Archive for septembre, 2016

Lâche pas l’affaire, Pépère ! (III)

mercredi, septembre 14th, 2016

Dans cette période troublée, anxiogène, y a-t-il un seul choix ouvert qui nous fasse rêver de lendemains qui chantent, de jours assurément meilleurs, de fleuves de miel ? Trop de nos concitoyens sont prêts à croire à des folies. A qui la faute ? A nous, à eux. Tout le monde a sa part de responsabilité dans le pire. Ceux qui gouvernent d’abord ? D’accord. Ceux qui se mettent soigneusement en situation de n’avoir jamais à gérer, à rester sur l’Aventin du commentateur revendiquant ? Aussi. Ceux qui croient au Père Noël bien après l’âge raisonnable ? Également. Dans une vieille chanson, Henri Tachan proclamait : « C’est p’têt’ de la faute du Public, si on gracie les pousses-au-crime ».

C’est en y pensant que je ne renonce pas à dénoncer l’extrême droite pour ce qu’elle est, et à mettre en garde contre cette tentation mortifère. En ces temps de libération des paroles racistes et xénophobes, l‘argument « moral » n’est pas, n’est plus efficace pour lutter contre le vote F.N. C’est indubitable. Doit-on pour autant renoncer à dire que le F.N est un parti raciste, antisémite, anti-républicain, anti-social, héritier de la collaboration, des pires exactions des guerres coloniales, léchant les bottes et mangeant dans la main decitation-voltairecn2kj65xgaas0cds pires dictateurs comme un toutou docile, et ne se montrant fort et dominateur qu’avec les plus faibles et les plus fragiles ? Que c’est le parti de la lâcheté et non de la Patrie ? Que voter pour ces poltrons soumis aux puissants, c’est se mettre à leur niveau, en dehors même du fait que leurs « idées » économiques nous mèneraient à la faillite en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ? Dire cela n’empêchera pas des millions de gens de voter pour cette plaie que le pire des politiciens ne supplantera jamais dans l’art morbide du mensonge ? Peut-être. Mais au moins aurons-nous prévenu… Les « élites », les « sachant », la « classe politique » ont à l’évidence une part majeure de responsabilité dans leur rupture avec le plus grand nombre. Cela ne leur donne pas tort sur tout ! Jean-François Kahn a sûrement raison de demander qu’on arrête d’utiliser le terme populiste. Le fait est que cette peste envahit l’espace démocratique dans le monde entier pour faire croire que des solutions simples avec bouc-émissaire peuvent régler des questions compliquées. Pas d’autre choix que de le dénoncer et de continuer à agir pour régler les problèmes. Quoi que le lien entre difficulté sociale et vote populiste ne soit pas si évident…

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Lâche pas l’affaire, Pépère ! (II)

mardi, septembre 13th, 2016

Plus globalement, c’est fou comme nombre de gens « de gauche », en toute sincérité et innocence, se réfèrent aisément aux dogmes et certitudes, sans aucune référence au contexte, et donc sans relativisation !

Prenons l’économie : on est de gauche, donc la politique de l’offre, c’est mal ! La leçon de 1982 n’a pas été apprise, l’exemple de la Grèce analysé à l’envers… Si tu n’avais pas réduit les déficits publics en augmentant les impôts d’abord (ouille !), puis en maîtrisant comme jamais les dépenses publiques (aie !), où en serions-nous ? Ceux qui n’ont que le mot d’austérité à la bouche auraient de vraies raisons de se plaindre ! Les Européens, Allemands en tête, (pas l’Europe, hein ! Les Européens !) ont refusé l’évidence énoncée par Piketty : à une monnaie doit correspondre une dette publique globalisée. La dette grecque (et les autres) pouvait être absorbée dans une dette globale où elle était infinitésimale ou presque. Dès lors, pour nous, le choix était (un peu comme en 82…) entre quitter la zone Euro et retomber dans les dévaluations n’ayant rien de compétitives et une instabilité monétaire épuisante pour l’économie, ou le consentement à une certaine discipline collective au sein d’une zone Euro protectrice pour tous, en essayant d’obtenir des gouvernements de droite européens et de leurs économistes « main stream » un desserrement de l’étreinte orthodoxe. Non sans résultat d’ailleurs : qui oserait qualifier de restrictive la politique monétaire de la BCE ? Donc oui, l’appartenance à l’Euro et sa zone nous protège. Comme tous ses membres bénéficiaires, autant que dépendants d’une économie ouverte ! Aucun des pays qui s’en sortent bien (mieux que nous) hors de la zone Euro n’ont à la fois notre niveau de puissance économique, de protection sociale, et notre place dans les échanges internationaux ! Elle a une histoire, la France ! On ne peut la nier !

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Lâche pas l’affaire, Pépère ! (I)

lundi, septembre 12th, 2016
Dessin prémonitoire de FRAP en avril 2011. Bis repetita ?

Dessin prémonitoire de FRAP en avril 2011. Bis repetita ?

Evidemment, « Tonton, laisse pas béton », c’était plus classe et plus respectueux. Mais l’essentiel était que la rime ne fût pas trop pauvre… Pas plus que ton bilan, riront les affreux de tous poils qui se délectent de cette perche tendue, aucune facilité ne les rebutant. Je te les sers donc moi-même avec assez de verve, etc. etc.
Trêve de plaisanterie, l’élection du printemps s’annonce pénible pour nous autres qui souhaitons vraiment que la gauche gouverne plus de 5 ans consécutifs. Nous pensons vraiment que cela vaudrait mieux pour tout le monde et notamment pour ceux qui sont vraiment les victimes du système inégalitaire qui domine le monde sans partage, depuis que les alternatives dirigistes se sont effondrées sur elles-mêmes. Cet échec-là ne peut décemment t’être imputé.
Pour le reste, l’heure est à l’inventaire. Les succès et progrès n’intéressant pas grand monde (comme si c’était facile !), j’avoue que tout ne m’a pas convenu dans ce quinquennat. Accessoirement, ta manie de jeter ceux dont la loyauté est inexpugnable au profit de ceux à qui, passé le bout de la rue, il vaut mieux demander de marcher devant soi. La baffe Macron, tu l’as un peu cherchée ! Même Manuel : dès 2007, il faisait l’impasse sur 2012 persuadé que 10 ans de Sarko étaient inéluctables ! Sa candidature à la primaire relevait de la même logique que celle aujourd’hui des Benoît H ou Arnaud M (mon clavier est allergique au patronyme des renégats) avec qui il a organisé son arrivée à Matignon : on parie sur la défaite et on se place pour le coup d’après. Où et quand s’arrêtera sa loyauté ? Ayrault « n’imprimait pas ». Il t’en a fallu du temps pour t’apercevoir que ce n’était pas une bête de médias : 15 ans voisins à l’Assemblée pour ne pas faire la différence entre un « faiseux » et un « diseux » ! Macron « imprime », lui, c’est vrai… Valls aussi d’ailleurs : le seul type qui réussit à mettre des centaines de milliers de gens de gauche dans la rue contre une loi (finalement) de progrès social, avec des dégâts politiques considérables ! Sur le coup, heureusement que Laurent Berger et la C.F.D.T étaient là, mais ils peuvent t’en vouloir (ils t’en veulent d’ailleurs !)… Quel benêt ce JMA : faire passer une réforme des retraites pérennisant notre système par répartition sans un pet de travers, obtenir un accord interprofessionnel sans drame, a-t-on idée ?!

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