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Vous avez dit « référendum » ?

lundi, février 15th, 2016

Évidemment, pour quiconque a suivi depuis le début le projet de transfert de l’aéroport de Nantes, l’idée qu’il faille un référendum local pour le légitimer a de quoi énerver. Moi-même, pour tout dire, l’évocation de cette éventualité avait le don de me mettre en pétard.
Mais je crains malheureusement que la seule alternative à cette consultation ait été le renoncement de l’État à ce projet d’utilité publique, renoncement certes catastrophique pour notre territoire, mais aussi pour tous les grands projets d’infrastructure jugés inutiles par les partisans assumés ou non de la décroissance. Là aussi, les « cryptos » ne sont pas les moins dangereux…
Forcément, quand on entend que « le débat n’a pas eu lieu », il y a de quoi se mettre en rogne ! Assurément, quand on entend parler d’ « alternatives insuffisamment étudiées », on peut être à deux doigts de s’agacer : le Conseil général avait été jusqu’à payer une étude qui avait montré l’inanité de l’idée de réorientation des pistes de Nantes Atlantique, dont le seul intérêt était la reconnaissance de facto par ses porteurs que le survol du centre de Nantes pouvait être un problème !
Et pourtant, deux ou trois choses me font dire qu’une relégitimation est peut-être incontournable, si on souhaite que le transfert se réalise, naturellement.
Il y a quelques semaines, j’ai du répondre aux sollicitations de la presse locale en raison d’une pétition sur internet signée par plus de 5000 personnes contre l’abattage (nécessaire) d’une poignée d’arbres dans le quartier du Bout des Landes. L’initiatrice de la protestation était filmée dans le cadre exceptionnellement arboré (et qui le restera !) de ce quartier bénéficiaire d’une rénovation urbaine… Surréaliste ! On avait signé de la péninsule arabique ou d’Argentine pour dénoncer les affreux bétonneurs arboricides que nous sommes… Cet exemple montre qu’une question locale, exportée par la toile forcément mondiale, peut revenir sur son territoire d’origine comme un boomerang chargé au passage de fantasmes et d’irrationalité, pour peu qu’elle rencontre les peurs du moment.
L’Aéroport du Grand Ouest, c’est un peu pareil. L’opinion largement favorable à son transfert s’est retrouvée tétanisée par l’effet retour d’une communication redoutablement efficace des opposants qui a flatté les peurs et la sensibilité de personnes qui, ne connaissant rien ni de Nantes, ni de l’ouest, ni du projet, se sont forgé une opinion sans aucun des éléments qui peuvent fonder un jugement. « Nantes n’a pas besoin d’un nouvel aéroport » ai-je pu lire un jour de la part d’un internaute du Cantal ou de Haute-Savoie, je ne sais plus. Cette affirmation péremptoire que rien n’étaye, née à l’extérieur du territoire est revenue à l’intérieur, rencontrer la tentation de la pause que nous connaissons bien, créant le doute, y compris sur le fait que l’A.G.O serait un aéroport de plus, ce dont il n’a jamais été question.
Les opposants ont aussi joué à merveille de la défiance envers les « élites » , la « classe politique » et les institutions. Bien fait pour elles, elles l’ont bien cherché me direz-vous. D’accord, mais après ? Le concept d’Ayraultport est à cet égard un coup de com’ génial. Mensonger mais génial car il a fait mouche. Ce n’est pas parce qu’on l’a surnommé il y a longtemps le Kennedy de l’ouest, que Jean-Marc rêve de laisser son nom à l’aéroport de Nantes. Pas de JMA à Nantes comme JFK à New York, n’en déplaise à ce taquin de FRAP !

Néant

Dessin rigolo mais pas sérieux !

Quiconque connaît un tant soit peu le nouvel occupant du Quai d’Orsay sait que ce genre de mégalomanie lui est complètement étrangère. Pour le grand musée d’art de Nantes ou le projet Île de Nantes, je ne dis pas, mais pour un aéroport, ça non ! Mais des gens y ont cru, loin d’ici, puis ici, au nom de la certitude ancrée par tous les populismes que les élus pensent d’abord à eux et que leur ego est plus grand que leur sens de l’intérêt général. Je sais, y en a…
Dans la même veine, une réflexion entendue dans un repas de famille me pousse aussi à me résigner à cette consultation référendaire aux contours juridiques encore un peu flous : « Je fais plus confiance à un pilote qu’à un politicien ». Cette comparaison surprenante fait référence à ces quelques pilotes qui nous expliquent que Nantes Atlantique est très bien comme ça (et plus près de chez eux, disent les mauvaises langues !). J’ignorais jusqu’ici qu’une licence de pilote, qui atteste de la maîtrise du maniement, décollage, vol, navigation et atterrissage des aéronefs donnait la moindre expertise en aménagement du territoire, en développement économique ou même en économie du transport aérien mondial. J’ai le permis de conduire une voiture, mais ça ne me donne pas la compétence pour juger, par exemple, des effets de la construction d’une rocade sur l’étalement urbain, d’un parking-relai sur le report modal, ou des évolutions possibles du marché automobile mondial. Cela, je l’ai appris ou l’apprendrai en écoutant les gens dont c’est le métier d’étudier ces choses. Leurs débats contradictoires éclaireront mon jugement. Je serais professionnel, taxi ou pilote de course, que ce serait la même chose. Mais voilà, pour quelqu’un qui prend l’avion, et bien que l’immense majorité des accidents aient une défaillance humaine pour cause principale (sans même aller jusqu’à la Germanwings…), le pilote est l’image rassurante par excellence et les dégâts faits dans l’opinion par ces interventions faussement expertes sont considérables. Et c’est l’essentiel du point de vue des opposants.
C’est l’essentiel parce que vu du gouvernement ou de l’Elysée, c’est l’opinion nationale qu’on scrute. Ils ne sont pas fous ni idiots, à Paris. Ils savent bien que si tous les élus sauf les écolos, les fachos et quelques centros sont d’accord pour dire que ce projet est plus qu’utile, pour le confirmer année après année, et être élus ou réélus sans coup férir, même et surtout quand médias et écolos s’accordent pour faire de Notre Dame des Landes l’enjeu central de toute élection, c’est qu’il y a quelques chances qu’ils aient raison !
Seulement, en dehors des interférences Ségoléniennes (cf. mon billet précédent sur la responsabilité de l’offre en politique…), il y a le drame de Sivens qui hante tous les responsables et qui est instrumentalisé de manière éhontée, scandaleuse, par un Mathieu Orphelin. Il y a la petite musique persistante sur l’illégitimité de l’investissement public entretenue par des gouffres financiers genre EPR. Cela n’a absolument rien à voir mais ça donne apparence de légitimité aux concours de pronostics sur les dérapages du « coût réel » de l’AGO. Il y a le relais naturel de médias nationaux (France-Inter, le Monde un peu moins depuis le départ de Kempf) initialement trop négligés par des porteurs du projets trop sûrs de leur bon droit. Tout cela fait qu’aujourd’hui, quand un Manuel Valls se retourne pour voir qui est prêt à le soutenir dans sa détermination à faire respecter les décisions démocratiques, les décisions judiciaires, l’état de droit et l’autorité de l’état, la vérité est qu’il ne trouve pas grand monde en dehors des élus du cru. Se débarrasser du caillou dans la godasse est une tentation largement partagée et tant pis pour l’Ouest et son développement.
Voilà pourquoi une consultation à l’échelle départementale est aujourd’hui probablement le meilleur et paradoxal moyen d’en finir avec cette incertitude en espérant que ce soit une bonne fois pour toute. Avec Stuttgart et sa gare en référence.
Pourquoi départementale ? Parce qu’à cette échelle, on a moins de risque de voir prendre des arguments irrationnels et mensongers qui prospèrent par leur dilution dans le temps et l’espace (voir plus haut). On a aussi plus de chance de répondre à la question posée et pas à une autre. Plus de chances de voir prises en compte équitablement des réalités comme le survol de l’agglomération, l’exaspération des trop nombreux riverains de Nantes Atlantique, la saturation de l’aérogare actuelle, et la qualité environnementale et énergétique du projet. On va enfin pouvoir reparler de faits vérifiables et revenir à l’essentiel de la réalité du projet !
L’idée de la zone de chalandise se heurte à la définition d’un périmètre de consultation qui ne recouperait aucune limite administrative existante. Celle des collectivités participant au financement (Régions Bretagne et Pays de la Loire), au niveau dudit financement qui reste marginal (là encore, les fantasmes et la réalité…), et à une étendue qui va trop au-delà de la zone de chalandise, notamment vers le Finistère Nord où l’aéroport de Brest restera un élément essentiel du maillage aéroportuaire de l’ouest.
Le département reste donc le territoire de consultation à le fois le plus adéquat et le plus légitime.
De la même manière qu’on ne va pas continuer les débats jusqu’à ce qu’ils veuillent bien accoucher de la décision souhaitée par les minorités agissantes, on ne va pas étendre le périmètre de consultation jusqu’à faire décider de l’avenir de notre territoire par les argentins ou émiratis qui signent les pétitions contre l’abattage des arbres malades au Bout des Landes…
Votez oui au transfert de l’aéroport de Nantes de Nantes Atlantique à Notre Dame des landes, futur Aéroport du Grand Ouest !

Carnet de campagne

dimanche, février 14th, 2010

C’est parti ! La campagne des Régionales entre maintenant dans sa phase active. Cette semaine : deux réunions chez l’habitant, trois distributions de tracts, deux réunions publiques thématiques et du porte à porte.

Lundi. J’avais prévenu Joël que je prendrais la réunion en route. Pas grave, Abbassia Hakem était là. Je suis quand même arrivé 1 heure plus tard que prévu, après le C.A du collège Stendhal, juste pour répondre à la question qui brûlait les lèvres d’un voisin de Joël : « …Et l’aéroport ? Vous êtes sûr qu’il faut le faire cet aéroport ? » Sûr, je ne sais pas, mais convaincu oui ! Le problème avec ce débat c’est qu’il faut le mener à toute occasion (nous avons trop laissé raconter n’importe quoi sans répondre)…en même temps qu’on doit à la vérité de souligner que ce n’est pas un débat de l’élection régionale, puisque son résultat n’affectera pas ce qui est une compétence et une décision de l’Etat. Résultat : une heure de débat passionnant, de mises au point nécessaires…mais hors sujet. Un bémol quand même : la question du type de développement qu’on souhaite pour la région, au-delà même de ses limites politiques, la place que doivent y tenir l’emploi industriel (cf. la crise des Chantiers STX à St Nazaire) et la question de sa connexion au reste du monde ramène aussi à Notre Dame des Landes.

Mardi.7 h 30, arrêt Commerce. Froid vivifiant ! Les sections socialistes nantaises se sont donné rendez-vous. La distribution sur les quais du tram’ et aux arrêts de bus, le matin, est des plus fructueuses : les gens lisent le tract en attendant leur transport. Problème : à un moment, il m’a vraiment semblé que des gens me regardaient d’un air quasi hostile. Une dame hésitant à prendre mon tract m’a toisé de la tête au pied avant de l’examiner l’air soupçonneux. Elle ne s’est détendue qu’en voyant les sigles. Je crains d’avoir trouvé : avec mon embonpoint de notable, mon costard gris et ma cravate bleue, je fais « de droite ». ‘Manquait plus que ça !

Mercredi. Réunion sur les  transports nettement orientée ferroviaire. Normal, c’est à Doulon. Eric Thouzeau est à la manœuvre, avec Gilles Bontemps en guest star, flanqué de Jean-François Retière, maire de Mauves et Vice Président aux déplacements de Nantes Métropole, et de Bernard Deniaud, son homologue et mon collègue du Conseil général. Le débat prend vite un tour très technique. Les collègues connaissent leurs dossiers sur le bout des doigts. Pressenti pour intervenir en tant que Président de la SEMITAN, je fais finalement une intervention plus politique: au vu du temps qu’il faut pour faire aboutir un dossier de transport ferroviaire, il y a hautement intérêt à continuer de confier la Région à des gens ayant une vision de son avenir plus loin que le bout de leur mandat, partagée avec les agglomérations et le département le plus important. Rappel très prosaïque du caractère éminemment électoral de la période !

Jeudi. Le rendez-vous de 7 h 30 est à Beauséjour, pôle d’échange important entre lignes de bus et ligne 3 du tram’. La fine couche de neige ne saurait entraver notre marche victorieuse. Las… La neige qui se met à tomber dru entrave en revanche la marche des autobus. J’arrive pour apprendre que l’ordre (raisonnable) de rentrer au dépôt a été donné aux conducteurs. Plus d’échange à Beauséjour ! Les usagers ne grognent pas trop et les militants me chambrent gentiment.

Jeudi soir. Réunion chez Omar à Orvault. Auditoire varié. Patrick Cotrelest là avec Marie-Paule Gaillochet. La stratégie d’autonomie à tout prix ne fait pas l’unanimité, même dans le fief de François. On commence par patauger dans la semoule avec le film sur l’ordinateur et on met un peu de temps à trouver notre complémentarité avec Patrick. On assure l’essentiel sur le bilan mais la question de l’aéroport arrive vite ! On y passe trop de temps (d’autant qu’on n’est pas d’accord avec Patrick !) et Caroline Tahar me fait les gros yeux. Elle a raison. Le problème, c’est que le débat sur l’aéroport est finalement rejoint par celui sur l’implantation du CHU sur l’Ile de Nantes voire sur le dossier de la future gare. Je confirme donc le bémol : la question qui est derrière est finalement au cœur de la campagne. Comment prépare-t-on l’avenir, comment se projeter à 30 ans et quelles décisions d’investissements structurants doit-on en tirer… Là-dessus, sans aller jusqu’à la tentation décroissante, beaucoup de nos interlocuteurs sont tentés par un immobilisme qui se veut prudent. Je le crois plus risqué que l’engagement des montants d’investissements annoncés qui semblent les inquiéter. Là, il y a un vrai enjeu. Finalement, si le débat sur l’aéroport est hors sujet des Régionales, les peurs qu’il révèle sur l’avenir sont bien au cœur de leur problématique. Il faut expliquer que l’avenir ne sera jamais pire que si nous ne sommes pas proactifs. Le plus grave serait de ne pas prendre nos responsabilités. Le pire des risques est bien de ne pas en prendre. Il y a de la pédagogie à faire !

Vendredi. Réunion publique à Nantes Nord. Je dois faire l’ouverture avant de m’éclipser. Pas de bol, la carte d’ouverture de la salle ne fonctionne pas. La petite troupe de militants présents se gèle devant la porte close. La procédure de secours marche bien et on vient nous ouvrir. Abbassia Hakem et Fabienne Renaud vont parler emploi, formation, apprentissage… Notre secrétaire de section me dresse le  bilan le lendemain. En 5 réunions chez l’habitant on a touché 90 personnes, pas toutes convaincues au départ (et loin de là). A la réunion publique de Nantes Nord, pas plus de 4 personnes nous étaient inconnues. Pas de doute, cette formule traditionnelle n’est plus très pertinente. Surtout par – 5 ° !

Samedi. Distribution de tract à 10 H au centre commercial de la Bourgeonnière. Nous sommes bien accueillis. Rien à voir avec les Européennes ! On gère notre stock de tracts : j’ai besoin de la lettre de Jacques AUXIETTE pour le porte à porte de l’après midi. J’en récupérerais un bon paquet auprès de la section de St Herblain.

L’après midi, 2 heures de porte à porte dans le quartier de l’hippodrome avec Ina Sy, venue du Château de Rezé à la découverte de Nantes Nord. L’accueil est (très) bon, même si nous trouvons que les Nantais ne sont pas assez chez eux ! Et vient le gag de la semaine : un monsieur nous ouvre largement sa porte et entame la conversation : « Tout cela est-il bien utile et Dieu ne pourvoira-t-il pas à l’essentiel ? » « En attendant rien n’interdit d’agir, aide toi le ciel t’aidera, non ? » récité-je poliment. Je bas vite en retraite. Ina se marre : j’ai sonné chez un Témoin de Jéhovah ! Il n’y a qu’à moi que ça arrive des trucs pareils !

Débat d’ Europa sur la décroissance : je ne voulais pas déranger…

jeudi, janvier 14th, 2010

Depuis que je suis tombé dans la marmite du Web 2.0, j’ai plein d’amis sur Facebook. Dont l’excellent journal Europa, un des fleurons de ce que j’aime bien appeler notre tiers secteur médiatique nantais. J’ai donc répondu à l’invitation de mon ami Europa à participer à un café débat sur le thème de la décroissance. C’était mercredi soir à l’Hurluberlu.
Mon costard bleu marine et ma cravate assortie ne sont pas passés inaperçus mais la surprise de voir un élu socialo dans l’endroit s’est manifestée de manière fort hospitalière et pour tout dire amicale. L’animateur lance le débat en le cadrant de manière un peu alambiquée. En substance : savoir comment on pouvait rendre compatible certaines caractéristiques de la mouvance décroissante nantaise dans ses diverses composantes et la démarche d’Europe Ecologie et des Verts dans la perspective des élections régionales. « Si j’aurais su, j’aurais pas venu » me dis-je in petto. Eh bien j’aurais eu tort. J’ai passé une soirée fort intéressante.
Un responsable des Verts, Gwendal Revault, était venu expliquer ce qui était ou non compatible avec le programme pas encore adopté d’Europe Ecologie dans les plates-formes pour la décroissance. Le temps d’émettre des doutes sur l’opportunité de créer une monnaie locale à la place de l’Euro, il s’est précipité pour jurer que les Verts étaient contre Notre Dame des Landes en rappelant (c’était sûrement nécessaire à la lutte contre le réchauffement climatique) que c’était sous le gouvernement Jospin que le funeste projet avait été relancé. L’animateur, Pierre-Alexandre ne pouvait pas laisser passer l’occas’ : alors que j’avais fait vœu de discrétion (pas de silence, faut pas exagérer !) il me somme d’expliquer illico pourquoi nous nous entêtions à souhaiter cet aéroport ! « on a un élu parmi nous, profitons-en… ». Je ne pouvais pas me défiler… (suite…)

La gare, le maire et l ‘aéroport

mardi, décembre 1st, 2009

Inspecteur des Impôts, militant socialiste et Breton, je peux dire que des conneries, j’en ai entendues (cliquez ici pour l’original). Mais celle attribuant à une tendance mégalomaniaque la volonté de JMA que Nantes se développe ou son approbation du transfert de son aéroport (celui de Nantes, pas le sien !) à Notre Dame des Landes, c’est une synthèse (cliquez aussi) ! D’accord, il a tous les défauts du monde – un peu soupe au lait parfois ? – mais pas celui-là et je le connais. Mais il n’y a pas besoin d’être mégalo pour constater qu’une ville et les territoires qui l’entourent, c’est un peu comme un vélo : ça avance ou ça tombe.

Déjà lors du recensement de 1999, quand Nantes avait eu le ruban rouge de la progression démographique des grandes villes, des voix s’étaient élevées sur le thème : « on est bien assez gros, on n’a pas besoin de plus, restons entre nous ». Déjà, il avait fallu tordre le cou à des idées reçues : les cadres parisiens arrivant faisaient monter les prix des logements, les moins aisés saturaient le parc social et ils contribuaient tous à la saturation de la circulation. On s’est ensuite aperçu que la hausse des prix de l’immobilier était un phénomène mondial, Nantes n’ayant du qu’à son endormissement antérieur d’y avoir été moins sensible, et que cette hausse trouvait une partie de son origine dans des pratiques bancaires qui nous ont ensuite envoyés dans le mur. On s’est également avisé que l’insuffisance de production d’HLM se révélait surtout au regard de phénomènes de décohabitation massive, le nombre de logements nécessaires pour une même population ayant augmenté au-delà de toutes les prévisions. On s’est enfin convaincu que l’augmentation du nombre de voiture par foyer doublé d’un étalement urbain non maîtrisé était bien plus sûrement source de bouchons que la croissance démographique à l’intérieur du périph’ nantais.

On a également pu démontrer que plus d’habitants, c’est plus d’emplois, plus de formations disponibles localement, plus de services à la population et de solidarité mieux financés (des services publics, quoi !). On a prouvé que ce développement était facteur d’une plus grande solidité économique et de cohésion sociale. L’économiste Laurent DAVEZIES nous a notamment montré en quoi le fait de conserver des emplois industriels nombreux était une caractéristique essentielle pour l’équilibre et la durabilité de notre croissance, et, au final, pour notre qualité de vie.

Enfin, on a été regarder si les villes et les territoires qui perdaient des habitants (ou n’en gagnaient plus), dont les prix de l’immobilier baissaient ou stagnaient, dont les bailleurs sociaux cherchaient des locataires pour occuper leur parc et qui ne connaissaient pas d’embouteillages étaient heureux de leur sort. Nous avons trouvé des territoires vieillissants, déprimés, fuis par leurs jeunes et en incontestable déclin économique, social et culturel.

La pédagogie est l’art de la répétition, paraît-il. On n’a pas du assez répéter. (suite…)

Notre Dame des Landes : il nous faut cet aéroport !

mercredi, octobre 14th, 2009

Franchement, cette affaire de Notre Dame des Landes commence à m’échauffer les oreilles ! J’ai un peu l’impression d’être pris pour un gogo à qui on fait passer la défense – bien compréhensible – d’intérêts particuliers pour de l’intérêt général et je n’aime pas ça.

Imaginez qu’on ne transfère pas l’actuel aéroport Nantes Atlantique. Cela va-t-il modifier ne serait-ce que d’une unité le nombre d’avions volant autour de la planète ou juste au-dessus de nos têtes ? Evidemment pas. (suite…)