Lâche pas l’affaire, Pépère ! (I)

Dessin prémonitoire de FRAP en avril 2011. Bis repetita ?

Dessin prémonitoire de FRAP en avril 2011. Bis repetita ?

Evidemment, « Tonton, laisse pas béton », c’était plus classe et plus respectueux. Mais l’essentiel était que la rime ne fût pas trop pauvre… Pas plus que ton bilan, riront les affreux de tous poils qui se délectent de cette perche tendue, aucune facilité ne les rebutant. Je te les sers donc moi-même avec assez de verve, etc. etc.
Trêve de plaisanterie, l’élection du printemps s’annonce pénible pour nous autres qui souhaitons vraiment que la gauche gouverne plus de 5 ans consécutifs. Nous pensons vraiment que cela vaudrait mieux pour tout le monde et notamment pour ceux qui sont vraiment les victimes du système inégalitaire qui domine le monde sans partage, depuis que les alternatives dirigistes se sont effondrées sur elles-mêmes. Cet échec-là ne peut décemment t’être imputé.
Pour le reste, l’heure est à l’inventaire. Les succès et progrès n’intéressant pas grand monde (comme si c’était facile !), j’avoue que tout ne m’a pas convenu dans ce quinquennat. Accessoirement, ta manie de jeter ceux dont la loyauté est inexpugnable au profit de ceux à qui, passé le bout de la rue, il vaut mieux demander de marcher devant soi. La baffe Macron, tu l’as un peu cherchée ! Même Manuel : dès 2007, il faisait l’impasse sur 2012 persuadé que 10 ans de Sarko étaient inéluctables ! Sa candidature à la primaire relevait de la même logique que celle aujourd’hui des Benoît H ou Arnaud M (mon clavier est allergique au patronyme des renégats) avec qui il a organisé son arrivée à Matignon : on parie sur la défaite et on se place pour le coup d’après. Où et quand s’arrêtera sa loyauté ? Ayrault « n’imprimait pas ». Il t’en a fallu du temps pour t’apercevoir que ce n’était pas une bête de médias : 15 ans voisins à l’Assemblée pour ne pas faire la différence entre un « faiseux » et un « diseux » ! Macron « imprime », lui, c’est vrai… Valls aussi d’ailleurs : le seul type qui réussit à mettre des centaines de milliers de gens de gauche dans la rue contre une loi (finalement) de progrès social, avec des dégâts politiques considérables ! Sur le coup, heureusement que Laurent Berger et la C.F.D.T étaient là, mais ils peuvent t’en vouloir (ils t’en veulent d’ailleurs !)… Quel benêt ce JMA : faire passer une réforme des retraites pérennisant notre système par répartition sans un pet de travers, obtenir un accord interprofessionnel sans drame, a-t-on idée ?!


Pour le reste, tes contempteurs « de gauche » tiennent le haut du pavé, pas la peine d’en rajouter sur le passif ! On essaiera de faire entendre l’actif… Juste que tu as eu tort de ne pas dire aux gens l’état des finances du pays à ton arrivée et de t’en remettre à la croissance-providence qui devait revenir mais qui n’est pas revenue. Cela aurait permis de dire la vérité sur l’ampleur de l’effort à demander les 2 premières années : il a été justement réparti, c’est incontestable, mais personne n’en a été exempté, ce que tu as essayé de dissimuler. Tu avais fondé ta candidature sur la réforme fiscale, histoire de permettre de retrouver un sens au libre consentement à l’impôt. Que n’as-tu plus écouté ton Premier ministre que la Bercysphère ? Sans fusion IR/CSG, on reste au milieu du gué…

Tu aurais aussi dû plus écouter Stéphane Rozès dans ses analyses sur ce qu’est la fonction présidentielle en France. Etre Président, ce n’est pas seulement démontrer à chaque intervention qu’on pourrait aisément être ministre de tout, tant on maitrise les dossiers. Je reconnais que le quinquennat et le calendrier inversé sous Jospin n’y aident pas.
Enfin, ce qui est fait est fait. Evidemment, les trams en retard intéresseront toujours plus que 56 engagements tenus sur 60…

Je reste stupéfait devant la légèreté de certaines critiques qui font allègrement l’impasse sur ce qui s’est produit depuis 2012 créant un contexte tout à fait exceptionnel : un cinglé (même pas malade disent les psy) fonce dans la foule avec un camion massacrant plus de 80 personnes, après Paris et St Denis, après le Bataclan, après Charlie, et on vient te couvrir d’opprobre parce que tu prolonges l’état d’urgence et prend des mesures de protection des populations ! Comment ne pas te donner acte du fait que ta présence à l’Elysée est aujourd’hui le seul vrai rempart contre les dérives sécuritaires et les atteintes aux droits fondamentaux garantis par notre démocratie et notre république ? Sauf à ce qu’on me dise que Benoît H. ou Arnaud M. ont la moindre chance de te succéder en mai prochain, voilà au moins une très bonne raison de te garder où tu es, l’histoire de la déchéance de nationalité étant heureusement enterrée. Un genre de repentir serait peut-être utile à cet égard, même si tu étais plus en phase avec l’opinion que nos amis, camarades et moi-même…

(à suivre)

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One Response to “Lâche pas l’affaire, Pépère ! (I)”

  1. Ardois dit :

    Très bien ! Il y a combien d’épisodes à cette série ? A quel rythme ? Est-ce que c’est prévu pour aller jusqu’aux scrutins de 2017 ? Combien on compte de députés de gauche en Loire-Atlantique déjà ? J’attends la suite…

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