Vous avez dit rentable ?

Le Petit Robert est formel : même au sens le plus figuré et familier, le terme « rentable » désigne une activité qui « produit une rente », qui « donne un bénéfice suffisant ».

Je suis formel : par quel que bout qu’on prenne la chose, ce terme est totalement impropre à la description de l’activité d’une ligne de transport public urbain, non seulement à Nantes mais partout en France, et très probablement partout en Europe.

Expliquer  les mesures de rationalisation de notre réseau de transport en commun entrées ces jours-ci en vigueur par le souci d’une quelconque rentabilité est donc une absurdité.

La seule question posée est celle de la bonne utilisation de l’argent du contribuable au regard d’une politique publique et des objectifs qu’elle se donne. Or, chacun en conviendra, faire circuler à grand frais un bus vide ou presque, ne répond à aucun des objectifs de notre politique de déplacements. C’est juste se priver de ressources (et elles sont de plus en plus rares) pour satisfaire des besoins qui ne le sont pas ou pas suffisamment. Quand nous pourrons offrir à l’est de notre agglomération une desserte plus régulière et rapide qu’aujourd’hui, nous constaterons quasi instantanément que des habitants délaisseront nombreux leur voiture, sans l’ombre d’un regret  puisque l’offre qui lui sera alternative sera performante à tous points de vue. On utilisera donc beaucoup mieux l’argent public qui restera nécessaire au financement de ce service, même avec des bus bondés. Il correspond à un vrai besoin et une vraie demande (pas vrai Bernard AUNETTE, Catherine PIAU  et Bernard CHESNEAU ?!) de transport collectif.

On peut donc parler de bonne gestion (ça n’est pas sale !), d’efficacité (ce n’est pas un gros mot), de performance (ce n’est pas un tabou pour un service public), voire même d’efficience (un peu techno cependant) mais pas de rentabilité.

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