Archive for avril, 2017

Sois sage, ô ma colère…

jeudi, avril 27th, 2017

Décidément, ils osent tout les Camarades ! Torquemada de pacotille, Fouquier-Tinville d’opérette, ils excommunient, ils sentencent, ils décrètent, ils assènent…

Flirtant une fois de plus avec la politique du pire, flattant la tentation de la part d’électorat de Mélenchon qui croit pouvoir constater des convergences entre son programme et celui de le Pen, oubliant allègrement que la présence de l’extrême droite au second tour reste bien la tache sur la République dénoncée par Yannick Vaugrenard, voilà que la priorité de certains est de présenter Macron comme un homme de droite. Ainsi donc, il leur serait aussi difficile de voter Macron que de voter Fillon contre Le Pen, parce que leurs lignes ou leurs programmes seraient équivalents en nature si ce n’est en degré (à moins que ce ne soit l’inverse) ! Il ne s’y résoudraient qu’avec difficulté. Jamais la honte ne les atteint ! Jamais aucune caricature ne les rebute.

dessin de Xavier Gorce – www.lemonde.fr – 25-04-017

Je les ai souvent appelés les Mélenchonistes de l’intérieur. Je ne croyais pas si bien dire. A quoi a abouti la mise en œuvre de leur stratégie, celle qui devait nous sauver de la « catastrophe de ce quinquennat », qui devait rendre cette élection gagnable ? A la fuite des électeurs socialistes, qui vers le social-libéralisme assumé d’un Macron, qui vers l’original dont ils sont la (pâle) copie, le populisme autoritaire d’un Mélenchon. On vilipende le vote utile en inventant la candidature inutile, celle qui ne s’est maintenue que pour sauver in extremis le P.S de la faillite financière. A croire que contrairement à ce que leur maintien dans le P.S pouvait laisser espérer lorsque Mélenchon a fichu le camp, la défaite de tout ce qui ressemble à de la social-démocratie reste le fondement premier de leur engagement, la dominante de leur ADN politique. Troskiste un jour, trotskiste toujours…

Oui je suis en colère. Grand naïf que je reste, j’imaginais qu’on pourrait faire entendre que la défaite historique de dimanche dernier était celle de Benoît Hamon et de ses potes, bien plus que celle du P.S tout entier. Parce que ce parti bien malade, qui est arrivé au bout de son cycle dit d’Epinay, qui doit inéluctablement se refonder pour renaître une fois de plus de ses cendres, nous en avons besoin. Nous, la gauche qui veut gouverner. Nous, le peuple qui ne se résigne pas à subir, ou à s’épuiser dans des « luttes » vaines tant qu’elles ne trouvent pas de débouché politique. Le P.S, sous une forme ou une autre, reste la seule force centrale capable de coaliser les forces et mouvances politiques sur sa droite, comme sur sa gauche pour porter au pouvoir les valeurs d’égalité, de libertés, de justice sociale, de solidarité, de coopération et d’écologie qui s’opposeront toujours à celle de la droite.

Mais non ! Benoît Hamon était bien le candidat du Parti Socialiste (c’est écrit dans les statuts, et les statuts, c’est sacré !) et l’opprobre qui le submerge rejaillit sur chacun d’entre nous, sans espoir d’y échapper. Alors, je le dis clairement, ce n’est pas dans le positionnement droitier de Manuel Valls qu’on me retrouvera. Ni Valls, ni Hamon ! Parce que dans les deux cas, on s’éloigne de cette position centrale à gauche qui seule peut éviter les effets centrifuges, là où nous avons besoin impérieux de force centripète. (suite…)

Fin de campagne

vendredi, avril 21st, 2017

C’était il y a 15 ans aujourd’hui. L’impensable se produisait. Par le croisement de courbes que le simple rappel des marges d’erreur des sondages auraient du révéler comme possible, si on avait su mieux les lire. « Comme un coup de tonnerre » dira Lionel Jospin. devant des millions de gens en pleurs ou pas loin.

Je crois que c’est depuis cette date que je me bats pour que chaque scrutin soit utilisé « conformément à son objet » dans le cadre des institutions en vigueur et non d’autres que je pourrais souhaiter. Donc, à toutes celles et tous ceux qui, lors de mes permanences ou dans la rue, m’ont fait part de leur perplexité et sont parfois allés jusqu’à me demander une recommandation de vote, je veux d’abord dire de ne pas se tromper d’élection. Il s’agit de choisir un président ou une présidente de la Vème république française. Rien d’autre. Mais rien de moins.

Le premier tour, ce dimanche, servira à dire qui sera au second, en finale… Donc il faut aller voter. Même si vous en avez marre. Vous pensez que cela ne changera rien à votre existence, à vos difficultés ? Aucun candidat ne trouve grâce à vos yeux ? Comment ne pas vous comprendre ? Vous n’en êtes pas moins titulaire exclusif de cette fraction de millionième de responsabilité de la manière dont la France va être gouvernée pour les 5 prochaines années. Utilisez-là, je vous en conjure !

Nous allons donc collectivement éliminer dimanche neuf candidats et candidates. La règle ne permet à chacun de nous que de sélectionner un bulletin et un seul.

Ce bulletin ne peut pas être celui de la fille Le Pen. Elle et ses sbires ne sont pas des patriotes mais des volontaires pour se coucher devant des puissants genre Poutine ou Bachar El Assad, après Pinochet, Videla ou Sadam Hussein, après Franco ou les généraux putschistes d’Alger, après Hitler ou Mussolini que leurs prédécesseurs ont adorés. C’est terrible les filiations. L’ADN se transmet en politique comme en génétique humaine. Je peux toujours porter une moumoute, je serai chauve dessous comme mes ancêtres… Qui cela pourrait-il tromper ? Quant à son programme, sa mise en œuvre serait évidemment catastrophique. Je peux partager les déceptions ou les dégoûts. Comprendre les colères et l’envie de renverser la table. Soutenir l’aspiration à la tranquillité et à la sûreté, droit républicain fondamental. Mais la division, la fragmentation, l’exclusion, la haine, et donc la violence, ne régleront jamais rien. Ils créeront toujours plus de désordre.

Dessin de Xavier Gorce – www.lemonde.fr – 18-04-2017

Le bulletin ne peut pas être non plus celui du héraut de la France dite insoumise. Je ne le confonds aucunement avec la précédente. Mais ils sont hélas deux points communs : d’abord une tentation autoritaire dans la conduite des affaires publiques comme dans celles des rapports sociaux. Ni avec les mêmes objectifs, ni au profit des mêmes catégories. Mais cette mise en tension ne nous aiderait pas à répondre aux enjeux auxquels nous sommes confrontés. Ensuite, leur rapport à la construction européenne n’est pas le mien, même si c’est, là encore, sur des valeurs bien distinctes. J’avais voté OUI au Traité Constitutionnel Européen en 2005, craignant une panne du projet européen en cas de rejet. Avais-je vraiment tort ? Le Traité de Lisbonne a techniquement repris pour partie ce qui avait été rejeté. Mais la panne de la construction politique et citoyenne, elle est là et toujours là. Le plan B n’existait pas. Il n’y a pas d’avenir pour notre pays et pour notre modèle social hors du projet européen et il n’y a pas de progrès du projet européen possible hors d’une démarche de compromis successifs. Les ultimatums, même français ne mènent à rien. La sortie des traités européens et de l’Euro serait une régression terrible que nous payerions au prix fort. Sans qu’il soit besoin de dire que je ne crois pas une seconde aux programmes d’économie administrée reposant sur un repli protectionniste quels qu’en soient les formes, je vous exhorte à ne pas voter Mélenchon. C’est une tromperie. Un mirage. Ou son hologramme. (suite…)

Où étiez-vous donc, M. le 1er adjoint ? A la Grillonnais, Mme le Maire !

lundi, avril 3rd, 2017

Comme dirait quelqu’un que j’aime bien : « la parole donnée, cela compte pour moi».

C’est donc l’histoire d’une promesse, celle faite à des jeunes en situation de handicap rencontrés à la cérémonie des vœux de l’Association des Paralysées de France…en janvier 2016. C’était mon problème. La promesse n’était plus de toute première fraîcheur… J’avais donc fixé la date de la visite promise à l’IEM-FP de la Grillonnais (Institut d’Education Motrice et de Formation Professionnelle)…juste avant la cérémonie de vœux 2017, histoire de pouvoir y assister sans trop de « h’chouma » pour reprendre le mot au sens si subtil appris de Djamel Debbouze.

Sauf qu’entre temps et un premier report plus tard, il a plu à la personne que j’aime bien de modifier un poil le calendrier du Conseil municipal… Et voilà ma promesse qui tombe plein conseil, après que j’ai séché le conseil métropolitain pour cause de (petites) vacances.

Au risque de fâcher la personne que j’aime bien, que c’est quand même la patronne (un premier adjoint, c’est fait pour être assis à sa droite pendant le conseil municipal pas pour aller folâtrer à Basse-Goulaine !), j’ai donc décidé d’honorer quand même ma promesse.

J’avoue que je ne regrette pas ! La Directrice du lieu, Mme Sophie Recoquillé, a juste un peu aidé Maxence (le président) Ewen, Olivier et les autres élu-e-s des usagers, à me faire visiter ateliers et lieux de vie où ils se construisent un avenir d’autonomie, un projet de vie globale, avec autant de détermination que de pragmatisme, devant la (dure) réalité de leur handicap. Qu’ils soient ici remerciés de la qualité de leur accueil et de leurs explications. Mais aussi de leur franchise.

C’est en effet ma casquette de président de la SEMITAN qu’ils m’ont vissée sur la tête pour, après la visite, rejoindre Alain VEY, maire de Basse-Goulaine pour une revue de ce qui ne va pas sur notre réseau de transport. Ils avaient pris des photos de la rampe du Busway trop raide pour le fauteuil électrique, du trottoir trop étroit pour manœuvrer ledit fauteuil, du trottoir non bitumé à l’arrêt de bus…

J’ai pu constater qu’en dehors des aspects spécifiques à leur condition d’usagers en situation de handicap, leurs doléances sont aussi celles de tous les jeunes, leur exigence de qualité service et de relation avec les conducteurs très similaires à celle de l’ensemble de notre clientèle.

Nous allons donc faire étudier la liste qu’ils m’ont remise. Nous ne pourrons peut-être pas tout faire exactement comme ils le souhaitent mais nous ferons le maximum et nous expliquerons le reste aussi franchement et respectueusement qu’ils m’ont interpellé. L’ami Jean-Pierre Chambon, qui est un banc d’essai de l’accessibilité de nos transports publics à lui tout seul, n’a rien à craindre, la relève est là !

Il y a un aspect que je n’ai pas abordé avec eux, parce qu’ils n’y peuvent rien. C’est celui du choix de localisation de tels établissements. Je me doute que le foncier nécessaire à un projet de cet ampleur, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval dans une métropole comme la nôtre. La tentation de s’installer là où une opportunité adaptée au projet développé se présente est grande. La qualité du site de la Grillonnais est remarquable. Un outil magnifique au service de ses jeunes usagers. Mais il est clair qu’aujourd’hui, il faut s’efforcer de positionner ces établissements le long des axes structurants de transports 100% accessibles comme les espaces publics qui les bordent. Le centre de la Tourmaline situé le long de la Ligne 3 du tram est un bon exemple en la matière. Car il sera toujours plus difficile d’adapter a posteriori un espace public de zone pavillonnaire, ou de centre bourg, peu dense, excentré, avec des transports collectif aux performances forcément plus modestes à tous points de vue. En attendant, on va essayer d’améliorer celles des lignes qui desservent le lieu où Olivier, Ewen, Maxence et les autres ont besoin d’un coup de main pour vivre leur vie, comme tout le monde. L’inclusion, ils disent à l’A.P.F.