Posts Tagged ‘Conseil général’

Souvenirs, souvenirs…

mercredi, juillet 6th, 2011

A la veille du premier tour, nous avions choisi l'option "remorque". Marianne et Nour étaient là aussi !

Je le reconnais, tout cela fait un peu auto-promotion ou auto-célébration.
Mais, déjà coupable de l’inachèvement d’un « abécédaire de campagne », je ne pouvais pas en plus laisser les images prises par Younès pendant cet après-midi du 26 mars dans un coin de disque dur.
Pour conclure la campagne cantonale, nous avions décidé, après un test réussi la veille du premier tour, de faire une tournée des quartiers populaires pour inciter leurs habitants à voter, et pour nous de préférence. Le principe est simple : louer un groupe électrogène, une sono de 2X300 Watts et un micro, s’installer au pied des immeubles, mettre le son à fond et parler aux gens. J’avais confié le caméscope à Younès pour témoigner de cette opération. Il m’a donc filmé pendant mes interventions, et réalisé (à mon insu) des mini interviews des camarades et amis participants. Évidemment, ils ont dit des choses gentilles (trop) à mon égard. Même si j’ai raccourci au montage, ça fait un peu propagande mais, comme l’élection est passée et que leurs propos étaient sincères et spontanés, j’ai eu la faiblesse de ne pas les censurer. Et puis il a laissé parler Myriam. Son interview est parfaitement révélatrice de l’état d’esprit qui a été le nôtre durant cette courte mais intense campagne de terrain. J’en ai donc laissé l’essentiel.
Evidemment, cela n’a de valeur que de témoignage d’un argumentaire politique et électoral décliné et déclamé en direct, et de souvenir pour ceux qui l’ont vécu. Mais ça a été tellement bien accueilli par les gens (les retours ultérieurs étaient très majoritairement positifs ainsi que l’accueil) que j’ai eu envie de monter cette tranche de campagne et de vous la proposer.

C'est ma tournée du 26 mars par pascalbolo

Mon interview pour François Hollande sur Dolcerama.fr

vendredi, juillet 1st, 2011

Questions claires, réponses précises… Enfin, j’espère !
Cliquez ici pour aller sur le site.

Ouverture, signature et inaugurations

mardi, septembre 21st, 2010

Petits souvenirs...

Pour être franc, je n’ai absolument pas l’âme d’un collectionneur. Juste la manie de conserver les petits badges ou cordons qu’on vous remet à l’entrée de certaines manifestations et qui permettent l’identification plus rapide des participants. J’ai quelques collectors dans mon petit panier, et le cordon noir (celui des intervenants) des journées d’été d’Europe Ecologie en fait déjà partie.
Pensez-donc ! A peine rentré de vacances, on me confirme que je vais faire une visite de courtoisie à nos amis Verts, en représentant officiel du Maire, à l’occasion de leurs journées d’été à la fac de droit. Dans le contexte, c’était déjà sympa. Mais de fil en aiguille, je me suis retrouvé à devoir faire un petit discours lors de l’ouverture devant l’amphi bondé (il était très bien : cliquez ici Discours d’accueil aux Journées d’été des Verts 2010 pour le lire !). En pareil cas, il y a toujours de petites négociations protocolaires préalables. Tout doit bien se passer. « Le représentant de la mairie sera bien accueilli ont juré les responsables Verts, mais pas de provoc’, hein ? » « C’est Pascal qui s’y colle, y a donc pas de risque » a joyeusement répondu le membre du cabinet en charge de la chose. De fait, ça s’est très bien passé et les quelques pancartes anti-aéroport brandies devant moi relevaient plus du minimum syndical à assurer que d’une volonté d’être discourtois à mon égard.
Ces quatre premières semaines de rentrée ont été jalonnées d’ouvertures et d’inaugurations officielles. C’est toujours un moment particulier. Évidemment, on coupe des rubans tricolores devant une nuée de photographes dont les photos ne sont jamais dans le journal. D’autre fois, c’est une convention que l’on signe devant d’autres photographes. Les photos ne sont pas dans le journal non plus puisque les rédactions estiment (assez légitimement, je dois le dire) que la tête même souriante des officiels est moins intéressante que ce que l’inauguration doit promouvoir. Heureusement qu’il y a les bulletins institutionnels et les blogs pour pouvoir figurer au grand concours « Ma binette partout » rendu célèbre par le Canard Enchaîné. Je ne sors donc plus sans mon LUMIX que je mets dans les mains du premier malheureux qui a la malchance de me croiser !
J’ai donc représenté le Maire à l’inauguration d’Exeis Conseil, entreprise de consultants qui a choisi de s’installer dans des anciens locaux de la Banque Populaire à Bellevue et à l’inauguration de l’Aqua-Bien-être au Centre de Loisirs du Petit Port. Je me suis représenté moi-même à la signature de la convention entre le Crédit Municipal et la Mission Locale pour permettre aux jeunes de bénéficier du micro-crédit. Jean-Marc était présent avec bien d’autres pour l’inauguration officielle du nouveau collège Stendhal et je lui ai collé aux basques lors de l’inauguration d’AQUASIM, labo de recherche du CSTB, où j’ai pu également profiter d’une visite de la soufflerie Jules Verne. Il y a là des scientifiques épatants qui vous expliquent des choses ultra complexes mais que vous avez l’impression de comprendre. Vous en sortez avec le sentiment d’être moins c… que lorsque vous êtes arrivé et c’est bien réconfortant !
Des photos ont été prises (je n’en ai pas encore récupéré de l’inauguration d’Exeis) que j’ai rassemblées sans vergogne dans ce petit diaporama. Les légendes sont à faire apparaître en cliquant sur la petite icône « bulle ».

Dialogue citoyen : benchmarking, théorie et pratique

samedi, mai 22nd, 2010

Avant de profiter du pont de l’Ascension, j’ai eu une drôle de semaine dédiée au dialogue citoyen.
Elle a commencé par une passionnante réunion de la Commission « Démocratie locale » de l’Association des Maires de Grandes Villes de France. L’occasion de s’étalonner sur une tentative commune à bien des villes sous des formes diverses, celle du tirage au sort de leurs interlocuteurs des instances de concertation et de participation. Amiens a ainsi constitué ses conseils de quartier de manière très similaire aux nôtres. Mais ils ont ajouté un « plus » : chaque habitant-e tiré-e au sort a reçu la visite d’un-e élu-e pour expliquer de quoi il s’agissait et encourager à la participation. Ils en retirent une proportion enviable d’acceptation et une participation plus durable et assidue que ce que nous constatons à Strasbourg ou à Nantes. Conclusion tirée en commun à partir de cet exemple et d’autres : nos dispositifs requièrent des moyens d’animation et une forte présence des élus comme des équipes de professionnels. La corrélation entre la dynamisme des instances et ces moyens (essentiellement du temps d’ailleurs…)est évidente. Il faudra faire des choix…

Loïc Blondiaux © RF / Igor Krtolica

Cette réunion a été l’occasion d’écouter Loïc Blondiaux, prof’ à Science-Po Paris, et membre de l’Institut de la Concertation où se fomentent nombre d’innovations dans le domaine et dont les recherches inspirent nos expériences. Toujours sur ce thème du tirage au sort, Loïc Blondiaux nous a opportunément rappelé que nous revenions là aux sources de la démocratie. Un rien provocateur, il nous a expliqué que l’élection étaient profondément anti-démocratique puisqu’elle revenait à nier que chaque citoyen a, par définition, une égale légitimité à gérer les affaires publiques. Elle est une manière de désigner une forme d’aristocratie, même si c’est sur une tout autre base que sur la naissance ! Rumeur dans la salle… En tous les cas, ce rappel aux grands anciens (la Grèce…) a eu le mérite de nous armer intellectuellement pour répondre à la question de la légitimité et de la représentativité des membres de nos conseils ou ateliers ! Ce qui compte c’est la diversité.

Revigoré par ces stimulants échanges, je suis sorti de l’Assemblée Nationale où avait lieu la réunion pour tomber nez à nez avec une manif’ d’opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes, montés à Paris pour la journée ! Oups ! Choisissant de me faire discret, j’ai changé de trottoir en regardant mes godasses l’air pressé et affairé. Pas de bol : s’étant mis discrètement à l’écart pour passer un coup de fil, un manifestant me reconnaît et me salue à haute voix ! Raté !

Au moins cet échange de politesse a-t-il été courtois, cordial et souriant.

Ce n’était plus la même ambiance deux jours plus tard au Centre Social du Bout des Landes… Au menu une réunion publique destinée à informer les riverains du chantier du nouvel immeuble du Conseil général des conditions de réalisation de ce chantier. Le long du boulevard Cassin et de la rue de Douarnenez, l’immeuble est intégré dans le projet urbain global du quartier, référencé à l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine sous l’appellation Bout des Landes-Bruyères. Je savais qu’un habitant avait décidé mobiliser contre ce projet et qu’il avait commencé à alerter voisins et médias. Son double leitmotiv : on ne savait rien et on ne veut pas qu’on touche aux arbres.

Tout notre travail autour du dialogue citoyen repose autour de l’idée d’associer efficacement expertises politique, technique et d’usage pour prendre les meilleures décisions possibles. Notre tâche a été jusqu’ici de convaincre détenteurs de la légitimité politique et de la compétence technique que prendre le temps d’associer l’expertise d’usage, celle des habitants, était une chance plus qu’une contrainte.
Nous nous sommes trouvés ce soir là devant un renversement de perspective : des habitants niant farouchement toute compétence aux techniciens comme aux élus. Notre volonté politique : du pipeau. La parole compétente et pédagogue des urbanistes et architectes : du vent. Nos arguments : des mensonges. Nos démonstrations : autant de manipulations. Avec en toile de fond une certitude : élus et techniciens étaient ligués contre les habitants pour leur imposer des choses non seulement contre leur gré mais dans le but de leur nuire, au plus grand bénéfice des bétonneurs.

En perspective vu du boulevard Cassin

De quoi s’agit-il : le Conseil général va regrouper à cet endroit accessible et commode pour les usagers, deux anciens Centre médico-sociaux et les services actuellement excentrés dans le parc de bureau de la Rivière. Outre une meilleure accessibilité pour les familles, notamment les bénéficiaires du RSA, la construction de ce petit bâtiment de 4 étages, labellisé Bâtiment Basse Consommation, permettra au Conseil général d’économiser des dizaines de milliers d’Euro de loyer. Plus éloigné de chacun des immeubles existants que ces immeubles entre eux, encore moins impactant pour le cadre de vie que les immeuble de logements en cours de construction quelques centaines de mètre plus loin, ce nouveau bâtiment s’intègre dans un projet urbain (cliquez ici pour accéder à toute la présentation : Le projet ANRU Bout des Landes Bruyères) dont la première caractéristique est de conforter et de sauvegarder le patrimoine vert du secteur. Il y aura plus d’arbres après qu’avant, des liaisons piétonnes plus agréables et sûres, et l’espace boisé sera bien mieux valorisé. Comme l’expliquait l’architecte du projet, tout a été imaginé en lien avec un groupe d’habitants volontaires sur la base d’observations de terrain, issues de la vie quotidiennes, depuis 5 ans. L’Office National des Forêts est garant du patrimoine végétal et a géolocalisé chaque arbre, en tirant un diagnostic précis et prospectif pour chaque sujet. Nous en étions à la 5ème réunion publique, à la parution du 5ème exemplaire du journal du projet systématiquement diffusé dans toutes les boîtes aux lettres, sans parler de la consultation des locataires concernés par la réhabilitation lourde de leur immeuble, ou du travail de relogement au cas par cas conduit pour le relogement des familles du quartier des Bruyères, ou des expositions, ou des enquêtes publiques… Bref, nous nous pensions à l’abri d’un bon paquet de reproches possibles, l’architecte de l’immeuble étant l’agence TOPOS qui a déjà réalisé le multi accueil juste en face !

Eh bien, j’en ai vu des réunions publiques difficiles, voire carrément houleuses. Mais c’est la première fois que je vois le leader de la contestation s’installer face à la salle sous l’écran projetant plans et images de synthèse, menant par moment sa propre réunion en même temps que nous, la nôtre ! La première fois que je vois un porte-parole sortir fumer son clope au milieu d’une présentation du projet qu’il entend contester, ou l’interrompant à tout instant en agitant sous le nez de l’architecte un plan compris à l’envers comme preuve contraire de ce qu’il décrivait en réalité. Sportif !

Il a fallu que je me fâche deux ou trois fois  pour obtenir le respect au moins pour les professionnels qui étaient là, pour les autres habitants participants à la réunion ou voire même pour moi. A un moment, une dame m’a demandé si l’édification de cet immeuble n’allait pas provoquer une augmentation de sa Taxe d’Habitation. Au moins était-ce une question précise, à laquelle je pensais pouvoir apporter une réponse facile : bien sûr que non, cela n’allait avoir aucune espèce d’incidence. Notre leader de la contestation intervint alors et dit à la dame : « Ne les écoutez pas, de toutes façons, ils n’y connaissent rien ! ». Je lui ai expliqué alors qu’inspecteur des Impôts de métier je devais pouvoir être jugé crédible dans ma réponse. « C’est ceux qui fraudent le plus » conclut-il en faisant de la main le geste explicite qu’on fait pour accuser quelqu’un de s’en mettre plein les poches.

Quel dialogue engager dans ces conditions ?

Ce qui est certain, c’est qu’au-delà du comportement de leur leader autoproclamé, des habitants étaient totalement sincères en jurant qu’ils n’avaient jamais entendu parler de rien. Et de fait, comme cette partie du quartier verra s’améliorer ses espaces publics, que des constructions nouvelles viendront le modifier en bordures, mais sans que les logements existants soient concernés à titre individuels, ils ont pu n’être touchés par aucune communication, aussi soignée et massive que puisse être celle qui a été organisée. Je suis chaque fois étonné, mais il faut le prendre en compte, de constater à quel point nos concitoyens peuvent vivre à l’écart de toute information, inaccessibles aux messages institutionnels, ne réagissant qu’à la pose d’un panneau de chantier de 4 mètres sur trois devant leur fenêtre ou à une visite. On en revient à mon observation sur le boulot de nos amis Amiénois : le porte à porte, le contact direct individualisé devient le seul moyen vraiment fiable de faire passer une info, une conviction ou un projet. Même le tract ajouté à une quittance de loyer ou à une facture de restaurant scolaire peut ne pas être lu et son destinataire jurer en toute bonne fois qu’il n’a jamais eu connaissance des infos qu’il contient. En fait, beaucoup de gens ne se placent en situation de recevoir l’information qu’au moment où il sentent un enjeu pour eux-mêmes : à ce moment, la plus discrète des affichettes est repérée ! A méditer pour l’avenir.
En fait, une chose m’a vraiment embêté dans l’expression de ce qui est une inquiétude réelle qui saisit les gens dès qu’on se propose de modifier un tant soit peu le cadre de vie auquel ils sont habitués (« on sait ce qu’on perd mais pas ce qu’on gagne ») et qui les font se raccrocher qui à la défense des arbres, qui à la dénonciation des promoteurs et du béton pour justifier leur demande que rien ne change. Ce sont les commentaires défavorables sur la mosquée, sous couvert de questions de stationnement qui apparaissaient nettement comme des prétextes. La peur de l’autre et le rejet de la différence accompagnent souvent l’expression des conservatismes et des replis sur soi. Pour y répondre, l’élu responsable, les techniciens qui l’accompagnent, ont grosso modo le choix entre, la pédagogie et la démagogie. Mention reconnaissante, donc, au spécialiste et pédagogue de l’Office National des Forêt qui a instauré un silence respectueux (que ne l’ai-je fait intervenir plus vite !) en expliquant ce qu’il faisait là et en quoi l’accusation de porter atteinte aux arbres n’avait pas lieu d’être dans ce projet. Mention également reconnaissante à mes collègues élues, Florence Février et Myriam Naël qui m’ont très solidairement aidé à faire face et ont tenté de remettre un peu de rationalité dans les échanges. Un démagogue s’est bien manifesté, mais c’est à ses risques et périls. L’effet boomerang, on appelle ça…