonne) réforme des rythmes scolaires, sans une once de concertation avec les communes, ni d’anticipation des difficultés péri-scolaires qu’elles allaient rencontrer. Même si nous avons eu beau jeu de souligner que les villes ayant déjà une vraie politique éducative s’en sortaient mieux que les autres, l’adjointe nantaise à l’éducation de l’époque, une certaine Johanna R., avait pas mal ramé… En politique aussi, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon…

Son second handicap tient dans son effacement de la vie publique après son départ du gouvernement : recasé au parlement européen (cette manie du P.S de servir du parlement européen comme d’un purgatoire pour recalés du scrutin uninominal ou privés de leur maroquin…), il ne l’a guère fréquenté et est allé cachetonner en Suisse comme prof’ de philo en écrivant des polars. L’éloignement peut parfois être ressourcement, prise de distance bienvenue. Mais l’improvisation manifeste de sa candidature ne lui permet pas de capitaliser sur ce retrait momentané. La période requiert une posture d’autorité crédible. Régulariser en urgence un arriéré de cotisation n’est pas, au-delà de l’anecdote, le meilleur moyen d’incarner cette rigueur de comportement alliée à la hauteur de vue que nos concitoyens attendent d’un président.

La candidature Peillon aurait pu être la bouée de sauvetage des orphelins de François Hollande. Force m’est de constater que la mayonnaise ne prend pas, que la dynamique n’y est pas.

Dès lors, l’efficacité commande le vote Valls, même si, par exemple, sa défense de la laïcité n’est pas la mienne. Parce que je pense qu’il est le mieux capable, aujourd’hui, par la force que doit lui donner sa désignation par un collège électoral nombreux, de porter les couleurs de la gauche qui veut gouverner. C’est un choix de raison bien plus que de passion, de responsabilité bien plus que d’empathie. De solidarité avec Johanna, un peu aussi, pourquoi le cacher ? A lui, désormais d’être à l’écoute des exigences de ceux qu’il entend rassembler. Ce n’est pas un chèque en blanc que je lui signe. Parce que mon goût, ce n’était pas ça. Mais mon goût, on s’en fout…

Mon goût ? On s’en fout ! (I)

jeudi, janvier 12th, 2017

Oh misère ! En pleine déprime hivernale, alors que les luminothérapeutes font leur beurre, je cherche la lumière dans la primaire de la gauche… « Elle est où, la lumière elle est où ? » Pas gagné…

Tout ce qui s’est passé de majeur en politique dans ce bas monde depuis quelques mois relevait de l’impossible quelques semaines avant de se produire : la Brexit, Trump, le facho autrichien à 47%, la désignation de Fillon, le renoncement de Hollande…

Alors pourquoi que François il reviendrait pas ? Hein ?

Franchement, ce n’est pas pour me vanter mais jusqu’ici, j’ai eu raison. Raison de le soutenir avant même 2011 : il a gagné. Raison de refuser d’analyser son quinquennat comme un échec : son bilan sera célébré dans 10 ans comme un truc génial par ceux-là même qui vilipenderont le social-traitre téméraire qui aura gagné une élection prochaine. Et déjà, l’amélioration de la situation économique et sociale ne peut plus être niée par personne. Raison de considérer que son renoncement ne résoud rien : de Noblecourt à Legrand, on nous explique que la bulle Macron ne se décidant pas à péter, le forfait du candidat de la Belle Alliance Populaire de Cambadélis (qui sont les andouilles qui ont pondu un truc pareil ?) n’est qu’une question de temps.

frap7janv1-webDonc, mon plan A à moi, c’est que constatant que décidément, sans lui, c’est le bazar, François revient, les autres comprennent enfin qui c’est Raoul et hop ! On renvoie Fillon à Sablé et Le Pen chez son père. « C’est pas possible ! » me répond l’écho. Ok, c’est à l’évidence improbable. Alors, je garde cet espoir dans un coin de la tête et je passe au plan B.

Examinons les hypothèses.

D’abord Macron. Bulle ou pas bulle, la dynamique est évidente. On serait bien inspiré de ne point la considérer avec condescendance. Outre le nombre de spectateurs de ses meetings (même en enlevant les touristes, ça fait du monde), je suis frappé de la diversité de ses composantes. Que des gens le soutiennent parce que Valls serait trop à droite (y en a !) laisse songeur. Que des militants issus des quartiers populaires soient séduits par cette dynamique, alors que le gus sait à peine que la politique de la ville existe et que la pauvreté et la précarité sont pour lui des données macro-financières, ça en dit long sur l’épaisseur du brouillard qui nous entoure. Il y a un engouement Macron qui n’est pas sans rappeler l’engouement Royal en 2006. Avec des différences, mais avec en commun cette recherche « d’autre chose ». Reconnaissons qu’il a préempté la modernité sociale-libérale, « cornérisant » le pauvre Manuel débordé sur sa droite. Macron m’apparaît donc comme le candidat des gens de gauche (et pas que), qui veulent renverser la table, mais qui trouvent que Le Pen et Mélenchon sentent le pâté à l’ail, ce qui est exact par ailleurs.

Sauf que, quelle qu’en soit l’incarnation, le renversement de la table ne construit rien. Sauf que les hommes providentiels, c’est pas mon truc. Même si la Présidentielle, sous notre République 5ème du nom, c’est la rencontre d’un homme et d’un pays, il faut s’appeler De Gaulle ou bénéficier d’un heureux concours de circonstance comme Giscard, pour échapper à la règle qui veut que, sans un parti politique puissant derrière, on ne gagne pas une présidentielle. L’aventure individuelle peut certes devenir collective. Que Noblecourt et Legrand aient raison et que le candidat issu du 29 janvier se casse la figure, et les socialistes se retrouveront derrière Macron à l’insu de leur plein gré lui offrant la structure politique qui lui manque. Finalement, ce scénario donne raison à Martine Aubry en pire : tout ce que les frondeurs auraient gagné à pourrir le quinquennat Hollande non pour ce qu’il aura fait, pas fait, mal fait (on trouve toujours!) mais parce que c’était leur seul objectif dès son élection, c’est de mettre Macron (et même pas Valls!) sur orbite. Faut-il pleurer, faut-il en rire ?

En attendant ce scénario possible, je persiste à dire que la démocratie sans partis politiques, ce n’est pas la démocratie. Ou pas longtemps.

Le P.S d’Epinay est vieilli, usé, fatigué ? Certes.

Son appareil est à bout de souffle, squatté par des Fabien Verdier hallucinant de suffisance et d’insuffisances ? J’admets.

Il n’a pas été capable de bosser suffisamment quand il était dans l’opposition et se retrouve à poil sur le plan idéologique pire que beaucoup de ses homologues européens dans une social-démocratie en crise ? Je souscris.

Mais je constate que depuis plus de 100 ans, on l’a enterrée bien des fois et qu’elle est toujours là, la vieille maison… Toutes les tentatives de la remplacer ex-nihilo se sont soldées par des échecs, l’extrême-gauche souffrant de maladies infantiles nommées scission et syndrome groupusculaire dont elle est inguérissable et qui flinguent immanquablement toutes les tentatives de rénovation. Nuit Debout est le dernier avatar connu… Qui peut un jour représenter un espoir pour les progressistes de confronter leurs rêves à la réalité par l’exercice des responsabilités gouvernementales, dans un cadre démocratique ? La social-démocratie… Le Parti Socialiste, seul capable de former un axe majoritaire fédérant la diversité de la gauche.

Il y aura toujours des gens pensant que la coopération est plus efficace que la compétition, que la solidarité organisée collectivement vaut mieux que la charité individuelle, que les inégalités ne sont une fatalité ni humaine ni divine, que notre destin individuel et collectif n’est pas écrit, que la fraternité et la bienveillance sont mieux porteuses d’avenir que la ségrégation et la méfiance, que le progrès et le mouvement mènent plus loin que le conservatisme et le regret « d’avant ». Bref, il y aura toujours une différence entre la droite et la gauche.

Donc, Macron, pour moi, aujourd’hui, c’est non.

Donc, il faut que la primaire des 22 et 29 janvier soit un succès de participation pour porter le candidat qui en sera issu, si on veut gagner la présidentielle (yes, we can !), et nous avons le devoir de la gagner.

Donc il faut se bouger pour convaincre que là est la bonne méthode.

Donc il faut choisir un candidat.

François Hollande ? « On t’a dit non ! » répond l’écho.

Et merde…

(à suivre)

Pas plus avancés…

vendredi, décembre 2nd, 2016

De quel problème le renoncement de François Hollande est-il la solution ? De son problème à lui : ne pas risquer une humiliation annoncée à une primaire d’abord ou, si cette étape était franchie malgré tout, à l’élection présidentielle ensuite. Notre problème à nous reste entier : nous en avons plusieurs en trop. Un paquet, même… Et son renoncement n’en résout aucun.

Parfait dessin-édito de FRAP du 2-12-2016 http://frap-dessins.blogspot.fr/

Parfait dessin-édito de FRAP du 2-12-2016
http://frap-dessins.blogspot.fr/

J’avais usé de mon droit de garder le silence après la parution de ce bouquin catastrophe, sorte de suicide politique (au moins n’a-t-il agressé personne sexuellement…), symptôme ultime du syndrome Hollande parfaitement décrit par Stéphane Rozès et que j’avais relevé dans un précédent billet : un refus obstiné de prendre en compte la dimension symbolique de la fonction présidentielle, cette relation si particulière qui lie le chef de l’État à ses concitoyens en France et qui échappe aux logiques économiques et sociales. C’est cela, bien plus qu’un bilan très honorable, qui aura contraint mon favori à renoncer. Je ne reviens pas sur la manière dont il a puissamment été aidé par les uns ou les autres dans une stratégie d’empêchement finalement efficace. Le devoir de se représenter dont je le chargeais s’est mué en devoir de ne pas ajouter à la dispersion de la gauche, dès lors qu’il n’était plus en mesure de la rassembler. Quel dommage d’avoir accepté de jouer le jeu de la primaire contre toute logique institutionnelle et de se trouver coincé par cet engagement hâtif !

Mais tristesse et regrets n’y changeront rien : même dans un monde politique sans repère ni lisibilité, ce qui permet d’échafauder les scenarii les plus tordus avec une chance qu’ils se réalisent, l’élection se fera sans le sortant.

Grâce rendue au panache et au sens de l’intérêt supérieur de la nation de mon Président, je me tourne donc vers les postulants déclarés ou supposés. Puisque sa lucidité est unanimement saluée, qui sera le prochain lucide à considérer que, n’ayant aucune chance d’être élu ni en janvier ni en mai, son devoir est de renoncer, s’attirant ainsi respect et considération mérités. J’ai essayé une fois… Ça marche pas mal ! Je l’ai suggéré à Benoit Hamon (c’est lui qui m’est tombé le premier sous le tweet, ç’aurait pu être dame Lieneman ou sieur Filoche). Qu’avais-je fait là ? Et pourtant, qui peut sérieusement croire, plus que pour Hollande, que Benoit a une chance de faire autre chose que de la figuration à la primaire. Qui peut croire qu’ayant miraculeusement franchi cette étape, il serait élu à l’Elysée ? Eh bien, je me suis fait agonir par ses partisans. La lucidité est visiblement la qualité dont les autres doivent s’armer. Ou alors elle est tellement bien partagée entre tous que plus personne n’en a suffisamment ! Ou les petits calculs, plans foireux tirés sur d’incertaines comètes à plusieurs coups d’avance, histoire de monnayer au mieux son petit pécule électoral, continuent de dominer la réflexion des écuries les plus modestes.

Car les raisons qui me faisaient appeler de mes vœux irréalistes l’impossible candidature de notre Président ( tout le monde l’aime depuis hier soir) sont toujours là. Un camarade de section faisait remarquer que l’espace politique laissé vide par le renoncement hollandien était conséquent : de Macron à Mélenchon. Bien vu ! C’est effectivement François Hollande qui « couvrait » ce large spectre par lui-même ou sa capacité à rassembler. A ceux qui ont efficacement aidé à son empêchement et qui vont concourir dans et hors de la primaire de le remplir. Par un projet, par une incarnation « présidentielle » de ce projet, et par un début de dynamique centripète de rassemblement. J’attends.

Trêve des confiseurs déduite, z’avez 5 semaines !

Étonnantes surprises et constatations banales

dimanche, novembre 27th, 2016

Prenez tous les scrutins à deux tours de ces dernières années : le second tour amplifie toujours la dynamique du premier. Ou presque : seules les élections où le Front National est apparu en position de gagner au soir d’un premier tour ont connu ce fameux sursaut appelé de leurs vœux par tous les perdants d’un initial dimanche. Mais jamais au profit de la gauche.

Dessin de Xavier Gorce Le Monde.fr 28-11-2016

Dessin de Xavier Gorce Le Monde.fr 28-11-2016

Il y a pourtant des commentateurs pour être surpris que la participation augmentée du second tour de la primaire de la droite n’a pas rééquilibré le duel Fillon-Juppé, bien au contraire. Qu’importe les fondements de cette quasi-loi, c’est une réalité. Il y a des fondamentaux, en politique. Des constantes. Non que les citoyens n’expriment pas sincèrement des aspirations à changer, à renouveler, pratiques et personnels politiques. Mais au matin du vote, les lois fondamentales reprennent le dessus. Celles qui attestaient de la correspondance entre la personnalité et le programme de Fillon avec les aspirations profondes du peuple de droite (et pas que…) au moment où nous sommes, ont surpris les sondeurs dans leurs prévisions électorales. Pas les analystes des enquêtes qualitatives et des baromètres au long cours, même si les réalités politiques profondes qui étaient sous leurs yeux ont pu leur échapper, l’enquête d’intentions de vote écrasant tout à sa parution. La surprise était inscrite dans des données parfaitement disponibles : honneur aux rares qui ont su les lire à Washington comme à Paris. Car le phénomène est observable dans toutes les démocraties.

Ces fondamentaux, je me permets d’en rappeler quelques uns, concernant la présidentielle vue de la gauche. J’en tire la conclusion que le Président sortant est au point d’équilibre de toute la gauche, et qu’il y est seul. Que sa légitimité ballotée et contestée reste la plus forte, et que l’interaction, l’alchimie entre système de partis, institutions et contexte politique, font de sa candidature une occurrence souhaitable si on souhaite la victoire de la gauche.

On m’en déduit autiste, désemparé, sourd aux colères populaires, aveugle aux insatisfactions de tous ordres et à un bilan qui serait détestable. On me présume idolâtre, agent obstiné d’un champion en perdition. Je reconnais que je porte la fidélité et la loyauté au plus haut dans ma conception de l’action politique et que je préfère perdre avec mes convictions qu’en tentant d’épouser l’air du temps. A chacun, l’âge venu, la découverte ou l’ignorance…

François Hollande prendra peut-être la volée qui lui est promise. Ou pas. Je reste convaincu qu’il reste le candidat de la gauche le mieux placé (ou le moins mal, et alors?) pour convaincre une majorité de Françaises et de Français que le progrès reste une belle idée en ce début de siècle « réactionnairisant », que la modernité dans une solidarité préservée est mieux porteuse d’avenir pour tous et chacun que le repli sur les idées d’autrefois : qui peut croire aujourd’hui qu’on réglera les problèmes de notre système éducatif en collant un uniforme aux élèves ou que la nationalisation de telle ou telle partie de notre économie puisse durablement sauver les pans menacés de notre industrie ?

Je ne suis pas un fan, je ne suis supporter que du FCN et je n’ai pas de champion. J’essaie juste d’avoir un raisonnement politique fondé sur plus de lucidité et d’expérience que de passion partisane, d’analyses d’actualité quotidienne, d’emportements et d’entre-soi militant au mieux, microcosmique au pire. Ce qui ressort de la primaire de la droite est loin de me donner tort. Je continuerai donc à dire aux gens de gauche,et notamment aux militants qui s’en sont donnés la responsabilité par leur engagement, que si leur voisin se plaint du gouvernement et du Président, il y a beaucoup plus de chance qu’il vote à droite (ou pire) s’ils l’approuvent que s’ils trouvent, en eux-même bien plus que dans les argumentaires officiels, les voies de la pédagogie d’une action et de la conviction que les choix opérés sont les plus pertinents. Ils sont en tous cas, infiniment plus pertinents que ce que nous propose la double adversité de droite et d’extrême-droite, la politique alternative de gauche restant une chimère économique, sociale et surtout politique. Oui, il y a un camp à choisir et un combat à mener. C’est bien banal, ça…

Lâche pas l’affaire, Pépère ! (I)

lundi, septembre 12th, 2016
Dessin prémonitoire de FRAP en avril 2011. Bis repetita ?

Dessin prémonitoire de FRAP en avril 2011. Bis repetita ?

Evidemment, « Tonton, laisse pas béton », c’était plus classe et plus respectueux. Mais l’essentiel était que la rime ne fût pas trop pauvre… Pas plus que ton bilan, riront les affreux de tous poils qui se délectent de cette perche tendue, aucune facilité ne les rebutant. Je te les sers donc moi-même avec assez de verve, etc. etc.
Trêve de plaisanterie, l’élection du printemps s’annonce pénible pour nous autres qui souhaitons vraiment que la gauche gouverne plus de 5 ans consécutifs. Nous pensons vraiment que cela vaudrait mieux pour tout le monde et notamment pour ceux qui sont vraiment les victimes du système inégalitaire qui domine le monde sans partage, depuis que les alternatives dirigistes se sont effondrées sur elles-mêmes. Cet échec-là ne peut décemment t’être imputé.
Pour le reste, l’heure est à l’inventaire. Les succès et progrès n’intéressant pas grand monde (comme si c’était facile !), j’avoue que tout ne m’a pas convenu dans ce quinquennat. Accessoirement, ta manie de jeter ceux dont la loyauté est inexpugnable au profit de ceux à qui, passé le bout de la rue, il vaut mieux demander de marcher devant soi. La baffe Macron, tu l’as un peu cherchée ! Même Manuel : dès 2007, il faisait l’impasse sur 2012 persuadé que 10 ans de Sarko étaient inéluctables ! Sa candidature à la primaire relevait de la même logique que celle aujourd’hui des Benoît H ou Arnaud M (mon clavier est allergique au patronyme des renégats) avec qui il a organisé son arrivée à Matignon : on parie sur la défaite et on se place pour le coup d’après. Où et quand s’arrêtera sa loyauté ? Ayrault « n’imprimait pas ». Il t’en a fallu du temps pour t’apercevoir que ce n’était pas une bête de médias : 15 ans voisins à l’Assemblée pour ne pas faire la différence entre un « faiseux » et un « diseux » ! Macron « imprime », lui, c’est vrai… Valls aussi d’ailleurs : le seul type qui réussit à mettre des centaines de milliers de gens de gauche dans la rue contre une loi (finalement) de progrès social, avec des dégâts politiques considérables ! Sur le coup, heureusement que Laurent Berger et la C.F.D.T étaient là, mais ils peuvent t’en vouloir (ils t’en veulent d’ailleurs !)… Quel benêt ce JMA : faire passer une réforme des retraites pérennisant notre système par répartition sans un pet de travers, obtenir un accord interprofessionnel sans drame, a-t-on idée ?!

(suite…)

Je ne saurais mieux dire…

vendredi, octobre 14th, 2011

On peut être plus mal entouré !

On ne peut rassembler les Français qu’en rassemblant d’abord son propre camp. Votez François Hollande !

Les quartiers populaires votent François HOLLANDE

lundi, octobre 10th, 2011

Fête de quartier au Chêne des Anglais - Toute l'énergie positive des quartiers populaires.

Le premier tour des primaires citoyennes a été un incroyable succès. Plus de 2 millions et demi de votants au niveau national, près de 20000 à Nantes, et dans tous les quartiers un flot ininterrompu de votants accueillis par des militants enthousiastes qui n’osaient espérer un tel engouement.
Le résultat est aussi riche d’enseignement sur les aspirations et les espoirs de ceux qui sont le plus fortement exposés à la crise et à ses conséquences quotidiennes. Sur leur exigence aussi.
Ce sont les quartiers populaires qui ont donné la plus large avance à François Hollande, à Nantes mais aussi à St Herblain. 50 % et + 20 points par rapport à Martine Aubry aux Dervallières, 47 % et 19 points à l’Ecole Jean Zay, près de 48 % et + 18 points au Chêne des Anglais et Bout des Pavés. Les bureaux populaires de Doulon confirment cette tendance, avec un différentiel de + de 14 point en faveur de François Hollande à 44 %.

A contrario, l’Ecole Molière, Canclaux ou Madeleine-Champs de Mars, dont la sociologie est bien différente n’ont pas placé François Hollande aussi haut que nous l’espérions, puisqu’il y est devancé par Martine Aubry. On laissera aux spécialistes de l’analyse socio-politique ou électorale le soin d’opérer les rapprochements avec les résultats d’élections récentes. (suite…)

François HOLLANDE invité de Libération

jeudi, octobre 6th, 2011

Extraits de l’interview de François HOLLANDE par la rédaction de Libé. J’aime bien ce ton direct à la fois tranquille et déterminé, précis et traçant une vraie perspective globale et cohérente.


FH2012 liberation par francoishollande

Mon interview pour François Hollande sur Dolcerama.fr

vendredi, juillet 1st, 2011

Questions claires, réponses précises… Enfin, j’espère !
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