Posts Tagged ‘démocratie’

Après les manifs (I)

dimanche, novembre 14th, 2010

23 septembre 2010 à NANTES. Les socialistes se préparent à une longue attente : la manif sera très très longue !

J’ai toujours été convaincu que la transformation de la société (dans la sens du progrès et de la justice sociale, s’entend) ne pouvait se réaliser que par la complémentarité du mouvement social et de l’action politique. Le mouvement social (qui prend bien d’autres formes que l’action syndicale même si c’est sur cet aspect que je me concentre ici) crée le rapport de force qui, au moment des négociations, fera pencher du bon côté la balance qualitative des compromis passés. La prise du pouvoir politique permet de graver dans la marbre de la loi les progrès actés par la démocratie sociale ou, quand celle-ci est déficiente, peut lui redonner le fameux grain à moudre. La première qualité de la première loi Aubry sur les 35 h a bien été de déclencher un vaste mouvement de négociations dans les entreprises et les branches, où les questions d’organisation et de contenu du travail ont été abordées souvent pour la première fois. Au moins dans les secteurs où les syndicats sont présents, des accords combinant réduction du temps de travail, créations d’emplois et augmentation de la productivité globale ont alors été conclus. Si les salariés français sont parmi les plus productifs du monde, c’est bien aussi aux 35 heures qu’on le doit.

Alain GRALEPOIS et Jean-François TALLIO le 23 septembre dernier. Les manifs sont aussi l'occasion d'utiles contacts informels...

Naturellement, mouvement social et action politique n’ont pas la même fonction. Cherchez la prise pouvoir politique par le mouvement social, vous conduirez les deux à l’échec. La fameuse convergence des luttes est un des mythes les plus calamiteux irriguant aujourd’hui encore notre nation qui n’oublie jamais ses fondations révolutionnaire et régicide. Et s’il m’est arrivé de pester contre certains camarades de la CFDT qui allaient jusqu’à nier toute dimension politique à l’action syndicale, tout en ambitionnant d’embrasser le champ social bien au-delà du contrat de travail et de la feuille de paye chers à F.O, je crois qu’ils ont raison de se méfier d’une globalisation des luttes qui envoie chacune d’entre elles dans le mur ou dont le feu s’éteint dès lors qu’une seule a obtenu un bout de résultat. (suite…)

J ‘ suis passé à la télé !

samedi, juin 12th, 2010

…Oh rassurez-vous ! Ni sur TF1, ni sur Télénantes ou Nantes 7. Mais sur TV8 Mont Blanc. C’était à Grenoble lors des rencontres de la démocratie locale. L’angle du sujet est un peu trop limité à la problématique « quartiers » à mon goût, mais c’est aussi le reflet des débats.

Sous vos applaudissements !

dimanche, novembre 8th, 2009

Ça y est ! Il y a un Conseil de Quartier à Nantes Nord depuis samedi. Dans les 10 autres quartiers aussi mais comme je n’y étais pas, je ne peux pas raconter. Je sais quand même que ça c’est bien passé.

A Nantes Nord, ça s’est même très bien passé. Le collège associatif a été composé sans problème. C’est vrai qu’il y avait moins de candidatures « utiles » que de sièges. Mais il y a quand même eu un débat sur la présence de « Place au vélo ». Pour tout dire, je n’étais pas très chaud pour qu’ils y soient, leur présence à Nantes Nord

Un collège associatif composé par consensus

Un collège associatif composé par consensus

(critère minimal retenu et accepté) ne m’étant pas apparue jusqu’alors. Ce sont les autres associations qui ont défendu l’apport futur de Place au vélo, qui avait quand même un représentant « local ». Puisque consensus il y avait, et que la présence de Place au Vélo avait été détectée (dans les écoles) à Nantes Nord par plus attentif que moi, je n’avais pas de raison de renier mes propres critères. Il reste donc trois places à pourvoir dans le collège associatif du Conseil et je ne désespère pas de convaincre une association sportive de nous rejoindre, la porte restant bien entendu ouverte à d’autres. C’est une des faiblesses de notre communication de rentrée sur le sujet : les associations ne se sont pas sentie aussi concernées que je l’aurais souhaité mais nous n’avons pas assez fait pour les en convaincre. Cela se corrigera.

Pour le collège des habitants, j’étais satisfait d’avoir 36 présents sur 53 candidats dont plein de gens que je ne connaissais pas. Le tirage au sort ayant été annoncé avant la réunion, et ce tirage n’excluant évidemment pas les absents, on aurait pu comprendre une moindre assiduité. La motivation est visiblement très forte. (suite…)

Conseils de quartiers : tout le monde a gagné !

jeudi, octobre 29th, 2009

Ce qu’il y a de bien dans l’action locale, c’est que rien ne se passe jamais exactement comme on l’avait envisagé ! J’ai fait un point presse hier (le lien vers Maville.com)(le lien vers 20mn) pour dresser un petit bilan d’étape de la constitution des nouveaux conseils de quartier. Le premier enseignement est que nous sommes bien au-delà du nombre de candidats envisagés. Plus de 900, retardataires compris, c’est une vraie bonne surprise. Plus de 60 % dans la tranche d’âge 30-59 ans, c’est une deuxième bonne surprise. 82 % de volontaires déclarant n’avoir jamais participé à un Comité Consultatif de Quartier, c’est une troisième bonne nouvelle. S’il reste un déséquilibre hommes-femmes (57-43 %) il est moins marqué qu’on pouvait le craindre. Cela veut dire que nos objectifs d’élargissement de nos interlocuteurs et de diversification des participants à nos instances participatives sont en bonne voie d’être atteints. Ils le seront vraiment si nous trouvons les modes de fonctionnement et d’animation qui leur conviennent et leur permettent d’aller sans hésitation au bout de l’engagement de deux ans qu’ils ont pris.
Ce sera encore plus nécessaire pour celles et ceux qui ont été tirés au sort. Sans que ce soit une surprise, l’institut TMO a un peu de mal à recueillir les derniers accords de participation. C’est notamment le cas dans les quartiers populaires. Là encore, pas de mystère : quand on est soi-même dans la précarité, confronté à des difficultés quotidiennes, on est moins disponible pour s’engager dans une citoyenneté active. L’exclusion sociale produit l’exclusion de la citoyenneté vécue. D’autant que des sentiments relevant d’une forme d’auto-dévalorisation ne sont jamais bien loin. Lors du forum de Strasbourg, les élus de Fribourg nous ont expliqué comment ils faisaient du porte à porte pour recueillir l’avis des habitants dans les quartiers populaires. Ce défi là reste à relever. (suite…)

Baeckeoffe et démocratie locale

dimanche, octobre 18th, 2009

Le Baeckeoffe est un plat bien plus typiquement alsacien que la choucroute. Je ne peux pas faire moins que de vous proposer un lien vers une recette prise au hasard dans un moteur de recherche. J’ai eu en effet la chance d’en goûter un grâce à l’hospitalité de nos amis strasbourgeois qui avait sollicité, entre autres municipalités, la Ville de Nantes pour participer aux tables rondes finales de leur Semaine européenne de la démocratie locale.

Le très bel hémicycle du Conseil de l'Europe

Le très bel hémicycle du Conseil de l'Europe

Je tire plusieurs enseignements de ce samedi strasbourgeois dans les locaux du Conseil de l’Europe, la plus ancienne de nos institutions continentales, qui réunit 47 pays y compris la Turquie. La première est que les interrogations qui sont les nôtres sur la nature, les finalités et les outils du dialogue citoyen sont partagées et que les réponses vont toutes dans le même sens. Etre en phase avec Lyon, Grenoble et Strasbourg, ça rassure ! Constater qu’on l’est aussi avec Fribourg, ville allemande référence pour ses quartiers écologiques, c’est bien aussi. (suite…)

Conseils de quartier : top départ !

samedi, septembre 26th, 2009

Ça y est ! La première phase de la  campagne de com’ sur les conseils de quartier a commencé. Des messages gentiment provocateurs  (« le dialogue citoyen, c’est quoi ce machin ? »), un article et un flyer dans Nantes Passion,  pour arriver à une incitation à s’inscrire dans un processus dont nous ne savons finalement pas grand chose, tant il sera ce que les participants en feront avec nous.

Nous nous sommes embarqués dans un truc très ambitieux. Si ça marche, ce sera super : les habitants volontaires y trouveront leur compte comme ceux tirés au sort et comme les représentants d’associations. Les décisions municipales auront été confrontées à la parole des habitants, à leur expertise, et seront donc meilleures à tout point de vue. On fera donc tout pour que ça fonctionne bien.

J’ai quand même un peu le trac. Convaincre des gens de venir, c’est déjà pas commode. Après tout, on ne fait pas la queue à la Bourgeonnière pour investir nos instances participatives mais le dimanche devant la boulangerie et surtout les jours de distribution des sacs poubelles Trisac !

Les convaincre de rester sera encore plus dur. Passer du temps aux affaires publiques locales, c’est une vocation. Il faut vraiment aimer ça. Une partie de notre problème, c’est justement de ne pas avoir pour interlocuteurs que les gens qui aiment ça, y sont formés et rompus,  et dont certains ont fini, finissent ou finiront au Conseil municipal. Il faudra que les « pros » du dialogue participatif acceptent de laisser un peu d’espace aux néophytes qui viennent là pour voir et ne les rebutent pas trop avec les mœurs qu’ils partagent avec les institutions dont la réunionnite chronique ! Il faudra notamment accepter que leur premier point de vue soit très « consumériste » sans les traiter pour autant de mauvais citoyens. C’est un peu ce qui m’inquiète dans certaines réactions associatives. « Nous nous savons parler d’intérêt général au-delà des intérêts particuliers. Nous nous sommes compétents pour être vos interlocuteurs » m’ont dit certains (en substance) lors de la passionnante tournée des quartiers que j’ai faite au printemps. C’est vrai, mais il faudra bien que d’autres paroles émergent, même moins construites, même plus individuelles. Elles ne sont pas moins intéressantes au regard de nos objectifs.

Pour le reste, j’assume qu’on n’y voit pas bien clair sur les contenus et que tout cela reste pour l’instant assez théorique. On est encore dans le brouillard, on n’a pas de GPS, on sait qu’il n’y a pas de signalisation sur le chemin et qu’il y a plein de nids de poule, de murs et de  flaques d’huile.

Mais comme nous voulons réussir, une seule solution : en route et pied au plancher !

Le pire risque à courir serait de ne pas en prendre…

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