Faute…

Posté le 24 avril 2011
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Ça faisait partie de mes cauchemars. Surtout depuis qu’une copine du Conseil régional avait été sauvée in extrémis  du désastre par le chauffeur venant la chercher chez elle. Eh bien il a fallu que ça m’arrive ce matin : je n’arrive à comprendre ni pourquoi ni comment mais quand j’ai lu l’alerte sur l’écran de mon téléphone me rappelant que je devais représenter le Président du Conseil général aux traditionnelles cérémonies marquant la journée de la déportation, j’étais à 100 km de Nantes et elles étaient terminées depuis une bonne heure, non déduit le temps où on a du espérer mon arrivée. La honte…

Le sinistre portail du camp de Dachau

La journée de la déportation en plus… Si il y en a une qui revêt à mes yeux une importance particulière, parmi les cérémonies auxquelles je participe, c’est bien celle-là : on y commémore pas une victoire ou une défaite militaire, on s’y souvient de ces hommes, femmes et enfants embarqués dans des wagons à bestiaux pour un des plus épouvantables crimes que des hommes aient pu concevoir. Si la Shoah garde une absolue singularité parmi la terrifiante litanie des crimes contre l’humanité commis avant et depuis, c’est parce qu’elle est –selon la formule que j’ai entendue dans la bouche de Bernard Guetta – « irréductible à toute les passions humaines ». Exterminés par dizaines de milliers, les juifs sont les premières victimes de la déportation nazie. Mais ce sont bien toutes les victimes qui sont honorées lors de ces journées. La communauté gay dépose également une gerbe après les cérémonies officielles au cimetière en attendant de pouvoir peut-être le faire un jour dans ce cadre.

Alors, s’il m’est arrivé de zapper un rendez-vous ou une réunion (rarement, en plus…), le fait d’avoir posé un lapin aux autorités civiles et militaires, aux associations de familles de déportées et d’anciens combattants rassemblées pour l’occasion  et de devoir espérer qu’ils ont déposé pour moi la gerbe du Conseil général me désole sincèrement.

« Ça peut arriver à tout le monde » ai-je entendu en guise de consolation. Certes, mais ça ne doit pas arriver. Alors oui, ça ne risque pas d’arriver à ceux qui sont bien contents que j’accepte ces représentation plus souvent qu’à mon tour (cf. un ancien billet de ce blog…) ce qui leur évite de courir le risque de ma mésaventure de ce matin ; d’accord, c’est le signe que j’ai décidément besoin de vacances mais rien de tout cela ne peut constituer une excuse valable.

Il ne me reste donc qu’à exprimer mes plus profonds regrets et à présenter mes plus humbles excuses, à Philippe Grosvalet d’abord, puisque c’est lui que je devais représenter, au Préfet ensuite ainsi qu’aux autorités militaires, à mes collègues élus présents et surtout aux déportés rescapés des camps, aux familles de celles et ceux qui n’en sont pas revenus et à toutes les personnes qui ont pu être choquées de cette absence.

Unitaires pour un, deux, trois, quatre…

Posté le 3 avril 2011
Dans la catégorie Aimons les socialistes !, J'suis dans le journal..., Politiquement incorrect | 8 commentaires

Souvenir du plateau de Télénantes...

C’est le monde à l’envers ! Alain Robert, sous le coup d’une grande colère dit des horreurs sur son adversaire écolo du second tour et moi, je tiens – si on en croit Philippe Gambert dans Ouest-France – des « propos apaisants ». De quoi vous ruiner deux réputations inverses !

Plus sérieusement, il ne fait aucun doute qu’il n’y a pas de majorité à gauche, ici comme ailleurs, sans une alliance entre Écologistes et Socialistes. Cette union est une nécessité vitale, sauf à considérer que nos intérêts de boutiques respectifs devraient primer sur l’intérêt général. Comme il se confirme que, quoi qu’aient pu rêver les Verts après les Européennes de 2009, le P.S reste le pivot de l’alliance de toutes les forces de gauche, c’est à nous socialistes d’être responsables et unitaires pour un, deux, trois ou quatre.  C’est le privilège du leadership : on doit savoir en prendre plein la gueule et sourire, la main tendue, ouverte, vers celui qui a voulu « plumer la volaille socialiste » sans y parvenir, et même sacrifier quelques positions durement acquises pour l’en récompenser. De toutes façons, et les commentaires de nos politologues locaux sont éloquents à cet égard, c’est forcément de notre faute quand il n’y a pas unité. Quand les Verts décident de partir seuls aux régionales, sourds à nos ouvertures et objurgations, ouvrant ainsi un cycle de tensions, c’est Ayrault qui a changé de stratégie affirme sans rire un de nos analystes réputé.

On pourra dire, expliquer, voire démontrer, aucune importance, « cause toujours » : nous sommes des ringards  arc-boutés sur leurs positions hégémoniques et leurs principes et pratiques archaïques alors que la modernité, l’innovation et le renouvellement, des  acteurs comme des pratiques politiques sont incarnées par l’écologie politique. CQFD.

Il va donc encore falloir nous doter d’une infinie patience surtout lorsqu’une furieuse envie de sortir la boîte à gifles nous prendra. Réputé pour être l’un de ses dépositaires, je vous préviens, je suis assis dessus !

Et ne comptez pas sur moi pour dresser l’inventaire des petits et grands accrocs à la lettre et à l’esprit de l’union. Dans tous les cas, ce sera signe que je n’ai décidément rien compris à la modernité et à la politique autrement.

Mais quand même, qu’est-ce qui fait aujourd’hui que les militants socialistes et les élus les plus paisibles sont à ce point remontés comme des pendules ? Après tout, ce n’est pas d’aujourd’hui que l’union à gauche est un combat. La bataille du leadership à gauche avec les communistes dans les années 70 n’a pas été un long fleuve tranquille et le constat que l’extrême gauche a le capitalisme comme adversaire et la social-démocratie comme ennemie n’est pas nouveau.

Alors ou est le problème ? Lire la suite