Conseils de quartiers : tout le monde a gagné !

Ce qu’il y a de bien dans l’action locale, c’est que rien ne se passe jamais exactement comme on l’avait envisagé ! J’ai fait un point presse hier (le lien vers Maville.com)(le lien vers 20mn) pour dresser un petit bilan d’étape de la constitution des nouveaux conseils de quartier. Le premier enseignement est que nous sommes bien au-delà du nombre de candidats envisagés. Plus de 900, retardataires compris, c’est une vraie bonne surprise. Plus de 60 % dans la tranche d’âge 30-59 ans, c’est une deuxième bonne surprise. 82 % de volontaires déclarant n’avoir jamais participé à un Comité Consultatif de Quartier, c’est une troisième bonne nouvelle. S’il reste un déséquilibre hommes-femmes (57-43 %) il est moins marqué qu’on pouvait le craindre. Cela veut dire que nos objectifs d’élargissement de nos interlocuteurs et de diversification des participants à nos instances participatives sont en bonne voie d’être atteints. Ils le seront vraiment si nous trouvons les modes de fonctionnement et d’animation qui leur conviennent et leur permettent d’aller sans hésitation au bout de l’engagement de deux ans qu’ils ont pris.
Ce sera encore plus nécessaire pour celles et ceux qui ont été tirés au sort. Sans que ce soit une surprise, l’institut TMO a un peu de mal à recueillir les derniers accords de participation. C’est notamment le cas dans les quartiers populaires. Là encore, pas de mystère : quand on est soi-même dans la précarité, confronté à des difficultés quotidiennes, on est moins disponible pour s’engager dans une citoyenneté active. L’exclusion sociale produit l’exclusion de la citoyenneté vécue. D’autant que des sentiments relevant d’une forme d’auto-dévalorisation ne sont jamais bien loin. Lors du forum de Strasbourg, les élus de Fribourg nous ont expliqué comment ils faisaient du porte à porte pour recueillir l’avis des habitants dans les quartiers populaires. Ce défi là reste à relever.
S’agissant des associations, notre défaut de prévision a été inverse. S’il y a 256 candidatures pour 171 sièges, le différentiel n’est pas si important. Quartier par quartier, on observe l’absence de certaines associations dont on aurait pu penser qu’elles seraient candidates. La réponse se trouve parfois dans la liste des candidatures individuelles : des responsables associatifs y figurent assez logiquement. Beaucoup d’association ont considéré ne pas avoir besoin d’être présente au Conseil de quartier dans leur relation avec la Ville, d’autres ont craint pour la disponibilité de leurs responsables. Enfin, il faut reconnaître que notre calendrier et notre communication ont été principalement dirigés vers les candidatures d’habitant, avec le succès que l’on sait. Au final, si le collège associatif n’est pas complet dans quelques quartiers, ce n’est pas dramatique. Rien n’empêchera d’associer des volontaires en cours de route.
Prochain rendez-vous : le samedi 7 novembre. Les adjoints de quartier réuniront les candidats en deux réunions distinctes : une pour les habitants, l’autre pour les associations. Pour ces dernières, on procédera comme envisagé initialement, par une recherche de consensus, avec recours au tirage au sort si nécessaire. Pour les habitants, le nombre élevé de candidats rend un tirage au sort incontournable. Mais attention ! Ceux qui ne seront pas membres du Conseil de quartier au terme de ce tirage au sort ne s’en tireront pas comme ça ! Sauf contre ordre de leur part, leurs coordonnées seront soigneusement conservées et ils seront conviés à participer aux groupes de travail créés par le Conseil de quartier et associés de manière privilégiée à tous les autres moments de dialogue citoyen, en fonction de leurs motivations et centres d’intérêt. C’est un principe : toute personne ou association désireuse de s’investir à quelque degré que ce soit dans la vie de la cité doit pouvoir le faire. Bref, tiré au sort ou pas, tout le monde a gagné !

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