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Mon goût ? On s’en fout ! (II)

vendredi, janvier 13th, 2017

…Donc, il faut choisir entre les 7. En fait, entre 4. Non que je méprise Sylvia, Jean-Luc et François (qui a été excellent au débat d’hier soir), mais je suis socialiste.

Par surcroît, j’entends que mon choix soit une réponse à la question posée : qui peut le mieux porter les couleurs de la gauche de gouvernement à la Présidentielle du prochain printemps, c’est à dire saisir les chances qui nous restent de la gagner et qui sont réelles ! Toujours mon pragmatisme de compétiteur électoral… Aucun des 3 sus-prénommés ne me semble en mesure de tenir ce rôle. Leur candidature est donc de témoignage et il faut leur rendre hommage et grâce de n’avoir pas jugé nécessaire de la porter au premier tour de l’élection elle-même.

Sur les quatre, je dois reconnaître une erreur : j’avais raillé Benoît au point de lui suggérer de se retirer pronostiquant qu’il ne ferait que de la figuration. J’ai eu tort. Il est porté aujourd’hui par une vraie dynamique et a le mérite incontestable de porter une des rares propositions originales de cette campagne, le revenu universel (je n’y suis pas favorable). Son programme et son positionnement sont cohérents et il cause bien dans le poste. Je n’y crois ni comme candidat et encore moins comme Président mais il aura peut-être le mérite d’éliminer Arnaud du second tour : il rendrait ainsi un signalé service à la gauche tout entière !

Dessin de Xavier Gorce www.lemonde.fr 9-01-2017

Dessin de Xavier Gorce – www.lemonde.fr – 09-01-2017

Car enfin Arnaud est pour moi incorrigible. Je lui reconnais une audace intéressante : le tirage au sort de sénateurs. Je doute fort qu’on puisse trouver une majorité pour voter une telle réforme constitutionnelle mais c’est tout à fait novateur. Pour le reste, désolé, mais cela fleure bon les années 70. Je ne crois pas un instant à ce programme de relance nationale financée par le déficit. Son programme est un peu celui qui a été inopérant en 1981. Son début d’application amena au tournant de la rigueur deux ans plus tard, déjà parce que le poursuivre aurait signifié se mettre au ban de l’Europe naissante, avec infiniment plus d’inconvénients que d’avantages. 35 ans plus tard, le niveau d’intégration européenne s’étant tout de même élevé, malgré l’échec politique du Traité Constitutionnel Européen en 2005 dont il a été un des acteurs funestes, je ne vois pas comment cette solution « nationale » pourrait nous apporter quoi que ce soit de bon.

Il en reste donc 2.

Ils ont de mon point de vue le mérite commun d’assumer, voire de revendiquer le bilan. C’est pour moi non seulement une question de morale mais aussi une question d’efficacité électorale : je ne crois pas à l’efficacité d’une posture de dénigrement du quinquennat au-delà des cercles militants. Dénigrer, Mélenchon le fera toujours mieux que nous ! Revendiquons donc ce bilan sous réserve d’inventaire, bien sûr. Vincent a un peu omis de le faire lors du débat d’hier soir et Manuel semblait porter un fardeau à chaque fois qu’il prononçait le mot « assumer », sans toujours illustrer cette noble attitude, mais la posture politique me paraît être la bonne.

Ils ont l’un et l’autre la stature d’homme d’état qui convient même si Manuel a un réel avantage sur ce point : son expérience de chef de gouvernement après un ministère régalien en période de crise des attentats et son goût « clémenciste » (dixit l’inoxydable Alain Duhamel) de l’autorité républicaine collent bien au moment où nous sommes. Une Présidentielle, c’est aussi affaire de circonstances…

Je n’approuve totalement le projet d’aucun des deux. La défiscalisation des heures sup’ de Manuel et la réforme constitutionnelle de Vincent ne me plaisent pas. Mais ces deux projets sont parfaitement compatibles et complémentaires, ce qui laisse bien augurer de leur rassemblement derrière celui qui sera devant pour le 29 janvier. J’avoue ne pas envisager leur élimination conjointe, qui ne pourrait naître que d’un partage trop égalitaire des voix des électeurs sociaux-démocrates, et qui ouvrirait un boulevard à Macron.

Car c’est bien là qu’est mon dilemme.

Très franchement, le positionnement politique de Peillon est celui qui me correspond le mieux. Si nous préparions un congrès socialiste, c’est sa contribution que je signerais. Intellectuellement brillant, orateur talentueux, il est celui qui, dans ce casting, m’est le plus politiquement proche, sur un positionnement social-démocrate assumé, occupant cet espace charnière laissé vacant par le renoncement de François Hollande. Le référendum de 2005 reste un désaccord fondamental et il fait partie de ceux à qui j’en garde rancune 12 ans après. Au moins parle-t-il d’Europe en reconnaissant que nous n’y sommes pas seuls et n’avons pas vocation à décider pour tout le monde à grands coups de menton. Bref, mon goût, c’est Vincent Peillon.

Et pourtant je vais voter pour Manuel Valls.

Je vais le faire malgré ce que je peux penser d’un sens de la loyauté un peu spécial et d’une ligne politique qui n’est pas la mienne.

Parce que la présidentielle ça n’est justement pas un congrès du Parti Socialiste.

Vincent a en effet des handicaps majeurs par rapport à Manuel pour une compétition où l’incarnation des idées qu’on porte est à ce point importante.

Son passage à l’éducation nationale, dont il a rappelé lors du débat quelques épisodes bienvenus, a quand même été marqué par la maladresse avec laquelle il a lancé la (bonne) réforme des rythmes scolaires, sans une once de concertation avec les communes, ni d’anticipation des difficultés péri-scolaires qu’elles allaient rencontrer. Même si nous avons eu beau jeu de souligner que les villes ayant déjà une vraie politique éducative s’en sortaient mieux que les autres, l’adjointe nantaise à l’éducation de l’époque, une certaine Johanna R., avait pas mal ramé… En politique aussi, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon…

Son second handicap tient dans son effacement de la vie publique après son départ du gouvernement : recasé au parlement européen (cette manie du P.S de servir du parlement européen comme d’un purgatoire pour recalés du scrutin uninominal ou privés de leur maroquin…), il ne l’a guère fréquenté et est allé cachetonner en Suisse comme prof’ de philo en écrivant des polars. L’éloignement peut parfois être ressourcement, prise de distance bienvenue. Mais l’improvisation manifeste de sa candidature ne lui permet pas de capitaliser sur ce retrait momentané. La période requiert une posture d’autorité crédible. Régulariser en urgence un arriéré de cotisation n’est pas, au-delà de l’anecdote, le meilleur moyen d’incarner cette rigueur de comportement alliée à la hauteur de vue que nos concitoyens attendent d’un président.

La candidature Peillon aurait pu être la bouée de sauvetage des orphelins de François Hollande. Force m’est de constater que la mayonnaise ne prend pas, que la dynamique n’y est pas.

Dès lors, l’efficacité commande le vote Valls, même si, par exemple, sa défense de la laïcité n’est pas la mienne. Parce que je pense qu’il est le mieux capable, aujourd’hui, par la force que doit lui donner sa désignation par un collège électoral nombreux, de porter les couleurs de la gauche qui veut gouverner. C’est un choix de raison bien plus que de passion, de responsabilité bien plus que d’empathie. De solidarité avec Johanna, un peu aussi, pourquoi le cacher ? A lui, désormais d’être à l’écoute des exigences de ceux qu’il entend rassembler. Ce n’est pas un chèque en blanc que je lui signe. Parce que mon goût, ce n’était pas ça. Mais mon goût, on s’en fout…

Mon goût ? On s’en fout ! (I)

jeudi, janvier 12th, 2017

Oh misère ! En pleine déprime hivernale, alors que les luminothérapeutes font leur beurre, je cherche la lumière dans la primaire de la gauche… « Elle est où, la lumière elle est où ? » Pas gagné…

Tout ce qui s’est passé de majeur en politique dans ce bas monde depuis quelques mois relevait de l’impossible quelques semaines avant de se produire : la Brexit, Trump, le facho autrichien à 47%, la désignation de Fillon, le renoncement de Hollande…

Alors pourquoi que François il reviendrait pas ? Hein ?

Franchement, ce n’est pas pour me vanter mais jusqu’ici, j’ai eu raison. Raison de le soutenir avant même 2011 : il a gagné. Raison de refuser d’analyser son quinquennat comme un échec : son bilan sera célébré dans 10 ans comme un truc génial par ceux-là même qui vilipenderont le social-traitre téméraire qui aura gagné une élection prochaine. Et déjà, l’amélioration de la situation économique et sociale ne peut plus être niée par personne. Raison de considérer que son renoncement ne résoud rien : de Noblecourt à Legrand, on nous explique que la bulle Macron ne se décidant pas à péter, le forfait du candidat de la Belle Alliance Populaire de Cambadélis (qui sont les andouilles qui ont pondu un truc pareil ?) n’est qu’une question de temps.

frap7janv1-webDonc, mon plan A à moi, c’est que constatant que décidément, sans lui, c’est le bazar, François revient, les autres comprennent enfin qui c’est Raoul et hop ! On renvoie Fillon à Sablé et Le Pen chez son père. « C’est pas possible ! » me répond l’écho. Ok, c’est à l’évidence improbable. Alors, je garde cet espoir dans un coin de la tête et je passe au plan B.

Examinons les hypothèses.

D’abord Macron. Bulle ou pas bulle, la dynamique est évidente. On serait bien inspiré de ne point la considérer avec condescendance. Outre le nombre de spectateurs de ses meetings (même en enlevant les touristes, ça fait du monde), je suis frappé de la diversité de ses composantes. Que des gens le soutiennent parce que Valls serait trop à droite (y en a !) laisse songeur. Que des militants issus des quartiers populaires soient séduits par cette dynamique, alors que le gus sait à peine que la politique de la ville existe et que la pauvreté et la précarité sont pour lui des données macro-financières, ça en dit long sur l’épaisseur du brouillard qui nous entoure. Il y a un engouement Macron qui n’est pas sans rappeler l’engouement Royal en 2006. Avec des différences, mais avec en commun cette recherche « d’autre chose ». Reconnaissons qu’il a préempté la modernité sociale-libérale, « cornérisant » le pauvre Manuel débordé sur sa droite. Macron m’apparaît donc comme le candidat des gens de gauche (et pas que), qui veulent renverser la table, mais qui trouvent que Le Pen et Mélenchon sentent le pâté à l’ail, ce qui est exact par ailleurs.

Sauf que, quelle qu’en soit l’incarnation, le renversement de la table ne construit rien. Sauf que les hommes providentiels, c’est pas mon truc. Même si la Présidentielle, sous notre République 5ème du nom, c’est la rencontre d’un homme et d’un pays, il faut s’appeler De Gaulle ou bénéficier d’un heureux concours de circonstance comme Giscard, pour échapper à la règle qui veut que, sans un parti politique puissant derrière, on ne gagne pas une présidentielle. L’aventure individuelle peut certes devenir collective. Que Noblecourt et Legrand aient raison et que le candidat issu du 29 janvier se casse la figure, et les socialistes se retrouveront derrière Macron à l’insu de leur plein gré lui offrant la structure politique qui lui manque. Finalement, ce scénario donne raison à Martine Aubry en pire : tout ce que les frondeurs auraient gagné à pourrir le quinquennat Hollande non pour ce qu’il aura fait, pas fait, mal fait (on trouve toujours!) mais parce que c’était leur seul objectif dès son élection, c’est de mettre Macron (et même pas Valls!) sur orbite. Faut-il pleurer, faut-il en rire ?

En attendant ce scénario possible, je persiste à dire que la démocratie sans partis politiques, ce n’est pas la démocratie. Ou pas longtemps.

Le P.S d’Epinay est vieilli, usé, fatigué ? Certes.

Son appareil est à bout de souffle, squatté par des Fabien Verdier hallucinant de suffisance et d’insuffisances ? J’admets.

Il n’a pas été capable de bosser suffisamment quand il était dans l’opposition et se retrouve à poil sur le plan idéologique pire que beaucoup de ses homologues européens dans une social-démocratie en crise ? Je souscris.

Mais je constate que depuis plus de 100 ans, on l’a enterrée bien des fois et qu’elle est toujours là, la vieille maison… Toutes les tentatives de la remplacer ex-nihilo se sont soldées par des échecs, l’extrême-gauche souffrant de maladies infantiles nommées scission et syndrome groupusculaire dont elle est inguérissable et qui flinguent immanquablement toutes les tentatives de rénovation. Nuit Debout est le dernier avatar connu… Qui peut un jour représenter un espoir pour les progressistes de confronter leurs rêves à la réalité par l’exercice des responsabilités gouvernementales, dans un cadre démocratique ? La social-démocratie… Le Parti Socialiste, seul capable de former un axe majoritaire fédérant la diversité de la gauche.

Il y aura toujours des gens pensant que la coopération est plus efficace que la compétition, que la solidarité organisée collectivement vaut mieux que la charité individuelle, que les inégalités ne sont une fatalité ni humaine ni divine, que notre destin individuel et collectif n’est pas écrit, que la fraternité et la bienveillance sont mieux porteuses d’avenir que la ségrégation et la méfiance, que le progrès et le mouvement mènent plus loin que le conservatisme et le regret « d’avant ». Bref, il y aura toujours une différence entre la droite et la gauche.

Donc, Macron, pour moi, aujourd’hui, c’est non.

Donc, il faut que la primaire des 22 et 29 janvier soit un succès de participation pour porter le candidat qui en sera issu, si on veut gagner la présidentielle (yes, we can !), et nous avons le devoir de la gagner.

Donc il faut se bouger pour convaincre que là est la bonne méthode.

Donc il faut choisir un candidat.

François Hollande ? « On t’a dit non ! » répond l’écho.

Et merde…

(à suivre)

Primaire ? Quelle primaire ?

dimanche, novembre 27th, 2016

Notre Parti Communiste qui se prononce pour le soutien à Mélenchon à 53% des voix le jour de la mort de Fidel Castro. Le XXème siècle politique est bien derrière nous… Et je crains que malgré les efforts de l’ami et camarade Aymeric, le communisme ne soit pas l’idée neuve du XXIème…

C’est aussi le jour où le Parti Radical de Gauche nous annonce l’investiture de Sylvia Pinel sans passer par la case « Primaire de la Belle Alliance Populaire » avec la bénédiction de l’icône Christiane.

Donc, si on résume, toute la gauche affirme la nécessité d’être rassemblée sous peine de disparition dès le premier tour de la Présidentielle. On fait pour cela une primaire qu’on a même inscrite dans les statuts du P.S.

dessin-frap-29-11-2016

Dessin de FRAP http://frap-dessins.blogspot.fr

Mais Mélenchon ne veut point en être excluant de soutenir tout autre vainqueur que lui-même, interdisant même toute velléité au sortant ! Certains qui y sont clament leur exigence d’unité mais sur des bases minoritaires : faire l’unité autour d’un autre axe que le plus central, c’est toujours délicat. « Tu es majoritaire mais tu dois te plier à mes exigences de minoritaire sinon c’est que tu n’es pas pour l’union ». Vous n’y comprenez rien ? Moi non plus ! Je sais juste que la branche du P.S constitué d’anciens de la Ligue plus ou moins bien reconvertis n’a jamais eu d’autre programme que de peser dans l’appareil pour des perspectives bien fumeuses où le sort des masses populaires (à qui on prend soin de ne pas demander leur avis) a somme toute bien peu d’importance.

A l’autre bout d’un spectre incertain (tous ne vivent à l’évidence pas dans le même monde et il est donc hasardeux de les rassembler dans un même diagramme…), Macron et son aventure personnelle. Le sort des plus défavorisés est totalement exclu du champ de ses préoccupations (« Je suis de gauche mais je n’ai RIEN à dire aux laissés pour compte du système »). Il se situe aussi en dehors de la BAP de Camba(délis).

Finalement, ces deux bouts (aurait dit le génial Devos) n’ont en commun qu’une profonde ignorance des réalités des souffrances sociales qui sont soit idéologisées et désincarnées, soit ignorées ce qui revient in fine au même.

Que reste-t-il donc de la primaire de la gauche ? Le respect des statuts du Parti Socialiste, dont le Bureau National est le gardien vigilant. Est-il bien raisonnable de définir à cet aune les conditions de l’avenir de la 6ème puissance économique mondiale, titulaire d’un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations Unies et puissance nucléaire reconnue, outre son message universaliste hérité des Lumières ? Poser la question, c’est y répondre. (suite…)

CETA : quel sujet ?

samedi, octobre 29th, 2016

Peu emballé par le CETA, résolument opposé au TAFTA, j’étais un peu dubitatif devant la vague enthousiaste de soutien à M. Paul MAGNETTE, nouveau héraut wallon de la lutte anti-mondialisation, nouvelle incarnation de notre goût pour les petits villages gaulois (les Belges ne sont-ils pas le plus courageux des peuples de la Gaule ?), pour les David contre les Goliath, et pour les empêcheurs de tourner en rond, en général.

L’empressement avec lequel Arnaud M. a épousé sa querelle me rend carrément méfiant tant le talent du gars pour déguiser des vessies en lanterne est avéré…

Une fois de plus, la gauche se perd dans les symboles, se remet à croire aux lignes Maginot, aux remparts de carton-pâte et aux digues en papier mâché. Car enfin, quelle protection le blocage wallon nous offre (offrait…)-t-il contre l’appétit de dérégulation ultra-libérale des multinationales ? Que tchi, mes camarades ! C’est la faillite des économies administrées d’une part et le blocage de la construction européenne, datant du rejet du TCE en 2005, d’autre part qui ont laissé le champ libre aux droites européennes pour transformer l’Europe en passoire commerciale sans défense et sans réciprocité, faute de projet politique commun. C’est aussi l’incapacité de la social-démocratie européenne à se repenser après la chute du mur, tétanisée qu’elle a été (est ?…) entre le « main stream » ultra-libéral, une tentation de repli protectionniste réellement réactionnaire et le déni de la concomitance entre chute du mur et chute de l’économie administrée.

De quoi le refus Wallon est-il le nom ?

D’abord du doute de l’existence de la Belgique : dans le plus régionaliste ou fédéraliste des Etats, la parole du pays sur la scène internationale et en droit, est tenue souverainement par l’état fédéral ou central. Imagine-t-on un Land allemand ou un Etat américain bloquer la signature d’un traité par la RFA ou les USA ? Est-ce cela la démocratie ? Olivier Beaud, éminent universitaire, partageant mon constat, croit que oui : cliquer ici. Moi beaucoup moins. On voit bien à l’ONU comme dans l’UE combien les droits de veto et les obligations d’unanimité sont néfastes dans l’immense majorité des cas. La démocratie, c’est une méthode de gouvernement et gouverner c’est décider. Un système qui permet à une fraction de bloquer une décision souhaitée à tort ou à raison par tous les autres, c’est la démocratie ? Bof… Ensuite de l’incapacité de l’Union Européenne à donner à son exécutif, la Commission, des mandats clairs et des règles de fonctionnement précises. J’ai lu que ce sont les Européens et pas les Canadiens, qui ont réclamé les modalités d’arbitrage contestée… Qui ne voit que la défiance à l’égard du CETA tient plus aux modalités de sa négociation et de son adoption qu’à son contenu réel ? L’Europe a bien un problème majeur de gouvernance (et là je suis d’accord avec Olivier Beaud) dont les effets co-latéraux sont dommageables : encore une fois, on fait dire à ce traité des choses qu’il ne contient pas et on lui fait porter par avance, des responsabilités qui ne sont ni ne seront les siennes, les crises agricoles notamment. Le problème européen reste entier. Mais qui peut croire qu’un repli national, surtout dans sa version étatique, serai une alternative utile à cette panne européenne ? On a beaucoup critiqué le sauvetage provisoire de l’usine Alstom de Belfort par achat de rames TGV pour qu’elles circulent sur des lignes ordinaires. J’avoue que je suis moi-même perplexe. Là encore le symbole l’emporte sur le rationnel… Mais je suis bien certain que nationaliser, c’était bien pire à Belfort comme à Florange !

Et, finalement, ce post étant rédigé sur deux jours, pour quel résultat : pschitt… Pas tellement pour Paul Magnette, qui a joué son rôle, rempli son mandat et utilisé les institutions de son pays conformément à ses convictions. Ce qu’il a obtenu ne saurait être négligé…bien que cela ne change pas une ligne du projet de traité proprement dit.

Mais c’est un échec (de plus) pour tous ceux qui ont cru (certains crient d’ailleurs à la trahison) que le CETA était fini, ce que M. Magnette a d’ailleurs toujours nié vouloir provoquer. Il sait bien, M. Magnette, qu’un traité commercial est toujours un compromis. Celui-là n’est pas enthousiasmant, la question des modalités d’arbitrage des conflits est évidemment son point faible, mais il est somme toute plus équilibré et protecteur de nos intérêts qu’on a bien voulu nous le faire croire. Il ne méritait pas la diabolisation dont il a été l’objet. Et le véto wallon n’est pas plus le sauveur de la gauche qu’Arnaud M. et ses solutions colbertistes d’un autre âge… Juste une illusion…