Posts Tagged ‘Emmanuel Macron’

Et le gagnant est…

lundi, juin 5th, 2017

Chères concitoyennes et chers concitoyens du 6ème canton de Nantes, électrices et électeurs de la première circonscription de Loire-Atlantique,

Évidemment, il avait de quoi être en pétard, le Premier secrétaire du P.S d’Indre et Loire. Marisol Touraine, ministre des affaires sociales au bilan pourtant plus qu’honorable, venait, toute honte bue, de changer ses affiches de candidate socialiste en candidate « Majorité Présidentielle » tout en bleu ciel…le lendemain de la limite de dépôt des candidatures. Jurant un peu tard qu’on ne l’y prendrai plus, et souhaitant signifier que le P.S ne soutenait plus l’ingrate Marisol (qui doit s’en moquer éperdument, soit dit en passant), il déclara tout à trac qu’il laissait les électeurs « libres de leur vote » ! Diantre ! Ils ne l’étaient donc pas avant ? Même en invoquant une maladresse d’expression sous le coup d’une légitime émotion, je me suis pris à trouver une circonstance atténuante à la fourbe Marisol : flanquée d’un apparatchik de cet acabit, pas commode d’assumer le poing et la rose…

Tout ça pour vous dire que les consignes de vote, c’est du passé. Non qu’il soit inutile quand on est en situation de responsabilité partisane de recommander le « bon choix » à ses militants et sympathisants : ça fait partie du job ! Non qu’il soit illégitime pour un ou une candidate éliminée à l’issu du premier tour d’affirmer un soutien à un candidat qualifié pour le dimanche d’après : certains électeurs seront demandeurs que celui ou celle en qui ils avaient confiance les éclaire dans leur libre choix par un désistement en bonne et due forme. Mais de là à poser les choses entre consigne et liberté de vote…

Le choix que j’exprime aujourd’hui, pour notre singulière première circonscription de Loire-Atlantique, relève donc juste de l’explication de vote. Pas d’un soutien. Pas d’un appel. Encore moins d’une consigne ! Acteur de la vie politique locale, votre élu cantonal, je vous dois juste le pourquoi du comment.

Dès le premier tour de la présidentielle, comme nombre de mes camarades et collègues qui ont eu la sagesse de le taire (eux !), j’ai voté Emmanuel Macron. Pour ne pas risquer un second tour Fillon-Le Pen d’abord (j’adore ceux qui disent après : « Ben tu vois, y avait pas de risque! » Encore fallait-il que quelques-uns fassent le boulot, eh ! Banane!), pour éviter à mon pays la honte de placer Le Pen en tête ensuite.

Mes priorités pour la législative nantaise ne sont pas éloignées. La première circonscription est celle où le rapport droite-gauche tel qu’il ressort du premier tour de la présidentielle est le plus serré. Ou le moins favorable à mon camp, la gauche, dit autrement. Même si elle n’apparaît pas comme la plus probable, l’hypothèse que, dans cette période politique illisible et largement imprévisible, la droite reprenne une circonscription que François de Rugy et votre serviteur lui avaient arrachée au lendemain de l’élection de Sarkozy ne peut être écartée. Et ça, jamais ! D’abord parce qu’au plan national, je souhaite le succès du quinquennat Macron et que ce n’est pas avec une cohabitation et une majorité LR à l’Assemblée que ce sera possible. Ensuite parce qu’au plan local, tout doit être fait pour favoriser la poursuite de la mise en œuvre du projet nantais autour de Johanna Rolland : un député de droite Sarko-filloniste à Nantes Nord et en-deçà ne correspond pas à ce dessein que je crois d’intérêt général. (suite…)

Et maintenant, que faire (ou ne pas faire) ? (II)

dimanche, mai 14th, 2017

Socialiste, dans la majorité

J’avais eu l’occasion de donner acte à Goulven Boudic, du fait que le positionnement proclamé d’Emmanuel Macron, additionné à la présence de l’extrême-droite au second tour de notre présidentielle bipolarisante, comportait un risque majeur : celui de limiter l’alternative politique entre lui et l’extrême-droite. Dans l’hypothèse de son échec, il ne resterait donc que le pire.

Aujourd’hui, ce risque a pris corps avec l’élection dudit Macron et avec la danse du ventre des courtisans de tous bords visant à effacer le clivage structurant depuis toujours de la politique en France et ailleurs : la droite et la gauche.

Je ne crois pas à cet effacement qui n’est évidemment pas souhaitable au regard du risque ci-avant décrit.

Dessin de FRAP http://frap-dessins.blogspot.fr

Il y aura toujours débat entre ceux qui portent les vertus de la compétition et ceux qui préfèrent la coopération. Entre ceux qui préfèrent la charité individuelle et ceux qui croient à la solidarité collectivement organisée. Entre ceux qui pensent que la liberté totale des acteurs économiques est plus efficace et ceux qui portent la volonté d’une régulation, voire d’un contrôle social ou public des moyens de production. Entre ceux qui pensent que les inégalités sont regrettables mais inhérentes à la nature humaine, et ceux qui refusent de s’y résoudre et portent l’Egalité au cœur et en action. Entre ceux qui croient à une prédestination et ceux qui pensent que rien n’est écrit. Entre ceux qui pensent que les inégalités de revenu et de richesses sont inéluctables, légitimes et indicateurs de mérites et ceux qui observent que la rente et l’héritage perpétuent ces inégalités de manière inacceptable et qu’une redistribution est nécessaire. Bien sûr, tout n’est pas binaire et manichéen. Bien sûr, chacun d’entre nous place son propre curseur entre chacun de ces pôles. Bien sûr, la vérité n’est jamais totalement d’un côté. Mais quand même… La réaction aux inégalités est probablement le critère le plus important pour apprécier l’appartenance à une des deux familles de pensée.

Alors, comment faire pour faire vivre ce clivage éminemment démocratique dans le contexte nouveau (et déstabilisant !) qui nous est proposé. Comment le faire sans dogmatisme, sectarisme ni étroitesse d’esprit, mais dans la clarté ?

En restant soi-même, fidèle à ses valeurs, à sa famille politique et à ceux dont on a la fierté d’être compagnon de route ou ami.

Pour ma modeste part, j’entends rester Socialiste, membre du Parti éponyme, comme depuis bientôt 35 ans. Je ne crois pas à sa mort tout autant que je suis convaincu qu’il est au bout d’un cycle et que les fondements d’une époque nouvelle doivent être rapidement établis.

Et je pense que la place des Socialistes est, dans le respect de ce que nous sommes, de ce que nous portons, dans la majorité future d’Emmanuel Macron. Pour la réussite de son quinquennat au service de nos concitoyens, pour le faire pencher du bon côté du clivage dont je réaffirme la pertinence. Cela qui n’a rien à voir avec la préservation des appareils ou des coteries sclérosantes, ni n’empêche en quoi que ce soit le renouvellement attendu des pratiques et du personnel politique.

Je ne reviens pas sur les raisons pour lesquelles je pense inepte de classer le nouveau Président et son projet à droite. Il n’est pas conservateur, encore moins réactionnaire. Trop libéral en économie à notre goût ? C’est certain. Incompatible avec nos valeurs et nos aspirations de justice sociale et de solidarité, de transformation sociale ? Sûrement pas. (suite…)

Et maintenant, que faire (ou ne pas faire) ? (I)

lundi, mai 8th, 2017

19+6 = 25 ?

J’ai une admiration profonde pour Philippe Torreton. Surtout depuis le souvenir d’un meeting à Nantes en 2005 lors de la campagne pour le OUI au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. Quelle présence, quel talent, quel discours ! J’ai retrouvé ce talent dans le texte qu’il a publié dans L’Obs dans l’entre deux tours et qui converge avec des commentaires ou regrets que j’entends depuis le 23 avril : s’il y avait eu accord entre Hamon et Mélenchon, la gauche aurait été au deuxième tour. Cela rejoint l’encouragement qui nous était fait à soutenir Hamon lors de la primaire de la BAP, au motif qu’il serait le mieux armé pour obtenir une candidature unique de la gauche et des écolos. On sait ce qu’il en advint… Et voilà que des collègues, pour qui j’éprouve respect et amitié pour la plupart, nous lance un appel local allant dans le même sens pour les législatives dans le département.

Ce qui me surprenait dans le texte de Torreton, c’est qu’il donnait lui-même à voir, dans sa critique des atermoiements de la « France Insoumise » et de Mélenchon pour appeler (à tout le moins) à faire barrage à l’extrême-droite, une raison essentielle pour laquelle additionner les voix d’Hamon et de Mélenchon et en déduire une probable présence au second tour, était une vue de l’esprit, un fantasme politique ou un mirage électoral au mieux, une tromperie au pire.

Dessin de X. Gorce 8-05-2017 www.lemonde.fr

Mélenchon et une partie de ses troupes militantes haïssent la gauche de gouvernement bien plus sûrement que la droite et l’extrême-droite. Il a suffit d’entendre l’entame d’intervention haineuse de Mélenchon dimanche soir pour s’en convaincre. Ou, avant le second tour, d’écouter sur France Inter un militant mélenchoniste envisager tranquillement de voter blanc ou de s’abstenir, jugeant que la probabilité d’une victoire de Le Pen était suffisamment faible pour qu’il ne s’abaisse pas à participer à sa défaite. Plutôt risquer les fascistes que de voter pour l’abominable social-libéral ! Position à la fois lâche et irresponsable. Espérer un accord avec Mélenchon et plus encore qu’il soit suivi par cette partie radicalisée de son électorat était donc une chimère. A courir derrière, Benoît a perdu sur tous les fronts. C’est le même écueil qui guette à l’évidence la tentative de nos camarades locaux, si elle prospérait. Cette stratégie erronée a pris une gifle, pourquoi tendre l’autre joue ? L’impossibilité dans laquelle ils se trouvent de faire renoncer les candidats aux législatives de la « France Insoumise », ajoutée à la dynamique évidente dont vont bénéficier les candidats désormais estampillés « La République en marche » condamne leur tentative à l’échec. (suite…)

Sois sage, ô ma colère…

jeudi, avril 27th, 2017

Décidément, ils osent tout les Camarades ! Torquemada de pacotille, Fouquier-Tinville d’opérette, ils excommunient, ils sentencent, ils décrètent, ils assènent…

Flirtant une fois de plus avec la politique du pire, flattant la tentation de la part d’électorat de Mélenchon qui croit pouvoir constater des convergences entre son programme et celui de le Pen, oubliant allègrement que la présence de l’extrême droite au second tour reste bien la tache sur la République dénoncée par Yannick Vaugrenard, voilà que la priorité de certains est de présenter Macron comme un homme de droite. Ainsi donc, il leur serait aussi difficile de voter Macron que de voter Fillon contre Le Pen, parce que leurs lignes ou leurs programmes seraient équivalents en nature si ce n’est en degré (à moins que ce ne soit l’inverse) ! Il ne s’y résoudraient qu’avec difficulté. Jamais la honte ne les atteint ! Jamais aucune caricature ne les rebute.

dessin de Xavier Gorce – www.lemonde.fr – 25-04-017

Je les ai souvent appelés les Mélenchonistes de l’intérieur. Je ne croyais pas si bien dire. A quoi a abouti la mise en œuvre de leur stratégie, celle qui devait nous sauver de la « catastrophe de ce quinquennat », qui devait rendre cette élection gagnable ? A la fuite des électeurs socialistes, qui vers le social-libéralisme assumé d’un Macron, qui vers l’original dont ils sont la (pâle) copie, le populisme autoritaire d’un Mélenchon. On vilipende le vote utile en inventant la candidature inutile, celle qui ne s’est maintenue que pour sauver in extremis le P.S de la faillite financière. A croire que contrairement à ce que leur maintien dans le P.S pouvait laisser espérer lorsque Mélenchon a fichu le camp, la défaite de tout ce qui ressemble à de la social-démocratie reste le fondement premier de leur engagement, la dominante de leur ADN politique. Troskiste un jour, trotskiste toujours…

Oui je suis en colère. Grand naïf que je reste, j’imaginais qu’on pourrait faire entendre que la défaite historique de dimanche dernier était celle de Benoît Hamon et de ses potes, bien plus que celle du P.S tout entier. Parce que ce parti bien malade, qui est arrivé au bout de son cycle dit d’Epinay, qui doit inéluctablement se refonder pour renaître une fois de plus de ses cendres, nous en avons besoin. Nous, la gauche qui veut gouverner. Nous, le peuple qui ne se résigne pas à subir, ou à s’épuiser dans des « luttes » vaines tant qu’elles ne trouvent pas de débouché politique. Le P.S, sous une forme ou une autre, reste la seule force centrale capable de coaliser les forces et mouvances politiques sur sa droite, comme sur sa gauche pour porter au pouvoir les valeurs d’égalité, de libertés, de justice sociale, de solidarité, de coopération et d’écologie qui s’opposeront toujours à celle de la droite.

Mais non ! Benoît Hamon était bien le candidat du Parti Socialiste (c’est écrit dans les statuts, et les statuts, c’est sacré !) et l’opprobre qui le submerge rejaillit sur chacun d’entre nous, sans espoir d’y échapper. Alors, je le dis clairement, ce n’est pas dans le positionnement droitier de Manuel Valls qu’on me retrouvera. Ni Valls, ni Hamon ! Parce que dans les deux cas, on s’éloigne de cette position centrale à gauche qui seule peut éviter les effets centrifuges, là où nous avons besoin impérieux de force centripète. (suite…)

Fin de campagne

vendredi, avril 21st, 2017

C’était il y a 15 ans aujourd’hui. L’impensable se produisait. Par le croisement de courbes que le simple rappel des marges d’erreur des sondages auraient du révéler comme possible, si on avait su mieux les lire. « Comme un coup de tonnerre » dira Lionel Jospin. devant des millions de gens en pleurs ou pas loin.

Je crois que c’est depuis cette date que je me bats pour que chaque scrutin soit utilisé « conformément à son objet » dans le cadre des institutions en vigueur et non d’autres que je pourrais souhaiter. Donc, à toutes celles et tous ceux qui, lors de mes permanences ou dans la rue, m’ont fait part de leur perplexité et sont parfois allés jusqu’à me demander une recommandation de vote, je veux d’abord dire de ne pas se tromper d’élection. Il s’agit de choisir un président ou une présidente de la Vème république française. Rien d’autre. Mais rien de moins.

Le premier tour, ce dimanche, servira à dire qui sera au second, en finale… Donc il faut aller voter. Même si vous en avez marre. Vous pensez que cela ne changera rien à votre existence, à vos difficultés ? Aucun candidat ne trouve grâce à vos yeux ? Comment ne pas vous comprendre ? Vous n’en êtes pas moins titulaire exclusif de cette fraction de millionième de responsabilité de la manière dont la France va être gouvernée pour les 5 prochaines années. Utilisez-là, je vous en conjure !

Nous allons donc collectivement éliminer dimanche neuf candidats et candidates. La règle ne permet à chacun de nous que de sélectionner un bulletin et un seul.

Ce bulletin ne peut pas être celui de la fille Le Pen. Elle et ses sbires ne sont pas des patriotes mais des volontaires pour se coucher devant des puissants genre Poutine ou Bachar El Assad, après Pinochet, Videla ou Sadam Hussein, après Franco ou les généraux putschistes d’Alger, après Hitler ou Mussolini que leurs prédécesseurs ont adorés. C’est terrible les filiations. L’ADN se transmet en politique comme en génétique humaine. Je peux toujours porter une moumoute, je serai chauve dessous comme mes ancêtres… Qui cela pourrait-il tromper ? Quant à son programme, sa mise en œuvre serait évidemment catastrophique. Je peux partager les déceptions ou les dégoûts. Comprendre les colères et l’envie de renverser la table. Soutenir l’aspiration à la tranquillité et à la sûreté, droit républicain fondamental. Mais la division, la fragmentation, l’exclusion, la haine, et donc la violence, ne régleront jamais rien. Ils créeront toujours plus de désordre.

Dessin de Xavier Gorce – www.lemonde.fr – 18-04-2017

Le bulletin ne peut pas être non plus celui du héraut de la France dite insoumise. Je ne le confonds aucunement avec la précédente. Mais ils sont hélas deux points communs : d’abord une tentation autoritaire dans la conduite des affaires publiques comme dans celles des rapports sociaux. Ni avec les mêmes objectifs, ni au profit des mêmes catégories. Mais cette mise en tension ne nous aiderait pas à répondre aux enjeux auxquels nous sommes confrontés. Ensuite, leur rapport à la construction européenne n’est pas le mien, même si c’est, là encore, sur des valeurs bien distinctes. J’avais voté OUI au Traité Constitutionnel Européen en 2005, craignant une panne du projet européen en cas de rejet. Avais-je vraiment tort ? Le Traité de Lisbonne a techniquement repris pour partie ce qui avait été rejeté. Mais la panne de la construction politique et citoyenne, elle est là et toujours là. Le plan B n’existait pas. Il n’y a pas d’avenir pour notre pays et pour notre modèle social hors du projet européen et il n’y a pas de progrès du projet européen possible hors d’une démarche de compromis successifs. Les ultimatums, même français ne mènent à rien. La sortie des traités européens et de l’Euro serait une régression terrible que nous payerions au prix fort. Sans qu’il soit besoin de dire que je ne crois pas une seconde aux programmes d’économie administrée reposant sur un repli protectionniste quels qu’en soient les formes, je vous exhorte à ne pas voter Mélenchon. C’est une tromperie. Un mirage. Ou son hologramme. (suite…)