Catégorie Coups de coeur, Le plus beau de tous les quartiers du monde | 3 commentaires
Resnais en a filmé un à la campagne (pas Resnais, Tavernier, me fait justement remarquer Rémi Tessier en commentaire ! Merci à lui !), Amadou et Mariam les ont chanté à Bamako, Renaud « à la con » et Juliette Gréco les haïssait.
Mes petits dimanches à moi sont généralement réservés…à moi ! Je m’en déjà suis excusé auprès des dirigeants de l’Etoile du Cens, que je devrais aller supporter plus souvent le dimanche après-midi au Stade de l’Amande, mais l’appel de la sieste est le plus fort. Il y a quand même des exceptions, en dehors même des dimanches d’élections.
Dimanche dernier, j’étais à Nantes Nord, à Santos Dumont pour être précis, pour fêter les 40 ans du Comité d’Action de la Petite-Sensive. C’était le repas du dimanche, préparé par « Métisse à Nantes » (Colombo de poulet…), en l’honneur de celle que son président Nicolas Chéri-Zécoté appelle Mamie et le reste du quartier Olga. Olga Chalon, c’est l’âme de la Petite-Sensive. Depuis 40 ans, et même si on arrive parfois à la convaincre qu’à 88 printemps, elle peut éventuellement rester un peu tranquille, elle prépare les repas servis au restaurant social. Mais c’est aussi une combattante, Olga. Une combattante de la solidarité, de l’action collective quotidienne, là où l’on vit et où trop de gens souffrent. Son heure de gloire, elle l’a connu en 1994, quand François Mitterrand est venu inaugurer la salle Santos Dumont et sa cuisine toute neuve qui venait enfin remplacer les caves de la rue du Honduras où tout a commencé. Alors je suis allé déjeuner avec tous les compagnons et compagnes de lutte (Jean-Louis, Jacqueline…), avec sa fille Christine qui reprend le flambeau de cette mère de 6 enfants qui sait que rien n’est jamais donné à ceux qui n’ont pas eu plus de cuiller d’argent dans la bouche qu’il n’ont à en mettre dans la bouche de leurs enfants. Comme c’était fête, j’ai amené la guitare et on a chanté Piaf et Fréhel.
A vrai dire, je n’y suis pas allé que dimanche. J’ai fait le discours officiel le vendredi soir avec Ali Rebouh, j’y suis repassé le samedi à l’improviste avec Jean-Marc et Myriam Naël. Jean-Marc s’était arrêté acheter un bouquet pour Olga dont j’ai découvert à ce moment que si elle l’appelle Jean-Marc quand elle parle de lui, elle ne le tutoierait pour rien au monde et lui donne du « Monsieur le Maire ». Elle me reproche presque de m’en étonner. « J’ai trop de respect pour sa fonction quand même ! ».
Et puis surtout, j’ai assisté à la soirée d’évocation de l’histoire du quartier, mardi dernier.
Incroyable ! Des diapositives retrouvées par hasard par un ancien élève de l’école d’architecture dans les années 68-69 sur les conditions dans lesquelles les habitants des maisons en bois de l’après- guerre ont été priés d’emménager dans les immeubles tout neufs, sans le moindre égard pour la vie qu’ils s’étaient construite là, malgré les difficultés, m’ont permis de mesurer les progrès qu’on a fait dans la manière de mener les opérations de renouvellement urbain !
Et puis, des films en super 8 sur les débuts du restaurant social et sur les fêtes de quartier de l’époque ont réveillé les souvenirs des plus anciens habitants, se reconnaissant tout jeunes ou s’interpellant sur l’identité de tel ou tel. J’ai mieux compris alors à quel point ce quartier a une mémoire collective qui se transmet encore même si les habitants d’aujourd’hui qui ont connu cette époque sont de moins en moins nombreux. On le doit bien sûr à Francis Peslerbe et à ses bouquins sur l’histoire du quartier mais aussi aux travailleurs sociaux de l’époque qui étaient présents lors de cette évocation ou qui ont mis leurs archives et leur mémoire à la disposition des organisateurs.
Pas de doute, elle était belle la fête à Olga !
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votre article sur NANTES NORD et sur votre dimanche est très sympa. j’habite ce quartier depuis bientôt 2 ans, après avoir vécu 20 ans dans le vignoble et je retrouve dans ces personnes que vous nous décrivez, certaines de mon enfance dans le quartier Bellevue.Il se passe aussi de belles choses dans ces quartiers populaires. Ils sont aussi peuplés de belles personnes!
Juste une précision de cinéphile « un dimanche à la campagne, c’est un film de Tavernier pas de Resnais mais bon, là aussi ce sont deux excellents cinéastes et deux belles personnes!
Oups ! Pris en flagrant délit de confusion cinématographique ! Je vais vous dire : c’est la faute à Sabine Azéma ! Un film avec Sabine Azéma et qui n’est pas de Resnais, avouez que c’est un piège ! Merci pour la rectification en tous cas.
[...] que le plus drôle, c’est que passant chez Olga un midi (au restaurant social Santos Dumont, traduction pour les non-initiés), je me retrouve à [...]