Archive for décembre, 2016

Pas plus avancés…

vendredi, décembre 2nd, 2016

De quel problème le renoncement de François Hollande est-il la solution ? De son problème à lui : ne pas risquer une humiliation annoncée à une primaire d’abord ou, si cette étape était franchie malgré tout, à l’élection présidentielle ensuite. Notre problème à nous reste entier : nous en avons plusieurs en trop. Un paquet, même… Et son renoncement n’en résout aucun.

Parfait dessin-édito de FRAP du 2-12-2016 http://frap-dessins.blogspot.fr/

Parfait dessin-édito de FRAP du 2-12-2016
http://frap-dessins.blogspot.fr/

J’avais usé de mon droit de garder le silence après la parution de ce bouquin catastrophe, sorte de suicide politique (au moins n’a-t-il agressé personne sexuellement…), symptôme ultime du syndrome Hollande parfaitement décrit par Stéphane Rozès et que j’avais relevé dans un précédent billet : un refus obstiné de prendre en compte la dimension symbolique de la fonction présidentielle, cette relation si particulière qui lie le chef de l’État à ses concitoyens en France et qui échappe aux logiques économiques et sociales. C’est cela, bien plus qu’un bilan très honorable, qui aura contraint mon favori à renoncer. Je ne reviens pas sur la manière dont il a puissamment été aidé par les uns ou les autres dans une stratégie d’empêchement finalement efficace. Le devoir de se représenter dont je le chargeais s’est mué en devoir de ne pas ajouter à la dispersion de la gauche, dès lors qu’il n’était plus en mesure de la rassembler. Quel dommage d’avoir accepté de jouer le jeu de la primaire contre toute logique institutionnelle et de se trouver coincé par cet engagement hâtif !

Mais tristesse et regrets n’y changeront rien : même dans un monde politique sans repère ni lisibilité, ce qui permet d’échafauder les scenarii les plus tordus avec une chance qu’ils se réalisent, l’élection se fera sans le sortant.

Grâce rendue au panache et au sens de l’intérêt supérieur de la nation de mon Président, je me tourne donc vers les postulants déclarés ou supposés. Puisque sa lucidité est unanimement saluée, qui sera le prochain lucide à considérer que, n’ayant aucune chance d’être élu ni en janvier ni en mai, son devoir est de renoncer, s’attirant ainsi respect et considération mérités. J’ai essayé une fois… Ça marche pas mal ! Je l’ai suggéré à Benoit Hamon (c’est lui qui m’est tombé le premier sous le tweet, ç’aurait pu être dame Lieneman ou sieur Filoche). Qu’avais-je fait là ? Et pourtant, qui peut sérieusement croire, plus que pour Hollande, que Benoit a une chance de faire autre chose que de la figuration à la primaire. Qui peut croire qu’ayant miraculeusement franchi cette étape, il serait élu à l’Elysée ? Eh bien, je me suis fait agonir par ses partisans. La lucidité est visiblement la qualité dont les autres doivent s’armer. Ou alors elle est tellement bien partagée entre tous que plus personne n’en a suffisamment ! Ou les petits calculs, plans foireux tirés sur d’incertaines comètes à plusieurs coups d’avance, histoire de monnayer au mieux son petit pécule électoral, continuent de dominer la réflexion des écuries les plus modestes.

Car les raisons qui me faisaient appeler de mes vœux irréalistes l’impossible candidature de notre Président ( tout le monde l’aime depuis hier soir) sont toujours là. Un camarade de section faisait remarquer que l’espace politique laissé vide par le renoncement hollandien était conséquent : de Macron à Mélenchon. Bien vu ! C’est effectivement François Hollande qui « couvrait » ce large spectre par lui-même ou sa capacité à rassembler. A ceux qui ont efficacement aidé à son empêchement et qui vont concourir dans et hors de la primaire de le remplir. Par un projet, par une incarnation « présidentielle » de ce projet, et par un début de dynamique centripète de rassemblement. J’attends.

Trêve des confiseurs déduite, z’avez 5 semaines !