Inspecteur des Impôts, militant socialiste et Breton, je peux dire que des conneries, j’en ai entendues (cliquez ici pour l’original). Mais celle attribuant à une tendance mégalomaniaque la volonté de JMA que Nantes se développe ou son approbation du transfert de son aéroport (celui de Nantes, pas le sien !) à Notre Dame des Landes, c’est une synthèse (cliquez aussi) ! D’accord, il a tous les défauts du monde – un peu soupe au lait parfois ? – mais pas celui-là et je le connais. Mais il n’y a pas besoin d’être mégalo pour constater qu’une ville et les territoires qui l’entourent, c’est un peu comme un vélo : ça avance ou ça tombe.
Déjà lors du recensement de 1999, quand Nantes avait eu le ruban rouge de la progression démographique des grandes villes, des voix s’étaient élevées sur le thème : « on est bien assez gros, on n’a pas besoin de plus, restons entre nous ». Déjà, il avait fallu tordre le cou à des idées reçues : les cadres parisiens arrivant faisaient monter les prix des logements, les moins aisés saturaient le parc social et ils contribuaient tous à la saturation de la circulation. On s’est ensuite aperçu que la hausse des prix de l’immobilier était un phénomène mondial, Nantes n’ayant du qu’à son endormissement antérieur d’y avoir été moins sensible, et que cette hausse trouvait une partie de son origine dans des pratiques bancaires qui nous ont ensuite envoyés dans le mur. On s’est également avisé que l’insuffisance de production d’HLM se révélait surtout au regard de phénomènes de décohabitation massive, le nombre de logements nécessaires pour une même population ayant augmenté au-delà de toutes les prévisions. On s’est enfin convaincu que l’augmentation du nombre de voiture par foyer doublé d’un étalement urbain non maîtrisé était bien plus sûrement source de bouchons que la croissance démographique à l’intérieur du périph’ nantais.
On a également pu démontrer que plus d’habitants, c’est plus d’emplois, plus de formations disponibles localement, plus de services à la population et de solidarité mieux financés (des services publics, quoi !). On a prouvé que ce développement était facteur d’une plus grande solidité économique et de cohésion sociale. L’économiste Laurent DAVEZIES nous a notamment montré en quoi le fait de conserver des emplois industriels nombreux était une caractéristique essentielle pour l’équilibre et la durabilité de notre croissance, et, au final, pour notre qualité de vie.
Enfin, on a été regarder si les villes et les territoires qui perdaient des habitants (ou n’en gagnaient plus), dont les prix de l’immobilier baissaient ou stagnaient, dont les bailleurs sociaux cherchaient des locataires pour occuper leur parc et qui ne connaissaient pas d’embouteillages étaient heureux de leur sort. Nous avons trouvé des territoires vieillissants, déprimés, fuis par leurs jeunes et en incontestable déclin économique, social et culturel.
La pédagogie est l’art de la répétition, paraît-il. On n’a pas du assez répéter.
A moins que ne se développe une sorte d’écolo-populisme tout à fait malhonnête, en ce qu’il tente de faire croire au plus grand nombre qu’il a tout à craindre du développement et de la croissance. La réalité, c’est que ce sont les plus modestes qui ont tout à craindre de la décroissance, celle que nous subissons des derniers temps comme celle qu’on voudrait nous vendre. La fuite en arrière comme perspective d’avenir, c’est une vision de happy few n’ayant pas grand-chose à craindre de la conjoncture. Ce peut être une utopie sincère voire quasi-rédemptrice pour certains qui supportent mal notre richesse au regard de l’extrême pauvreté de tant d’habitants de la planète Terre. La décroissance choisie, ça me rappelle une illusion qui a mal fini. On fera comment pour avoir la bonne décroissance et pas la mauvaise ? Un plan quinquennal ? L’inconvénient des utopies, surtout les plus généreuses, c’est souvent quand on essaie de les mettre en œuvre qu’il se révèle : le risque totalitaire n’est jamais très loin.
Qu’on m’entende bien : je suis convaincu que la dimension écologique est un pilier de la social-démocratie européenne du 21ème siècle (en chantier, mais pendant les travaux, l’espoir doit continuer). Les effets désastreux du réchauffement climatique imposent des mesures drastiques et des changements d’habitude radicaux. Il n’y a plus qu’un quarteron de géophysiciens en pré-retraite pour le nier. Avec quelques capitalistes ringards car les modernes ont bien compris qu’il y avait là une source d’inspiration pour le marketing fort prometteuse pour les profits futurs. Si le Maire de Nantes part à Copenhague porteur de la parole des grandes villes européennes, ce n’est pas pour faire joli, ni pour être à la mode. On ne s’en souvient pas toujours, mais les nouvelles municipalités de gauche de 77 à Nantes ou St Herblain sont arrivées au pouvoir local sur des thématiques qui fleuraient bon le développement durable avant l’heure : contre les pénétrantes autoroutières, contre les rocades au ras des cités populaires, contre la centrale nucléaire du Pellerin (ma première grande manif’ ! ça marque !). En 1983, la liste Ayrault à la municipale herblinoise s’intitulait déjà liste d’ « union de la gauche et des écologistes ».
Aujourd’hui il n’y a plus qu’à droite qu’on ignore la nécessité de trouver d’autres indices de croissance et de développement que le PIB, d’autres indicateurs de réussite. La croissance verte est sans nul doute une voie d’avenir, au coeur de la conception d’un développement durable. Mais il faut de la croissance et on a besoin de développement.
J’ai lu récemment sur un forum de Ouest-France, l’intervention de Guillaume B. qui suggérait de donner la priorité à la nouvelle gare de Nantes sur le nouvel aéroport (dans les deux cas il aura toujours une seule gare et un seul aéroport, je le précise et le répète !). Personne ne saurait s’opposer au développement du transport ferroviaire, argumente-t-il.
Eh bien malheureusement si !
Dans une surenchère dogmatique absurde (pardon pour le pléonasme), des opposants au transfert de l’aéroport viennent de se déjuger au regard de tout ce qu’ils ont voté ou adopté depuis des années. Ils se sont déclarés contre une nouvelle ligne ferroviaire mettant Rennes et Nantes à 40 mn l’une de l’autre. Ils ont refusé d’approuver l’exigence de la connexion de Nantes à la future Ligne à Grande Vitesse vers Bordeaux, Madrid et Lisbonne, à hauteur de Poitiers. Tout ça au nom d’une vision proprement régressive de notre territoire. Cet aveuglement est navrant. Il s’accompagne d’une prétention incommensurable.
Je ne supporte plus qu’on me fasse passer pour un neu-neu archaïque parce que je veux être un citoyen du monde qui ne reste pas coincé chez lui, avec juste sa bagnole et l’autoroute qui passe pas loin pour aller ailleurs qu’au boulot. Je n’accepte plus d’être pris pour un crétin tendance primate, quand je prétends ne pas laisser l’extrême ouest du continent européen à l’écart du développement ; quand je constate que les grandes infrastructures de transports, celles dont la complémentarité permet l’inter-modalité et l’application du principe de subsidiarité au choix des modes de déplacements sont des leviers indispensables. Qu’on le veuille ou non, nous sommes en concurrence avec d’autres territoires à l’échelle continentale. On ne veut pas des avions ? Ils iront ailleurs, il n’en volera pas moins. On ne veut pas de TGV ? Ils nous éviterons, ils ne seront pas moins nombreux. C’est aussi tout ce qui fait le dynamisme d’une contrée qui finira par aller ailleurs. On gardera nos bagnoles.
Alors rassurez-vous Guillaume B. Personne n’abandonne le projet de nouvelle gare. Le Maire en a même reparlé hier soir au C.C.O lors de la traditionnelle soirée d’accueil des nouveaux décideurs nantais. La SNCF essaie juste d’en faire payer un maximum par les collectivités (mais en décidant quand même de comment elle doit être et de ce qu’il y aura dedans !) comme l’Etat l’a fait dans un chantage éhonté contre les régions avec les nouvelles lignes à grande vitesse. Au moins avec l’aéroport, c’est plus clair et moins coûteux !
Ce dont nous avons besoin, c’est la gare, plus l’aéroport, plus les raccordements aux réseaux grande vitesse, plus Nantes Rennes en 40 mn et Nantes-Bordeaux au galop. Il faut le tout. Impérativement. Complémentairement. C’est cela le développement durable. Le refuser, c’est risquer le déclin irréversible. L’effet TGV vers Paris s’estompe aujourd’hui. Il faut un nouveau cycle structurant, dynamique, d’une croissance sensée, réfléchie et équilibrée. Les investissements dans la recherche, l’enseignement supérieur, la formation, les domaines d’excellence industrielle, l’économie de la connaissance ou dans la culture ne peuvent produire leurs effets si à côté d’un réseau numérique hyper-performant, nous en restons au statu quo sur la mobilité nationale et internationale. Je refuse de choisir entre la lutte contre le chômage et les inégalités sociales, et la planète. Pour Nantes, pour la Loire-Atlantique, pour les Pays de la Loire, pour la Bretagne, pour tout l’Ouest, je veux…un avenir.
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bonjour
la nouvelle gare, on peut supposer que ça serait une gallerie marchande et comme chez Ikea, un parcours sinueux obligatoire pour arriver aux trains en passant devant toutes les boutiques, si on laisse trop faire « la nature »…
Merci de négocier dur avec la SNCF.
On ne peut que signer pour Bordeaux-Nantes-Rennes….
que voilà une belle analyse ! Si effectivement Nantes ne s’inscrit pas dès aujourd’hui sur la carte européenne, nous pourrons dire adieu à notre ville attractive . Nous n’attirerons plus que les vieux qui viendront prendre leur retraite au bord de la mer. C’est un créneau, c’est sûr, mais bon, pas forcément celui que je préférerais !
C’est avec la mise en réseau avec Rennes, et les autres villes de l’Ouest, avec le raccordement aux autres villes européennes par TGV et par air que nous pourrons attirer des talents et des jeunes. S’il faut deux jours de trajet pour venir à Nantes, alors … C’est vrai qu’il y a Internet, la téléconférence et les autres moyens modernes de communication, mais ça ne remplace pas la vraie vie de temps en temps . Une bière virtuelle c’est bien sur Facebook, ça fait plaisir alors qu’une fillette de Muscadet sur le coin du zinc avec les collègues c’est quand même mieux .
« Attirer les talents et les jeunes »… certes, mais on pourrait aussi le formuler en d’autres termes que cette sempiternelle compétition. Par ailleurs, cette expression de « talents » est typiquement usitée par le medef pour désigner des messies industrielo-artistiques qui peuvent revendiquer des salaires extravagants et elle m’agace.
Peut-on arriver au même résultat en disant « créer et maintenir des emplois de qualité » ? Il s’agit d’améliorer la qualité de vie et de travail des gens qui sont déjà là, ou des quidams, des couples dont l’un travaille à Nantes et l’autre à Rennes et qui galèrent sur la route, de permettre d’aller à des réunions à Bordeaux, voire Toulouse, en train, sans (quoique cette ligne permette de vraiment avoir le temps de lire des livres). Là où pour les nombreuses réunions professionnelles à Rennes (ou à Nantes), on prend la voiture, on pourrait prendre le train.
Yes j’acquiesce. D’autant plus que je n’adhère plus du tout au NONISME sempiternel de mes copains d’ATTAC que j’ai quittés il y a moins d’un an. Il y a 10 ans, ATTAC avait une vision, des principes et des propositions – notamment la fameuse taxe TOBIN dont on va certainement reparler à l’avenir. Et puis ce sont glissés des éléments « ANTI-TOUT », ceux qui voit le mal partout. Contre les OGM d’abord, mais contre toujours et sur tout, contre la recherche confinée également. Contre par principe. Et puis il y a l’affaire ND des Landes. Certes on peut se poser la question de l’avenir du transport aérien, on peut sourire en voyant JMA s’énerver en pensant qu’on le rendrait responsable d’un quelconque accident. Mais le fait est là. Veut-on se développer ? Veut-on d’un véritable développement organisé ? durable dans le sens qui dure ? intelligemment pensé ? Je suis d’accord, il faut un nouvel aéroport. Avec des pistes mieux orientées (tout pilote me comprendra, les vents sont plutôt Ouest par chez nous!) Et des lignes TGV, et plus de transports en commun.
Continuez votre combat, on ne pourra JAMAIS vous reprocher votre engagement au service de la cité.
JB
@ boloblog
Superbes les vidéos !
C’est vraiment tendance « trente glorieuses » ça respire le bon vieux temps, celui on tous les « coups » étaient possibles et permis.
Décidément tout fout le camp, même les certitudes.
Mais zut alors j’ai perdu !
J’aurai parié que dans la vidéo N° 1 (cliquez ici pour l’original)Boloblog était celui qui cache son cuir sous la casquette pas de peau !
Mais dans le N° 2 (cliquez aussi) par contre je crois avoir deviné qu’il est sous le chapeau celui » qui dit avoir la vision optique détraquée… » ça c’est un signe qui ne trompe pas.