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Le foot rend fou (VI) : huit ans après…

dimanche, mars 11th, 2018

Il y a quelques années, j’avais coutume de dire que deux choses rendaient fou dans ce bas monde, la télé et le foot et que c’était pour ça que JMA m’avait confié ces deux dossiers à son cabinet !

S’agissant du foot, le débat sur le projet YelloPark ne risque pas de me faire revenir sur un diagnostic il est vrai assez banal.

Je ne sais pas trop s’il convient de s’en réjouir ou de s’en lamenter mais ce que j’avais écrit dans ce blog en juillet 2010 dans le dernier d’une série de cinq articles (Le foot rend fou ! I, II, III, IV, V) et à propos de la création d’ « A la nantaise » me paraît rester pertinent : « Ce mouvement qui traduit quelque chose de profondément sincère en dit long sur l’attachement de nombreux Nantais à ce club, à ce qu’il représente, voire incarne. Il est également un symptôme de cet immense malentendu à la base du titre de cette série : le foot est aujourd’hui un spectacle sportif à but lucratif produit par des sociétés commerciales, générant un business direct et indirect considérable, grâce à la passion que ce jeu inspire à des spectateurs et téléspectateurs qui sont à la fois clients desdites sociétés commerciales et animés par des valeurs qui sont aux antipodes de celles de l’argent-roi (…). Ce qui fait qu’à chaque fois que nous nous passionnons sincèrement pour un match, une équipe ou un club, au stade comme devant notre télé, nous entretenons ce que nous affirmons exécrer. »

Le débat sur le projet YelloPark révèle l’importance d’un aspect de cette appropriation : l’attachement au lieu, au stade, à cet endroit où l’on a vécu des émotions collectives et qui nous renvoie à un moment forcément heureux de notre existence. « Louis-Fonteneau-La Beaujoire c’est chez nous, il nous appartient », nous disent les générations nouvelles de supporters qui n’ont pas connu Marcel Saupin. L’émotion qui les saisit à l’idée de voir disparaître le stade de la soirée du titre de 2001 pour les moins jeunes ou celle de la remontée en Ligue 1 pour les plus récents est indéniable, respectable, même si elle peut paraître irrationnelle aux béotiens du foot. On n’est pas si loin de celle vécue par les habitants de tours ou de barres HLM le jour où la mise en œuvre d’un projet de renouvellement urbain vient imposer leur destruction : cela reste une forme violation de domicile et d’intimité, de destruction symbolique d’un passé que la mémoire vient sagement embellir, quel que soit par ailleurs le mal-vivre qui y était associé.

Déjà entraîneur et sélectionneur, technicien et tacticien émérite, expert en mercato, refaisant le match à l’infini comme d’autres refont le monde (ce n’est d’ailleurs pas incompatible !), voilà notre passionné devenu programmiste, économiste du foot, convaincu de l’incompétence voire de la malfaisance de tous ceux qui veulent toucher à un lieu de quasi-liturgie.

On a dit il y a quelques jours la difficulté de conduire un dialogue constructif sur la base de la négation de la compétence et de la conscience professionnelles des techniciens par les protagonistes dudit dialogue.

Il est évident que le climat actuel de profonde défiance envers les institutions et les autorités, les tendances complotistes qui émergent à tous propos viennent singulièrement compliquer la tâche de ceux qui essayent, en toute sincérité, de conduire un débat rationnel. Il est non moins clair que trop de scandales de natures diverses depuis le nuage de Tchernobyl puis l’affaire du sang contaminé dans les années 80 viennent donner crédit à ces tentations quasi-paranoïaques. Nous autres décideurs institutionnels locaux n’aurions donc qu’à nous en prendre à nous-même – ou à nos pairs fautifs – si notre parole est à ce point dévalorisée aux yeux de tant de nos concitoyens. J’en accepte l’opprobre au moins pour moi-même, même si on ne m‘empêchera pas d’y voir comme une injustice au pire, un amalgame dommageable au mieux !

Dessin de Xavier Gorce www.lemonde.fr 15-09-2016

Mais alors on fait quoi ? Plus rien ? On ne décide plus de rien, si ce n’est de ne rien faire ni changer de peur de se confronter, outre au NIMBY, mais aussi aux surprenantes solidarités qu’il peut générer ? On renonce à agir ? A créer et innover ? A permettre aux initiatives de s’épanouir ? A dialoguer ? Devrions-nous taire notre conviction que cette tentation qui est corollaire de celle de la pause et d’une forme de décroissance, porte en elle les ferments d’un déclin dont les plus fragiles d’entre nous seraient immanquablement les premières victimes ?

Revenons à YelloPark. Si le projet n’aboutissait pas, il ne se passerait apparemment rien. Enfin, pas tout de suite.

La Métropole continuerait à entretenir scrupuleusement son patrimoine, à améliorer ce qui eut l’être dans la limite d’un budget de gros entretien d’1 ou 2 millions d’Euros annuels selon les années et au grand maximum. Nous accueillerions sans doute la Coupe du Monde de Rugby en 2023 puis des matches de foot des JO de Paris 2024. Ce serait la dernière fois. Parce que nous sommes dans un environnement concurrentiel et que les prestations offertes par nos concurrents sont bien supérieures à La Beaujoire, la protection de la pluie pour tous étant le plus basique des exemples. Leurs prestations économiques aussi : les places liées à des espaces réceptifs très profitables seront au moins deux plus nombreuses ailleurs, calcul que ne manqueront pas de faire les organisateurs d’évènements.

Le FCN, privé d’un outil-stade moderne dont les intervenants au premier atelier de la concertation (ceux de la LFP notamment) ont montré le caractère économiquement indispensable pour un club de foot de Ligue 1 ayant quelque ambition, stagnerait au mieux dans sa situation actuelle, faute de capacité à passer à l’échelon budgétaire supérieur, et toujours dans un environnement concurrentiel : jouer l’immobilisme quand les concurrents investissent, c’est risqué, en foot comme dans tous les secteurs économiques…

C’est cela que nos supporters refusent de voir : « offrez-nous du (plus) beau jeu et des résultats et vous aurez plus de spectateurs, ce qui justifiera peut-être un nouveau stade » expliquent-ils en substance. Or dans le jeu de l’offre et de la demande de spectacle sportif, les choses sont un peu inverses…

La question n’est pas de faire venir ou de fidéliser plus de fans acharnés de foot : ils sont déjà là… Il s’agit de convaincre le téléspectateur de quitter la douce quiétude de son salon, où trône un écran full HD sur lequel s’épanouissent des retransmissions de qualité, pour venir au stade avec sa famille, y consommer certes 90 minutes de foot plus ou moins réussies, mais aussi bien d’autres choses qui donnent envie d’arriver 2 heures avant et pas que pour préparer le tifo ! Un stade qui soit aussi support d’activités diverses mais rentables, un lieu qui vive plus que 2 soirs par mois…et permette de dégager les moyens d’améliorer le niveau global du club et de son équipe fanion. A court terme, l’exemple du LOSC montre qu’on peut très bien se planter. Au moins ce ne serait pas, à Nantes, à la collectivité d’assumer financièrement le risque sportif après avoir assumé l’investissement. Mais sur le temps long, ce sont bien les clubs les plus stables, structurés, financièrement bien dotés et équilibrés qui sont les plus pérennes au meilleur niveau…

Le FCN a aujourd’hui un propriétaire qui a tous les défauts du monde mais qui est là depuis 10 ans et qui manifeste de l’envie d’investir encore, ce dont il a assurément les moyens… Que celui qui a un investisseur alternatif offrant autant de garantie sous la main lève le doigt ! De ce point de vue, 2018 ressemble furieusement à 2010…

Non, décidemment, dès lors qu’une rénovation lourde de la Beaujoire n’est qu’une idée agitée par des personnes n’étant en mesure ni de la décider, ni de la financer, ne pas saisir l’opportunité du projet YelloPark serait une erreur qu’on reprocherait à Johanna Rolland dans 5 ou 10 ans. Il nous permet de concilier la mise en œuvre d’une orientation de notre programme : l’affirmation du sport de haut niveau et des grands évènements sportifs internationaux comme facteur de notoriété, d’attractivité et de qualité de vie de notre métropole et le refus que l’argent public local vienne concourir à un modèle économique du foot business qui peut et doit se passer de lui.

Reste le projet urbain associé. L’équation est difficile à résoudre, les équilibres pas faciles à trouver. Les prochaines réunions de concertation seront déterminantes pour peu que chacun rentre dans le projet. Les postures de refus global et de blocage se retourneront immanquablement contre leurs auteurs car elles feront perdre un temps précieux qui doit être consacré à la construction de réponses pertinentes aux questions et inquiétudes légitimes.

Entre gens de bonne foi, mutuellement respectueux et bienveillants.

YelloPark : donner sa chance à la concertation

vendredi, mars 9th, 2018

La confrontation de projets touchant à leur cadre de vie avec nos concitoyens n’est pas un long fleuve tranquille. L’ami Alain Robert, le plus souvent en première ligne, ne me démentira pas.

Que l’on se situe dans le cadre d’une information, d’une consultation, d’une concertation ou d’une co-construction, dans l’ordre croissant du niveau de la participation proposée aux personnes concernées, l’exercice est difficile.

W.Kita et Y. Joubert, fondateurs de la société YelloPark et porteurs du projet éponyme, peu rompus ni même aculturés à l’exercice, en font actuellement l’expérience pour eux inattendue et parfois difficile. D’autant plus que, s’agissant de football, d’autres usagers sont à considérer : les spectateurs du stade, les supporters, du sage abonné aux ultras revendiqués. A la fois clients et commentateurs critiques, ils vivent le FCN comme leur appartenant (comme nous disons qu’il appartient à tous les Nantais !). Certains contestent même la légitimité du propriétaire du club à décider de sa stratégie et de son avenir, son incompétence étant un postulat affirmé d’emblée. Ils ne sont certes pas tous d’accord pour s’opposer au projet de nouveau stade. Mais l’activisme passionné de la Brigade Loire et le savoir-faire éprouvé d’A la Nantaise en communication politique créent une opposition qui n’a pas d’ambition partenariale, mais une volonté assez claire de nuire au projet et/ou à ses promoteurs.

Dessin de FRAP du 30-09-2017 paru dans Presse-Océan

Ayant eu la charge du dialogue citoyen dans le mandat précédent, j’en avais tiré quelques enseignements utiles à rappeler aujourd’hui, alors que la concertation conduite sous contrôle de la CNDP est entrée dans le vif du sujet.

Une concertation – car nous ne sommes pas, et de manière parfaitement assumée, dans le cadre d’une co-construction – peut être fructueuse pour l’intérêt général et la qualité des projets si elle respecte et fait respecter quelques principes.

Le premier est la clarté de la question posée. Il faut la rappeler sans relâche, tant les tentatives de changer de terrain sont nombreuses, et pas forcément de mauvaise foi. La concertation porte ainsi sur le projet purement privé d’un stade nouveau de 40000 places, associé à un projet urbain conséquent. Elle n’est pas et n’a jamais été – contrairement à ce qu’une lecture spécieuse du premier atelier d’approfondissement tente de laisser croire – un lieu de débat d’une l’alternative entre un projet existant et bien réel, YelloPark, et son opposé, rêvée par certains mais concrètement portée par personne, la rénovation du stade Louis Fonteneau. Les garants de la CNDP, dont la tâche est bien compliquée, scrupuleusement à l’écoute de toutes et tous, ont considéré que les porteurs du projet et Nantes Métropole devaient entendre l’expression d’autres préférences argumentées et apporter tous arguments et documents à l’appui d’une décision qui reste leur appartenir. Chacun s’est exécuté pour ce qui le concerne. C’est là que le non-respect d’un second principe de base vient compliquer les choses : la reconnaissance des compétences techniques.

Les tenants d’une rénovation de la Beaujoire (qui n’est envisagée par personne capable de la porter et de la financer, on ne le rappellera jamais assez !) s’enferment dans une posture de contestation des expertises techniques apportées au débat et tentent de s’ériger en contre-experts. Au lieu de faire valoir leur expertise d’usage du stade en tant que spectateurs ou supporters ayant une voix légitime à faire entendre pour la satisfaction de leurs besoins et aspirations de spectateurs/supporters, ils entendent convoquer porteurs, institutions et experts au tribunal de leur propre arbitrage. Passons sur la forme parfois désagréable des sommations, ils nient (ou contestent ou demandent à vérifier à tout le moins) la compétence, voire l’honnêteté des spécialistes qui se sont penchés sur le cas Beaujoire, notamment d’un cabinet nantais d’architecture pourtant réputé et dont je cherche en vain l’intérêt qu’il pourrait sérieusement avoir à bidonner son travail d’estimation du coût d’une rénovation répondant à tous les items du cahier des charges du club. Ils tentent alors de comparer des études qu’ils ne savent visiblement pas bien lire (c’est juste un métier !) ou de déduire d’éléments tronqués ou improprement confondus des arguments à l’appui de la thèse défendue. Triturer les chiffres d’une étude en mélangeant choux et carottes n’a jamais permis de conclure grand-chose de solidement étayé.

Ce comportement mène la concertation dans l’impasse.

En contestant (niant ?) pêle-mêle la légitimité du porteur et financeur du projet et la compétence des experts dont il a la sagesse de s’entourer, on se place forcément en situation de blocage en se privant de faire entendre sa voix sur le terrain où on aurait toute légitimité à intervenir : l’usage du stade, l’expérience spectateur pour reprendre les termes des commerciaux.

Cette posture, peut-être naïve mais sincère chez les uns, attachés à leur stade comme à leur propre maison, cynique chez d’autres qui font du combat « politique » contre les dirigeants actuels du FCN un fondement de leur action, a un autre inconvénient majeur : elle fait peu de cas d’autres intervenants légitimes à cette concertation, les riverains. Il peut certes y avoir convergence ou alliance objective entre  supporters excluant par principe toute démolition de l’actuelle Beaujoire et riverains refusant toute modification d’un environnement pourtant inégalement qualitatif : au patrimoine vert de grande qualité au nord de la parcelle, on opposera ce vaste parking inutilisé 14 jours sur 15 qui n’empêche pas de réelles nuisances les soirs de matches.

Mais s’il est une catégorie de citoyens ayant tout intérêt à rentrer dans le vrai sujet de la concertation, ce sont bien les riverains d’un projet urbain d’ampleur. Je ne doute pas de la capacité d’un Dominique PERRAUD de concilier qualité urbaine et de vie et mise en valeur d’un patrimoine vert préservé, avec le nombre significatif de logements projetés. Les riverains doivent être cependant entendus dans leurs inquiétudes concernant la circulation, le stationnement et le fonctionnement général d’un quartier édifié en bordure d’un stade de 40000 places.

Il faut donc souhaiter que la raison l’emporte et que la réalité (sans jeu de mots) apparaisse plus nettement à tous : dès lors que et le club, et la Métropole l’excluent pour des raisons dûment expliquées, sur la base d’études compétentes, publiques et transparentes, et à raison de leurs orientations respectives, il n’y aura pas de rénovation de l’actuel stade de la Beaujoire. Continuer à axer le débat public ou la concertation sur cette fausse alternative ne peut que gêner la prise en compte réelle des inquiétudes et questionnements légitimes des riverains et empêcher les nombreux supporters qui le souhaitent et n’osent même plus prendre la parole, d’apporter leur part d’expertise sur le stade, attendue sincèrement par les responsables du projet.

Etonnant, non ?

dimanche, décembre 19th, 2010

Table ronde aux assises de l'animation sociale et culturelle

Je voulais écrire sur les assises de l’animation sociale et culturelle et célébrer le marché de Noël de Nantes Nord. Je tenais à vous raconter la suite de « Dialogue pour tous« , avec la réponse de la ville au travail de l’atelier citoyen. C’était le moment de faire un bilan des plénières publiques des conseils de quartier nouvelle formule, avec la généralisation de la pratique du « mandat de participation » bien au-delà de tout ce que j’avais pu imaginer. J’avais aussi envie de faire partager mon espoir d’une télé locale nantaise avec un seul opérateur qui tienne debout sur le plan éditorial et tienne la route sur le plan économique. Il y avait de quoi écrire sur le Crédit municipal, sa très belle campagne d’infos au service de ceux qui ont besoin d’une banque solidaire. J’aurais aimé faire partager mon enthousiasme devant la compétence des techniciens de la SEMITAN qui inventent des organisations hyper sophistiquées pour que vos bus et vos trams ne restent pas au dépôt faute de pièces détachées ou pour que des tas de pièces inutiles n’encombrent pas nos ateliers. Il y avait matière à vous décrire comment il vaut mieux attendre un peu avant de voter le budget de la ville et de Nantes Métropole dans le brouillard financier dans lequel le gouvernement nous plonge. Il y avait incontestablement deux trois réflexions à vous livrer de la dernière session du bon Président Mareschal. Au pire et en dernier ressort, j’aurais même pu raconter ce que j’ai retenu de la désignation de la tête de liste socialiste aux élections sénatoriales de l’automne prochain, mon ami Yannick Vaugrenard, et en dévoiler au passage quelques dessous, ce qui m’aurait sûrement donné l’occasion d’enrichir mon press-book et de me faire regarder de travers par de bons amis !
Seulement voilà : on est en décembre, il fait froid, on fatigue, les journées commence très tôt devant l’ordi et se finissent très tard…devant l’ordi. (suite…)

J ‘ai pas voulu voir Budapest mais j ‘ai trop vu Paris…

dimanche, octobre 10th, 2010

Si j'ai séché la convention de Transcité de Budapest, Nantes était bien représentée au 125ème anniversaire de l'Union Internationale des Transports Publics à Bruxelles. La preuve.

Il y a un an, je vous racontais mes trois jours passés à Istanbul pour la convention annuelle de Transcité, réseau d’exploitants de transports publics. Eh bien cette année, je ne vous raconterais pas Budapest, puisque j’ai séché l’édition 2010. Non que la rencontre soit sans intérêt, mais parce qu’il faut bien faire des choix ! Il se trouve qu’un vote interne au Parti Socialiste me concernant d’assez près (euphémisme…) avait lieu à ce moment et qu’il ne m’a pas paru très courtois vis à vis de mes camarades d’aller vérifier la couleur du Danube à ce moment.

Par surcroit, même si la présidence de la TAN vous pousse naturellement à être d’humeur voyageuse, le temps que je passe dans les transports ces temps-ci finit par être conséquent. Jusqu’alors, j’ai échappé aux grosses pannes de TGV qui vous font arriver de Paris avec 5 heures de retard. Cependant, les réunions parisiennes liées aux finances communales se font nombreuses. La semaine dernière, c’était la commission des finances de l’Association des Maires de Grandes Villes de France. On vient y glaner les dernières infos concernant les (contre)réformes en cours ou plus prosaïquement les données du Projet de Loi de Finances : à quelle sauce l’Etat va-t-il nous manger cette année ? Quel mauvais coup nous prépare-t-il, et sur quels points jugés stratégiques s’accorder avec  les autres associations (Maires de France, Villes moyennes, Communauté Urbaine…) pour obtenir du gouvernement les reculs nécessaires par un lobbying bien mené ? L’emblématique président de cette commission est Jean-Claude Boulard, maire du Mans. Un des meilleurs spécialistes des finances locales et un sacré personnage. Le genre à monopoliser la parole pendant deux heures et à s’enquérir gentiment de notre éventuelle lassitude de son monologue ! Les associations d’élus de ce genre, c’est à la fois très politique (les répartitions de responsabilités sont le fruit de savants dosages) et plus du tout quand les élus de tous bords sont vent debout contre les projets gouvernementaux. A ces  moments, nous sommes censés ne plus faire que de la technique financière. Je me suis fait presque gronder par Boulard quand j’ai fait remarquer à haute voix que la fameuse réforme territoriale allait, de renoncements en reports, bientôt se réduire à la seule création du Conseiller territorial. Pas l’endroit du débat politique me fait-il comprendre ! Il y a quand même des moments où il faut dire les choses, même dans les instances où des adversaires politiques (pas directs il est vrai…) se retrouvent entre gens de bonne compagnie dans les salles de réunions de l’Assemblée Nationale ou du Sénat à essayer de sauver ce qui peut l’être de leurs budgets respectifs… (suite…)

Même plus le temps d’ écrire…

samedi, juin 5th, 2010

Voilà ce que c’est… On bosse, on saute de colloque en printemps des voisins, de réunion de cadrage budgétaire en inaugurations, de congrès de radios libres en anniversaires de jumelages et on n’a plus le temps d’écrire sur son blog ! Je collectionne les photos pour illustrer des billets et je n’écris pas les billets. « Ben alors, et ton blog ? » C’est que je me ferais presque engueuler quand le rythme des publications baisse ! D’un côté c’est flatteur, mais j’essaie de ne pas oublier que je suis un élu local et responsable politique qui tient accessoirement un blog pas un blogueur qui fait de la politique et assume ses mandats entre deux posts. Alors, plutôt que de produire les 3 ou 4 articles que je mijote sans jamais arriver à les écrire, je tente le coup du diaporama avec légendes. Évidemment, ça fait un peu « ma binette partout » mais ça donne une idée de la formidable variété de mon activité, je ne le dis pas pour me vanter mais parce que j’ai beaucoup de chance ! C’est aussi l’occasion de glisser quelques photos insolites ou dessins de FRAP. Pour lire les légendes, il faut cliquer en bas à gauche sur la petite bulle de B.D qui apparaît quand vous promenez votre souris sur l’écran. Bon visionnage !

Dialogue citoyen : benchmarking, théorie et pratique

samedi, mai 22nd, 2010

Avant de profiter du pont de l’Ascension, j’ai eu une drôle de semaine dédiée au dialogue citoyen.
Elle a commencé par une passionnante réunion de la Commission « Démocratie locale » de l’Association des Maires de Grandes Villes de France. L’occasion de s’étalonner sur une tentative commune à bien des villes sous des formes diverses, celle du tirage au sort de leurs interlocuteurs des instances de concertation et de participation. Amiens a ainsi constitué ses conseils de quartier de manière très similaire aux nôtres. Mais ils ont ajouté un « plus » : chaque habitant-e tiré-e au sort a reçu la visite d’un-e élu-e pour expliquer de quoi il s’agissait et encourager à la participation. Ils en retirent une proportion enviable d’acceptation et une participation plus durable et assidue que ce que nous constatons à Strasbourg ou à Nantes. Conclusion tirée en commun à partir de cet exemple et d’autres : nos dispositifs requièrent des moyens d’animation et une forte présence des élus comme des équipes de professionnels. La corrélation entre la dynamisme des instances et ces moyens (essentiellement du temps d’ailleurs…)est évidente. Il faudra faire des choix…

Loïc Blondiaux © RF / Igor Krtolica

Cette réunion a été l’occasion d’écouter Loïc Blondiaux, prof’ à Science-Po Paris, et membre de l’Institut de la Concertation où se fomentent nombre d’innovations dans le domaine et dont les recherches inspirent nos expériences. Toujours sur ce thème du tirage au sort, Loïc Blondiaux nous a opportunément rappelé que nous revenions là aux sources de la démocratie. Un rien provocateur, il nous a expliqué que l’élection étaient profondément anti-démocratique puisqu’elle revenait à nier que chaque citoyen a, par définition, une égale légitimité à gérer les affaires publiques. Elle est une manière de désigner une forme d’aristocratie, même si c’est sur une tout autre base que sur la naissance ! Rumeur dans la salle… En tous les cas, ce rappel aux grands anciens (la Grèce…) a eu le mérite de nous armer intellectuellement pour répondre à la question de la légitimité et de la représentativité des membres de nos conseils ou ateliers ! Ce qui compte c’est la diversité.

Revigoré par ces stimulants échanges, je suis sorti de l’Assemblée Nationale où avait lieu la réunion pour tomber nez à nez avec une manif’ d’opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes, montés à Paris pour la journée ! Oups ! Choisissant de me faire discret, j’ai changé de trottoir en regardant mes godasses l’air pressé et affairé. Pas de bol : s’étant mis discrètement à l’écart pour passer un coup de fil, un manifestant me reconnaît et me salue à haute voix ! Raté !

Au moins cet échange de politesse a-t-il été courtois, cordial et souriant.

Ce n’était plus la même ambiance deux jours plus tard au Centre Social du Bout des Landes… Au menu une réunion publique destinée à informer les riverains du chantier du nouvel immeuble du Conseil général des conditions de réalisation de ce chantier. Le long du boulevard Cassin et de la rue de Douarnenez, l’immeuble est intégré dans le projet urbain global du quartier, référencé à l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine sous l’appellation Bout des Landes-Bruyères. Je savais qu’un habitant avait décidé mobiliser contre ce projet et qu’il avait commencé à alerter voisins et médias. Son double leitmotiv : on ne savait rien et on ne veut pas qu’on touche aux arbres.

Tout notre travail autour du dialogue citoyen repose autour de l’idée d’associer efficacement expertises politique, technique et d’usage pour prendre les meilleures décisions possibles. Notre tâche a été jusqu’ici de convaincre détenteurs de la légitimité politique et de la compétence technique que prendre le temps d’associer l’expertise d’usage, celle des habitants, était une chance plus qu’une contrainte.
Nous nous sommes trouvés ce soir là devant un renversement de perspective : des habitants niant farouchement toute compétence aux techniciens comme aux élus. Notre volonté politique : du pipeau. La parole compétente et pédagogue des urbanistes et architectes : du vent. Nos arguments : des mensonges. Nos démonstrations : autant de manipulations. Avec en toile de fond une certitude : élus et techniciens étaient ligués contre les habitants pour leur imposer des choses non seulement contre leur gré mais dans le but de leur nuire, au plus grand bénéfice des bétonneurs.

En perspective vu du boulevard Cassin

De quoi s’agit-il : le Conseil général va regrouper à cet endroit accessible et commode pour les usagers, deux anciens Centre médico-sociaux et les services actuellement excentrés dans le parc de bureau de la Rivière. Outre une meilleure accessibilité pour les familles, notamment les bénéficiaires du RSA, la construction de ce petit bâtiment de 4 étages, labellisé Bâtiment Basse Consommation, permettra au Conseil général d’économiser des dizaines de milliers d’Euro de loyer. Plus éloigné de chacun des immeubles existants que ces immeubles entre eux, encore moins impactant pour le cadre de vie que les immeuble de logements en cours de construction quelques centaines de mètre plus loin, ce nouveau bâtiment s’intègre dans un projet urbain (cliquez ici pour accéder à toute la présentation : Le projet ANRU Bout des Landes Bruyères) dont la première caractéristique est de conforter et de sauvegarder le patrimoine vert du secteur. Il y aura plus d’arbres après qu’avant, des liaisons piétonnes plus agréables et sûres, et l’espace boisé sera bien mieux valorisé. Comme l’expliquait l’architecte du projet, tout a été imaginé en lien avec un groupe d’habitants volontaires sur la base d’observations de terrain, issues de la vie quotidiennes, depuis 5 ans. L’Office National des Forêts est garant du patrimoine végétal et a géolocalisé chaque arbre, en tirant un diagnostic précis et prospectif pour chaque sujet. Nous en étions à la 5ème réunion publique, à la parution du 5ème exemplaire du journal du projet systématiquement diffusé dans toutes les boîtes aux lettres, sans parler de la consultation des locataires concernés par la réhabilitation lourde de leur immeuble, ou du travail de relogement au cas par cas conduit pour le relogement des familles du quartier des Bruyères, ou des expositions, ou des enquêtes publiques… Bref, nous nous pensions à l’abri d’un bon paquet de reproches possibles, l’architecte de l’immeuble étant l’agence TOPOS qui a déjà réalisé le multi accueil juste en face !

Eh bien, j’en ai vu des réunions publiques difficiles, voire carrément houleuses. Mais c’est la première fois que je vois le leader de la contestation s’installer face à la salle sous l’écran projetant plans et images de synthèse, menant par moment sa propre réunion en même temps que nous, la nôtre ! La première fois que je vois un porte-parole sortir fumer son clope au milieu d’une présentation du projet qu’il entend contester, ou l’interrompant à tout instant en agitant sous le nez de l’architecte un plan compris à l’envers comme preuve contraire de ce qu’il décrivait en réalité. Sportif !

Il a fallu que je me fâche deux ou trois fois  pour obtenir le respect au moins pour les professionnels qui étaient là, pour les autres habitants participants à la réunion ou voire même pour moi. A un moment, une dame m’a demandé si l’édification de cet immeuble n’allait pas provoquer une augmentation de sa Taxe d’Habitation. Au moins était-ce une question précise, à laquelle je pensais pouvoir apporter une réponse facile : bien sûr que non, cela n’allait avoir aucune espèce d’incidence. Notre leader de la contestation intervint alors et dit à la dame : « Ne les écoutez pas, de toutes façons, ils n’y connaissent rien ! ». Je lui ai expliqué alors qu’inspecteur des Impôts de métier je devais pouvoir être jugé crédible dans ma réponse. « C’est ceux qui fraudent le plus » conclut-il en faisant de la main le geste explicite qu’on fait pour accuser quelqu’un de s’en mettre plein les poches.

Quel dialogue engager dans ces conditions ?

Ce qui est certain, c’est qu’au-delà du comportement de leur leader autoproclamé, des habitants étaient totalement sincères en jurant qu’ils n’avaient jamais entendu parler de rien. Et de fait, comme cette partie du quartier verra s’améliorer ses espaces publics, que des constructions nouvelles viendront le modifier en bordures, mais sans que les logements existants soient concernés à titre individuels, ils ont pu n’être touchés par aucune communication, aussi soignée et massive que puisse être celle qui a été organisée. Je suis chaque fois étonné, mais il faut le prendre en compte, de constater à quel point nos concitoyens peuvent vivre à l’écart de toute information, inaccessibles aux messages institutionnels, ne réagissant qu’à la pose d’un panneau de chantier de 4 mètres sur trois devant leur fenêtre ou à une visite. On en revient à mon observation sur le boulot de nos amis Amiénois : le porte à porte, le contact direct individualisé devient le seul moyen vraiment fiable de faire passer une info, une conviction ou un projet. Même le tract ajouté à une quittance de loyer ou à une facture de restaurant scolaire peut ne pas être lu et son destinataire jurer en toute bonne fois qu’il n’a jamais eu connaissance des infos qu’il contient. En fait, beaucoup de gens ne se placent en situation de recevoir l’information qu’au moment où il sentent un enjeu pour eux-mêmes : à ce moment, la plus discrète des affichettes est repérée ! A méditer pour l’avenir.
En fait, une chose m’a vraiment embêté dans l’expression de ce qui est une inquiétude réelle qui saisit les gens dès qu’on se propose de modifier un tant soit peu le cadre de vie auquel ils sont habitués (« on sait ce qu’on perd mais pas ce qu’on gagne ») et qui les font se raccrocher qui à la défense des arbres, qui à la dénonciation des promoteurs et du béton pour justifier leur demande que rien ne change. Ce sont les commentaires défavorables sur la mosquée, sous couvert de questions de stationnement qui apparaissaient nettement comme des prétextes. La peur de l’autre et le rejet de la différence accompagnent souvent l’expression des conservatismes et des replis sur soi. Pour y répondre, l’élu responsable, les techniciens qui l’accompagnent, ont grosso modo le choix entre, la pédagogie et la démagogie. Mention reconnaissante, donc, au spécialiste et pédagogue de l’Office National des Forêt qui a instauré un silence respectueux (que ne l’ai-je fait intervenir plus vite !) en expliquant ce qu’il faisait là et en quoi l’accusation de porter atteinte aux arbres n’avait pas lieu d’être dans ce projet. Mention également reconnaissante à mes collègues élues, Florence Février et Myriam Naël qui m’ont très solidairement aidé à faire face et ont tenté de remettre un peu de rationalité dans les échanges. Un démagogue s’est bien manifesté, mais c’est à ses risques et périls. L’effet boomerang, on appelle ça…

Ce qu ‘il faut penser de…: Le dialogue citoyen à Nantes

jeudi, avril 29th, 2010

C’est une vieille blague entre Dominique LUNEAU, patron de l’agence API et votre serviteur. Aux tous débuts de Télénantes, dont il a été le premier directeur, je lui avais proposé une émission propre à l’aider à atteindre au meilleur prix, les objectifs ambitieux de « production fraîche » imposés à la nouvelle télé nantaise par son contrat avec le CSA. J’en étais le producteur et l’animateur bénévole, ça s’appelait « Ce qu’il faut penser de… » et ça consistait à ce que je discoure en plan fixe pendant 26 ou 52 minutes sur un sujet donné. L’horreur ! Eh bien figurez-vous que Walter Bonomo, animateur de TV Rezé, à qui rien ne fait peur, a quasiment réalisé un pilote ! Il se trouve que j’étais invité le 26 mars dernier par Gaetan Bourdin, Directeur des Badauds associés, à plancher devant les participants aux Rencontres du Grand Ouest de l’Intelligence Territoriale (programme complet en cliquant ici : programme_ITGO_2010_fr). Walter, également intervenant, était chargé d’assurer la captation des débats et leur retransmission en direct sur la toile. Pour tout vous dire, j’étais arrivé un peu les mains dans les poches, persuadé que j’aurais à participer à une table ronde où les questions de l’animateur et le débat avec les autres participants me permettaient de parler de la nouvelle étape du dialogue citoyen à Nantes, et notamment des Conseils de quartier, sans trop de risque malgré le manque de préparation. En fait, il s’agissait d’une intervention… Heureusement qu’il y avait un peu de retard dans le planning : arrivé pour une fois l’heure, j’ai eu le temps de jeter un vague plan sur un papier et je me suis jeté à l’eau. Walter à tout filmé, et il m’a donné le code qui me permet de vous faire partager la chose. Pas de doute : le plan fixe, ça ne pardonne pas grand-chose et notamment l’idée bizarre que j’ai eu à un moment de me mettre à arpéger de la main droite comme si j’avais ma guitare entre les mains ! Mais bon ! J’ai quand même à peu près réussi à résumer notre état d’esprit sur le sujet donné. Si je ne me fais pas de compliment, qui le fera ?


Atelier 1 – Dialogue Citoyen
envoyé par tvreze. – Vidéos des dernières découvertes technologiques.

Budget 2010 de la Ville : adopté !

vendredi, février 5th, 2010

Faire partager l’intérêt d’un débat budgétaire local n’est pas facile. Le vote du budget est reconnu par tous comme l’acte majeur d’un conseil municipal. Le vote émis par chaque élu(e) le(la) classera dans la majorité ou dans l’opposition. Et pourtant, il est bien difficile d’y intéresser les gens au-delà de la question des impôts. Mon copain et homologue herblinois Bertrand AFFILE s’est fait charrier avec une réunion de quartier fréquentée par un habitant et un seul. J’avais bien eu l’idée de filmer mon intervention au conseil municipal et de la monter en plusieurs vidéos pour ce blog avec des éléments du Power Point qui me sert de support. Mais cela posait un problème de principe (ce blog n’est pas là pour faire de la communication institutionnelle) et je n’étais pas sûr de la digestibilité de la chose, même en plusieurs parties indépendantes  ! Mais je ne renonce pas à inventer quelque chose àl’avenir. Ne serait-ce que parce que la politique financière n’a aucune raison de s’exonérer des « bonnes pratiques » fixées par la Charte nantaise du Dialogue citoyen que nous avons adoptée également le 29 janvier (on y reviendra sur ce blog). Mais pour l’instant, je me contente de ces liens vers le site de la ville où vous trouverez en documents téléchargeables l’intégrale de la présentation budgétaire et du Powerpoint associé. Ce n’est pas aussi rébarbatif que vous pouvez le craindre !

Pour tout savoir sur le budget 2010 cliquez ici !

Comment vont les fourmis ? sur JET FM

vendredi, décembre 18th, 2009
Ambiance Noël au Café du gaz avec Pascal Massiot aux commandes de l'émission

Ambiance Noël au Café du gaz avec Pascal Massiot aux commandes de l'émission. Photo Loïc qui passait par là.

Ce midi, je faisais partie des invités de « Comment vont les fourmis ?« , l’émission mensuelle consacrée à l’économie sociale et solidaire par JET FM en direct du Café du gaz. Je l’ai dit dès le début de mon interview, je suis super fier de causer sur JET parce que j’ai été un peu pour quelque chose, dans une vie antérieure,  dans l’essor de cette radio née dans le quartier de la Bernardière à St HERBLAIN. Quand je vois le nombre de ceux qui sont passés par JET qui animent aujourd’hui ces médias associatifs nantais ou ces entreprises de production ou de communication qui sont si importants pour Nantes , je me dis que j’ai eu rudement raison ! Au menu de cette émission qui sera rediffusée lundi midi et qu’on pourra podcaster bientôt, l’Autre marché de Noël qui se tient square Jean-Baptiste DAVIAIS.

Faut y aller !

Combien ça fait 3 fois 18 ?

dimanche, décembre 13th, 2009

P1020535Grand moment de solitude lors de la soirée d’accueil des nouveaux Conseillers de quartier par le Maire himself. J’ai décidé de parler sans note, juste avec le Power Point comme support. Jusqu’ici, j’ai bien bafouillé une ou deux fois en cherchant un p… de mot qui ne venait pas, mais ça roule. Je suis un poil trop long par rapport au conducteur mais apparemment, l’auditoire n’en a pas trop marre encore. Je suis hyper concentré, nez dans le guidon, tendu comme une arbalète (ou comme un string variante moderne apprise d’une copine). Il y a 500 personnes devant moi qui attendent de bien comprendre dans quoi elles se sont embarquées et c’est moi qui doit expliquer. En plus, Il y a le grand chef qui me regarde sur le côté pour être sûr qu’il a bien compris dans quoi je l’embarque lui aussi. Et puis mes collègues adjoints de quartier et les chargés de quartier qui ont un peu le vertige en songeant au boulot que notre belle invention va leur donner. Mais, bon, ça ne se passe pas mal. Et puis voilà que je me lance à l’improviste, par la faute à une association d’idée, dans une digression d’explication de la raison qui fait que les conseils de quartier n’ont pas tous le même nombre de membre. C’est simple, je dis, il ya trois collèges équivalents et un nombre de conseillers de quartier différent selon la population du quartier. Dans les moins peuplés trois collèges de 12 font 36 conseillers. D’autres font 3 fois 15, soit 45. D’autres, au nombre d’habitants les plus importants, 3 fois 18 soit…. Le blanc. Le trou. Combien ça fait 3 fois 18 ? Je ne sais plus.

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Pourquoi j’ai l’impression que le sol se dérobe sous mes pieds ? C’est quoi ce frisson glacé ? Je bafouille, m’excuse… Cherche du secours… Au premier rang, on tente de me souffler. J’entends mal… Je lâche : « 64 ». Poilade générale et méritée. Je reconnecte enfin. 54, oui, c’est bien 54 que font 3 fois 18 ! Je fais bonne figure en rigolant aussi (je vais pas m’effondrer en sanglots, hein ?). Je me tourne machinalement vers le Maire pour voir si du soutien, du réconfort, de la compassion ou de la solidarité sont disponibles de ce côté-là. Hilare, il a déjà empoigné son micro : « …et je vous rappelle que je lui ai confié les finances de la ville… ».
Merci Patron !
Tout le monde semble d’accord : c’était une très bonne soirée !
Y a plus qu’à…