Le foot rend fou ! (III)

La situation du FCN ne me laisse pas indifférent. J’ai eu la chance d’être un observateur privilégié des relations parfois compliquées entre la Ville de Nantes et son club phare. Et un acteur occasionnel. Je suis toujours fort assidu à la Beaujoire, un peu moins la dernière saison. Tout ça fait que j’en ai entendu et j’en entends des vertes et des pas mûres ! Il y a les légendes qui ont la vie dure sur le rôle de la ville dans la première vente du club à la SOCPRESSE ; la vie des Saints qui nous est racontée sur le long fleuve tranquille qu’est supposée avoir été la maison jaune avant le péché originel commis par J.L Gripond, le limogeage de Raynald Denoueix ; la sincérité de ceux qui sont tellement attachés à ce club et à l’imaginaire qu’il véhicule encore qu’ils en oublient deux ou trois réalités incontournables ; la tentation de se tourner vers un passé révolu pour (re)construire un avenir.  Naturellement, tout cela n’engage que moi ! Troisième épisode !

Waldemar KITA perplexe. On le serait à moins. (photo Presse-sports sur francefootball.fr)

On peut bien trouver tous les défauts du monde à Waldemar KITA, une chose est sûre : il est totalement sincère. Fondu de foot, c’est sûr ; ambitieux pour le FCN, c’est évident ; initialement convaincu de sa réussite, c’est certain. Depuis le temps qu’il en rêvait, il y a mis le prix mais il l’a eu, ce club. Il l’a dit récemment, il pensait que ça pouvait lui coûter 35 M€. Son savoir-faire devait faire le reste. Histoire de se faciliter l’arrivée en terre nantaise, il s’était adjoint un poisson-pilote connu du club (il en a été le D.G) et des milieux économiques locaux : Alain Florès. Bonne pioche ! Enfin… Au début ! Alain Florès pensait avoir enfin trouvé l’oiseau rare, le mécène qui le laisserait diriger le club à sa guise après avoir payé le prix d’achat et constitué une cagnotte permettant de rêver. Le tandem n’a évidemment pas fonctionné longtemps… C’est un vrai self made man, W. K., un homme qui a toujours tout réussi à la force du poignet. Sa fortune, ce n’est pas celle d’un trader ou d’un rentier mais d’un industriel, d’un homme d’entreprise qui fabrique. On ne fait pas une telle fortune en partant de rien sans quelques talents, deux trois qualités et beaucoup de travail. Dans le monde de Waldemar, quand on bosse on est récompensé, quand on paye on décide et un patron doit être obéi. Eh bien ce n’est pas si simple, à Nantes ! Il ne suffit pas de payer pour voir sa légitimité à décider reconnue dans la maison jaune. Il faut de préférence être du sérail, mais en plus être admis par les pairs du royaume du beau jeu. Le Amisse entraîneur ne l’a jamais vraiment été, semble-t-il. Comment expliquer autrement son exécution en place publique par Mickaël Landreau ? Le Doc Bryand avait réussi à tenir Gripond à distance du médical (JLG avait voulu établir des tableaux de bord comparatifs sur la fréquence des blessures musculaires et d’autres indicateurs…), il a préféré prendre la porte plutôt que de laisser s’approcher Waldemar. Laurent Guyot était adoubé par les pairs susnommés comme le continuateur de la lignée des formateurs Arribas, Suaudeau, Denoueix et Le Dizet, il a fait ses valises. En raccourci, on a d’un côté le : « Je sais, donc je décide et tu sera bien gentil de payer » ; de l’autre le : « Je paye, donc je décide et d’ailleurs je sais aussi ». Divorce inévitable.

Un peu comme J.L Gripond avec Marcos, W. KITA fait appel à de glorieux anciens. Mais cela suffira-t-il à amadouer les nostalgiques et les gardiens du temple jaune ?

De sous-estimation de l’état moral de l’entreprise FCN en erreurs de casting (Pascal Praud devait aussi être un poisson pilote connaissant le milieu local…), W. KITA a perdu 60 M€ (65 ?), sans vraie perspective de les récupérer un jour, tout ça pour être en situation d’échec (une nouveauté qu’il n’aime vraiment pas…) et se faire insulter tous les jours (et menacer parfois) sans que grand monde s’en émeuve. En bon industriel, m’a dit un connaisseur du foot, il a pensé qu’ajouter des joueurs allait augmenter la production de jeu comme une machine supplémentaire augmente la production d’une usine. Résultat, c’est quand Darcheville et Zerka sont arrivés que le bon début de saison (en terme de résultat s’entend…) s’est transformé en Bérézina, avec à la clé la valse des entraîneurs que l’on sait.

W. KITA continue à signer les chèques de fin de mois en subissant les rumeurs (y compris sur sa santé)et les quolibets, quand ce ne sont pas les insultes xénophobes. Il n’admet pas que personne ne lui soit un tant soit peu reconnaissant d’avoir sauvé le FCN de Dassault et de continuer dans ces conditions. Il ne comprend pas qu’en plus du déni de ses compétences, il ne bénéficie même pas la bienveillance généralement accordée à celui qui a pris les risques financiers qu’aucun autre n’a accepté de prendre. Bref, de son point de vue tel que je le comprends, Nantes fait preuve à son égard d’une totale ingratitude, les milieux économiques et les politiques ne valant pas mieux que les supporters. « Si je laisse tout tomber, que se passe-t-il ? » demande-t-il.
La question n’est ni innocente, ni stupide.
Que celui qui à envie d’une situation à la Strasbourgeoise lève le doigt…
(à suivre)

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