Le foot rend fou ! (I)

Le duo d'entraineur du FCN

Philippe Anziani de retour à Nantes

La presse du jour est formelle et les photos sur le site du FCN en attestent, les Canaris ont repris l’entraînement hier. Pas de mutinerie en vue. Par les temps qui courent, c’est un soulagement. Il ne fait pas bon être amateur de foot, ces temps-ci. On se fait bien chambrer. Samedi matin, au Conseil de quartier, j’ai ouvert la séance avec une plaisanterie soulignant notre déprime de supporters des Bleus et j’ai pris la volée de revers méritée : « Bah ! A Nantes, on a l’habitude… ».

Eh bien je ne la prends pas cette habitude ! Je l’ai dit (cf. « qui suis-je » sur ce blog), j’aime le foot au-delà du raisonnable. Le genre à piquer la console de mon fiston pour une petite partie de FIFA 2010 au réveil. J’ai des souvenirs incroyables de Saupin où Henri Michel et Max Bossis étaient mes idoles. Et même s’il y a prescription, Alain Merchadier reste quand même pour moi le défenseur de St Etienne qui cassa la jambe d’Angel Marcos !

C’est dire que la situation du FCN ne me laisse pas indifférent. J’ai eu la chance d’être un observateur privilégié des relations parfois compliquées entre la Ville de Nantes et son club phare. Et un acteur occasionnel. Je suis toujours fort assidu à la Beaujoire, un peu moins la dernière saison. Tout ça fait que j’en ai entendu et j’en entends des vertes et des pas mûres ! Il y a les légendes qui ont la vie dure sur le rôle de la ville dans la première vente du club à la SOCPRESSE ; la vie des Saints qui nous est racontée sur le long fleuve tranquille qu’est supposée avoir été la maison jaune avant le péché originel commis par J.L Gripond, le limogeage de Raynald Denoueix ; la sincérité de ceux qui sont tellement attachés à ce club et à l’imaginaire qu’il véhicule encore qu’ils en oublient deux ou trois réalités incontournables ; la tentation de se tourner vers un passé révolu pour (re)construire un avenir.

J’ai retrouvé cette vidéo datant de 2007 ou Denoueix est à fleur de peau et où il cite Suaudeau : le vers était dans le fruit depuis 10 ans…

Je ne sais pas combien de fois il faudra le répéter, mais ce n’est pas la ville qui a vendu le FCNA à la SOCPRESSE il y a 10 ans. Tout simplement parce qu’elle n’en était pas propriétaire. Elle a été un acteur de l’accord de vente puisqu’elle était propriétaire des équipements et que les conditions de leur utilisation (et très accessoirement sa subvention et ses achats de prestations) faisaient partie du deal financier global à négocier avec un repreneur. Elle a pesé pour que soit prise la décision de passer, comme Paris, Lyon, Bordeaux ou Lille, à une gestion qui ne pouvait plus être celle de l’amateurisme qui avait conduit le club au bord du gouffre deux fois lors des 8 années précédentes, en s’adossant à un groupe ayant les moyens d’investir les millions nécessaires aux évolutions du foot business. Mais c’est l’association qui a vendu ses parts. Et surtout, on a oublié une donnée essentielle : la SOCPRESSE était le seul candidat sérieux par sa surface financière et la cohérence de ses motivations : un groupe de presse désireux d’avoir sa part de gâteau de droits télé en augmentation exponentielle, propriétaire d’un journal local et candidat à un paquet de fréquence de télés locales, dont celle de Nantes, pour atteindre le nirvana publicitaire : réunir 15 millions de téléspectateurs potentiels pour attirer la pub nationale. Evidemment, le beau jeu là-dedans…

Le plus extraordinaire, c’est que malgré les alertes de JMA (pas Jean-Michel Aulas, hein !) sur l’état réel du club, il est vrai bien masqué par le titre de 2001, dont tous les gens issus du milieu du foot à qui j’ai pu en parler disent qu’il est une anomalie objective permise tout à la fois certes par un Carrière, un Landreau et un Moldovan en état de grâce (et Ziani pas mal du tout bien que collé à la ligne de touche gauche !), certes par un grand entraineur nommé Denoueix, mais surtout par la sous-performance incompréhensiblement simultanée de tous les cadors du championnat, Yves de Chaisemartin oublia de s’occuper de son acquisition. Quand il comprit son erreur (il regardait quand même les comptes..), ignorant qu’il était du foot et de ses mœurs, il réagit avec une absence assez totale de psychologie et présenta sans préliminaire aucun au staff du FCN médusé son nouveau patron : Jean-Luc Gripond.
(à suivre)

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