Mon Président, j’ai un truc à te dire… III

février 21st, 2016

Comme me l’a fait fermement remarquer un twittos aujourd’hui , y a pas que Notre Dame des Landes dans la vie. Il a bien raison. Tu l’as bien compris, mon Président, toi qui a fait de la situation du chômage le juge de paix de ton éventuelle candidature à ta réélection. L’emploi, toujours l’emploi, voilà et la priorité et le casse-tête puisque qu’on n’arrive pas à améliorer la situation.
Je n’ai pas fait partie des ricaneurs affirmant que le plan de formation de 500000 chômeurs était destiné à faire opportunément sortir autant de demandeurs des statistiques. Je mesure tous les jours l’importance de la formation et le handicap rédhibitoire que constitue son insuffisance pour le public le plus éloigné de l’emploi que forment les allocataires (je n’arrive pas à dire « bénéficiaires » au vu du montant de l’allocation) du R.S.A. Même si on peut raisonnablement soupçonner une arrière-pensée de ta part (on ne prête qu’aux riches !), si la mesure est favorable, je la prends !

Le paradoxe, c’est que la situation globale est tellement mauvaise que l’amélioration indéniable de la situation du chômage des jeunes n’est même plus perceptible.

Le contrat de génération est un échec (Martine l’avait bien dit !), nos technocrates ayant réussi, comme souvent, à transformer une bonne idée en usine à gaz, à moins que ce ne soit nos parlementaires qui sont assez doués également dans leur genre.
Les emplois d’avenir, en revanche, ne marchent pas si mal, même si les employeurs potentiels sont souvent trop fragiles pour assumer réellement le degré d’accompagnement et d’encadrement des jeunes que le dispositif requiert.
La « garantie jeune » s’annonce comme une vraie réussite, à condition que nous renforcions notre capacité de relation et de mise en relation avec les entreprises. Cela montre que lorsqu’on met des moyens de suivi « rapproché » des jeunes décrochés, la dimension collective venant s’ajouter à l’accompagnement individualisé, et si on fixe comme objectif central l’intégration en entreprise, on obtient des résultats.

Mais évidemment, la balance entre emplois disponibles et population en recherche est encore défavorable.

Non aux alternatives désespérantes !

Que faire ? Si je le savais, je te le soufflerais, mon Président, ne serait-ce que parce que je n’ai pas très envie de voter pour ton Premier ministre l’an prochain et encore moins pour le nouveau héraut paradoxal de la rénovation, j’ai nommé le Maire de Bordeaux !
En développant une inévitable politique de l’offre (cf. les épisodes précédents), tu t’es mis dans la situation de répondre favorablement aux demandes du patronat en matière sociale. Je souhaite là te mettre en garde contre un face à face délétère, fausse alternative, mais vrai risque mortel pour la gauche : celui entre la droitisation inutile des postures genre Valls-Macron face aux gauchisme indécrottable genre Lieneman-Filoche. Comme si le choix n’était qu’entre la peste et le choléra ! Pas de ça Lisette !
La Politique se nourrit de symboles. Difficile d’y échapper. Mais une bonne politique publique doit se nourrir de la réalité. La réalité est bien que notre système protège plus les salariés que les emplois et sacrifie largement les chômeurs. Il suffit pour s’en convaincre de regarder l’utilisation des budgets colossaux de la Formation professionnelle : la plus grosse part est consommée par les salariés déjà les mieux formés dont la solvabilisation du développement des compétences pourrait être assurée de bien d’autre manière, tant elle est immédiatement productrice de valeur ajoutée. Les salariés peu qualifiés et les chômeurs n’en consomment que trop peu alors que leur degré de formation est vital pour l’accès, le maintien ou le retour à l’emploi. On voit donc des syndicats désespérants d’une faiblesse corrélée à leur degré de radicalisation conservatrice, elle-même corrélée au taux d’employés sous statut public composant leurs maigres troupes, se battre pour des digues contournées ou submergées depuis longtemps par le tsunami de la dérégulation. Nos structures représentatives et notre paritarisme sont hérités de l’époque des grandes entreprises industrielle nationales. Elles n’ont que trop peu évolué dans le sens de la prise ne compte de la réalité du tissus économique d’aujourd’hui, beaucoup plus éclaté, mobile et évidemment mondialisé.

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Vous avez dit « référendum » ?

février 15th, 2016

Évidemment, pour quiconque a suivi depuis le début le projet de transfert de l’aéroport de Nantes, l’idée qu’il faille un référendum local pour le légitimer a de quoi énerver. Moi-même, pour tout dire, l’évocation de cette éventualité avait le don de me mettre en pétard.
Mais je crains malheureusement que la seule alternative à cette consultation ait été le renoncement de l’État à ce projet d’utilité publique, renoncement certes catastrophique pour notre territoire, mais aussi pour tous les grands projets d’infrastructure jugés inutiles par les partisans assumés ou non de la décroissance. Là aussi, les « cryptos » ne sont pas les moins dangereux…
Forcément, quand on entend que « le débat n’a pas eu lieu », il y a de quoi se mettre en rogne ! Assurément, quand on entend parler d’ « alternatives insuffisamment étudiées », on peut être à deux doigts de s’agacer : le Conseil général avait été jusqu’à payer une étude qui avait montré l’inanité de l’idée de réorientation des pistes de Nantes Atlantique, dont le seul intérêt était la reconnaissance de facto par ses porteurs que le survol du centre de Nantes pouvait être un problème !
Et pourtant, deux ou trois choses me font dire qu’une relégitimation est peut-être incontournable, si on souhaite que le transfert se réalise, naturellement.
Il y a quelques semaines, j’ai du répondre aux sollicitations de la presse locale en raison d’une pétition sur internet signée par plus de 5000 personnes contre l’abattage (nécessaire) d’une poignée d’arbres dans le quartier du Bout des Landes. L’initiatrice de la protestation était filmée dans le cadre exceptionnellement arboré (et qui le restera !) de ce quartier bénéficiaire d’une rénovation urbaine… Surréaliste ! On avait signé de la péninsule arabique ou d’Argentine pour dénoncer les affreux bétonneurs arboricides que nous sommes… Cet exemple montre qu’une question locale, exportée par la toile forcément mondiale, peut revenir sur son territoire d’origine comme un boomerang chargé au passage de fantasmes et d’irrationalité, pour peu qu’elle rencontre les peurs du moment.
L’Aéroport du Grand Ouest, c’est un peu pareil. L’opinion largement favorable à son transfert s’est retrouvée tétanisée par l’effet retour d’une communication redoutablement efficace des opposants qui a flatté les peurs et la sensibilité de personnes qui, ne connaissant rien ni de Nantes, ni de l’ouest, ni du projet, se sont forgé une opinion sans aucun des éléments qui peuvent fonder un jugement. « Nantes n’a pas besoin d’un nouvel aéroport » ai-je pu lire un jour de la part d’un internaute du Cantal ou de Haute-Savoie, je ne sais plus. Cette affirmation péremptoire que rien n’étaye, née à l’extérieur du territoire est revenue à l’intérieur, rencontrer la tentation de la pause que nous connaissons bien, créant le doute, y compris sur le fait que l’A.G.O serait un aéroport de plus, ce dont il n’a jamais été question.
Les opposants ont aussi joué à merveille de la défiance envers les « élites » , la « classe politique » et les institutions. Bien fait pour elles, elles l’ont bien cherché me direz-vous. D’accord, mais après ? Le concept d’Ayraultport est à cet égard un coup de com’ génial. Mensonger mais génial car il a fait mouche. Ce n’est pas parce qu’on l’a surnommé il y a longtemps le Kennedy de l’ouest, que Jean-Marc rêve de laisser son nom à l’aéroport de Nantes. Pas de JMA à Nantes comme JFK à New York, n’en déplaise à ce taquin de FRAP !

Néant

Dessin rigolo mais pas sérieux !

Quiconque connaît un tant soit peu le nouvel occupant du Quai d’Orsay sait que ce genre de mégalomanie lui est complètement étrangère. Pour le grand musée d’art de Nantes ou le projet Île de Nantes, je ne dis pas, mais pour un aéroport, ça non ! Mais des gens y ont cru, loin d’ici, puis ici, au nom de la certitude ancrée par tous les populismes que les élus pensent d’abord à eux et que leur ego est plus grand que leur sens de l’intérêt général. Je sais, y en a…
Dans la même veine, une réflexion entendue dans un repas de famille me pousse aussi à me résigner à cette consultation référendaire aux contours juridiques encore un peu flous : « Je fais plus confiance à un pilote qu’à un politicien ». Cette comparaison surprenante fait référence à ces quelques pilotes qui nous expliquent que Nantes Atlantique est très bien comme ça (et plus près de chez eux, disent les mauvaises langues !). J’ignorais jusqu’ici qu’une licence de pilote, qui atteste de la maîtrise du maniement, décollage, vol, navigation et atterrissage des aéronefs donnait la moindre expertise en aménagement du territoire, en développement économique ou même en économie du transport aérien mondial. J’ai le permis de conduire une voiture, mais ça ne me donne pas la compétence pour juger, par exemple, des effets de la construction d’une rocade sur l’étalement urbain, d’un parking-relai sur le report modal, ou des évolutions possibles du marché automobile mondial. Cela, je l’ai appris ou l’apprendrai en écoutant les gens dont c’est le métier d’étudier ces choses. Leurs débats contradictoires éclaireront mon jugement. Je serais professionnel, taxi ou pilote de course, que ce serait la même chose. Mais voilà, pour quelqu’un qui prend l’avion, et bien que l’immense majorité des accidents aient une défaillance humaine pour cause principale (sans même aller jusqu’à la Germanwings…), le pilote est l’image rassurante par excellence et les dégâts faits dans l’opinion par ces interventions faussement expertes sont considérables. Et c’est l’essentiel du point de vue des opposants.
C’est l’essentiel parce que vu du gouvernement ou de l’Elysée, c’est l’opinion nationale qu’on scrute. Ils ne sont pas fous ni idiots, à Paris. Ils savent bien que si tous les élus sauf les écolos, les fachos et quelques centros sont d’accord pour dire que ce projet est plus qu’utile, pour le confirmer année après année, et être élus ou réélus sans coup férir, même et surtout quand médias et écolos s’accordent pour faire de Notre Dame des Landes l’enjeu central de toute élection, c’est qu’il y a quelques chances qu’ils aient raison !
Seulement, en dehors des interférences Ségoléniennes (cf. mon billet précédent sur la responsabilité de l’offre en politique…), il y a le drame de Sivens qui hante tous les responsables et qui est instrumentalisé de manière éhontée, scandaleuse, par un Mathieu Orphelin. Il y a la petite musique persistante sur l’illégitimité de l’investissement public entretenue par des gouffres financiers genre EPR. Cela n’a absolument rien à voir mais ça donne apparence de légitimité aux concours de pronostics sur les dérapages du « coût réel » de l’AGO. Il y a le relais naturel de médias nationaux (France-Inter, le Monde un peu moins depuis le départ de Kempf) initialement trop négligés par des porteurs du projets trop sûrs de leur bon droit. Tout cela fait qu’aujourd’hui, quand un Manuel Valls se retourne pour voir qui est prêt à le soutenir dans sa détermination à faire respecter les décisions démocratiques, les décisions judiciaires, l’état de droit et l’autorité de l’état, la vérité est qu’il ne trouve pas grand monde en dehors des élus du cru. Se débarrasser du caillou dans la godasse est une tentation largement partagée et tant pis pour l’Ouest et son développement.
Voilà pourquoi une consultation à l’échelle départementale est aujourd’hui probablement le meilleur et paradoxal moyen d’en finir avec cette incertitude en espérant que ce soit une bonne fois pour toute. Avec Stuttgart et sa gare en référence.
Pourquoi départementale ? Parce qu’à cette échelle, on a moins de risque de voir prendre des arguments irrationnels et mensongers qui prospèrent par leur dilution dans le temps et l’espace (voir plus haut). On a aussi plus de chance de répondre à la question posée et pas à une autre. Plus de chances de voir prises en compte équitablement des réalités comme le survol de l’agglomération, l’exaspération des trop nombreux riverains de Nantes Atlantique, la saturation de l’aérogare actuelle, et la qualité environnementale et énergétique du projet. On va enfin pouvoir reparler de faits vérifiables et revenir à l’essentiel de la réalité du projet !
L’idée de la zone de chalandise se heurte à la définition d’un périmètre de consultation qui ne recouperait aucune limite administrative existante. Celle des collectivités participant au financement (Régions Bretagne et Pays de la Loire), au niveau dudit financement qui reste marginal (là encore, les fantasmes et la réalité…), et à une étendue qui va trop au-delà de la zone de chalandise, notamment vers le Finistère Nord où l’aéroport de Brest restera un élément essentiel du maillage aéroportuaire de l’ouest.
Le département reste donc le territoire de consultation à le fois le plus adéquat et le plus légitime.
De la même manière qu’on ne va pas continuer les débats jusqu’à ce qu’ils veuillent bien accoucher de la décision souhaitée par les minorités agissantes, on ne va pas étendre le périmètre de consultation jusqu’à faire décider de l’avenir de notre territoire par les argentins ou émiratis qui signent les pétitions contre l’abattage des arbres malades au Bout des Landes…
Votez oui au transfert de l’aéroport de Nantes de Nantes Atlantique à Notre Dame des landes, futur Aéroport du Grand Ouest !

Mon Président, j’ai un truc à te dire… (II)

janvier 18th, 2016

Je te le dis tout net, j’ai été fier de mon Président en janvier comme en novembre 2015. Tu as eu le ton, posé les actes qui convenaient et pris des décisions que je ne discute pas. Pourtant, les mesures ou états d’exception, je n’aime pas trop. Le moins longtemps possible en tous cas. Une des fierté de la gauche gouvernante restera la suppression de la Cour de sûreté de l’état.
Les association de défense des droits de l’homme jouent leur rôle et c’est normal. Nous avons besoin de leur vigilance, question d’équilibre. Force m’est de reconnaître que certaines actions récentes des forces de police ont pu relever d’un opportunisme contestable par principe.
Mais pour tout te dire, les liens entre délinquance de droit commun et les assassins fascistes de 2015 sont suffisamment établis pour aller ratiociner sur les conditions juridiques de mise hors circuit d’un paquet d’armes diverses. De même, l’état d’épuisement des forces de sécurité justifie qu’on ne soit pas obligé de les mobiliser pour escorter des supporters de foot ou des défenseurs de campagnols amphibies, tant que ces catégories pacifistes emmènent dans leurs bagages des gugusses qui le sont beaucoup moins.
Ce faisant, tu as pris en compte l’aspiration que je crois légitime de nos concitoyens à la protection, à l’ordre et à l’autorité. Pas bien de gauche tout cela ? J’avoue qu’en la matière, Ségolène Royal a fait bouger les lignes, avec ses intuitions politiques qui relèvent parfois de la fulgurance, même si elle en fait ensuite un usage généralement désastreux. Je me souviens de mon malaise quand elle nous avait recommandé en 2007 de pavoiser nos balcons le 14 juillet. J’ai été plus nourri de Brassens, (« La musique qui marche au pas, Cela ne me regarde pas » dans La Mauvaise Réputation) ou de Cabu (Son mythique « A bas toutes les armées » acheté à un barbu sur le remblai des Sables d’Olonne en 1978…).

Moins de 10 ans plus tard, les circonstances dramatiques exceptionnelles y étant certes pour beaucoup, c’est sans hésiter que j’ai accroché le petit drapeau tricolore, souvenir d’un des tes meetings présidentiels, à la grille de mon jardin. Et j’ai un gros regret : le soir du 7 janvier, la place Royale de Nantes était trop petite pour contenir la foule qui s’y pressait. Tout près de moi, un homme a commencé à entonner la Marseillaise. Un vieux gaucho nantais l’a immédiatement coupé, l’air offusqué qu’on puisse ainsi célébrer Charlie, la liberté d’expression, de création, et l’esprit de résistance. J’ai eu alors très envie de reprendre l’hymne national à plein poumons. Je n’ai pas osé. J’ai eu tort.

Au-delà de cette approbation générale de ton action devant ces nouveaux périls, j’avoue que je ne comprends pas la nécessité des postures inutilement droitières de ton premier ministre. Non que je me joigne à la cohorte des inquisiteurs de carnaval qui décernent ou retirent les certificats de gauche. Ne pas voir que nous avons affaire à un fascisme d’un nouveau genre et qu’il faut y répondre sans faiblesse, nier que ces gens qui prennent l’islam en otage de leur fascinations morbides et totalitaires nous ont déclaré la guerre et refuser d’assumer cet état de fait n’est pas sérieux.
Dès lors, chercher dans nos interventions militaires extérieures, dans le conflit israélo-palestinien ou dans ce que Manuel Valls a lui-même nommé apartheid dans nos cités populaires les raisons de cette folie meurtrière est plus qu’erroné, fautif.
Je n’en partage pas l’inspiration, mais la démonstration de Paul Berman dans le Monde m’a bien interpellé. (cliquez ici ). De là à prétendre que chercher à comprendre est le début de l’excuse, il exagère Manuel !

C’est pourquoi je ne comprends pas que tu aies été te mettre tout seul dans ce bourbier qu’est devenu le débat sur la déchéance de nationalité !
Anne Hidalgo a tout de suite et justement observé que le 13 novembre, c’est notre art de vivre qui a été frappé. Que les lieux et le quartier visés par les fascistes assassins n’étaient pas choisis au hasard. C’est une raison légitime pour notre communauté nationale, si on veut bien se souvenir que notre identité est faite de valeurs et non d’origines, d’exiger que les auteurs de cette barbarie soient mis au ban de la communauté et qu’une peine spécifique le symbolise et le sanctionne.
Alors pourquoi pas la nationalité ? Parce qu’elle confère une existence.
J’ai souvent objecté à ceux qui encourageait à s’affranchir du poids de l’opinion majoritaire pour telle ou telle orientation, à partir de l’exemple de l’abolition de la peine de mort, que la singularité de la peine de mort rend vaine toute comparaison. Mais ce qui s’en approche le plus, c’est bien la nationalité sans laquelle l’individu n’a plus d’existence légale voire sociale. Donc, non seulement la déchéance de nationalité est bien une remise en cause du droit du sol, non seulement les bi-nationaux et leurs enfants la reçoivent comme la signification d’une citoyenneté de second rang (vous avez dit « apartheid », M. le Premier ministre ?), mais elle a en plus un caractère définitif et privatif d’existence qui la rend incompatible avec nos valeurs républicaines. Pour une mesure qui revendique presque son absence de portée concrète (les barbares s‘autodétruisent) et son inefficacité antiterroriste, ça fait beaucoup.

D’autant que, si je te fais une grande confiance ainsi qu’aux femmes et aux hommes qui nous gouvernent aujourd’hui, c’est moins le cas pour ceux qui aspirent à vous remplacer. Mitterrand disait que la Vème République était dangereuse avant lui et le redeviendrait après. C’est un peu pareil. Imagine ce qu’une droite dite décomplexée pourrait ajouter à la liste des crimes susceptibles de mériter la déchéance de nationalité. dans quel engrenage met-on le doigt ?
Alors comment déchoir sans déchoir ?
Du Parti socialiste à son groupe parlementaire (là-aussi, si c’est Dominique Raimbourg qui s’en occupe, ça rassure), on cherche la sortie. Elle doit se trouver dans une déchéance (puisqu’il faut déchoir !) de la citoyenneté, sorte de privation étendue des droits civiques, civils, économiques, sociaux, de tout ce qui fait qu’il fait bon vivre chez nous, malgré les nouveaux fascistes et malgré tout le reste, dont il faut aussi s’occuper…

(à suivre)

Mon Président, j’ai un truc à te dire… (I)

janvier 15th, 2016

Mon cher Président de la République que j’ai voulu avoir,
Ce blog s’était assoupi sur un appel à te donner une majorité parlementaire après ta victoire 2012. Il était donc normal qu’il se réveille avec toi trois ans et demi plus tard. J’ai choisi de te dire « tu ». Peu respectueux de tes hautes fonctions mais après tout, j’ai milité ardemment pour ta victoire dès les primaires. Oserai-je préciser que je t’ai souhaité comme candidat puis comme Président avec Jean-Marc et plein d’autres et pas Manuel Valls avec Emmanuel Macron ? Mais je chipote !

En effet, j’assume et revendique aujourd’hui encore ce choix. Je considère les frondeurs de l’intérieur (du parti) genre Jérôme Guedj comme des boulets au même titre que leurs semblables de l’extérieur genre Mélenchon. Je revendique ma solidarité avec ton action et ma loyauté comme préalables de principe. Non que je sois d’accord avec tout (on va y revenir…); non que je considère les résultats satisfaisants (toi-même, j’en suis sûr…). Je pense juste que nous sommes sur le même bateau et qu’ouvrir une voie d’eau ne l’aidera pas à remonter le vent. Nous appartenons à la même équipe de foot (on a ça en commun) : faire un symposium sur la pelouse sur le projet de jeu de l’entraineur pendant le match au nom de la démocratie dans le vestiaire, après avoir tiré avec constance vers son propre but au nom de l’autonomie des acteurs n’est pas un gage de réussite, ni de victoire. Bref, au moment de mon évaluation ultime (le jugement dernier, c’est pas mon truc), je veux présenter plus d’états de service que d’états d’âme. Si je me réjouis que la gauche soit synonyme de liberté, de fantaisie, de créativité, de réflexion, d’émancipation, de rébellion, voire d’insoumission, je suis atterré de sa capacité d’autodestruction par la division et l’émiettement. Nous sommes en compétition politique avec la droite républicaine qui est notre adversaire et l’extrême-droite qui est notre ennemie. A défaut de pouvoir être disciplinés ( à l’impossible, nul n’est tenu…), soyons au moins solidaires.

Si j’osais, je dirais que la politique a à voir avec le marché, avec l’économie… En politique aussi, il y a une stratégie de l’offre et une de la demande. Construire une offre politique confère une responsabilité. C’est un acte qu’on ne peut simplement justifier par sa légalité intrinsèque ou par la conviction qu’il y aurait une demande. Toute candidature est légitime. Toute prise de position est légitime. Je pense cependant que celles qui n’ont d’autre sens ou d’effet que d’affaiblir leur propre camp sont regrettables et « a-responsable ». Je ne veux pas employer le terme d’irresponsabilité car il a une connotation inutilement blessante. J’affirme simplement ma solidarité avec celles et ceux dont j’ai souhaité qu’ils prennent le manche, qu’ils mettent les mains dans le cambouis et qu’il prennent le risque de la responsabilité gouvernementale, de la gestion, quand tant d‘autres restent commentateurs ou contempteurs, a-responsables.

Je le fais d’autant plus volontiers que j’ai la conviction que la politique menée n’a qu’une d’alternative : une politique de droite ultra-libérale cassant les fondements de notre modèle social. L’alternative dite de gauche repose sur des grilles d’analyses incapables de rendre compte de la réalité d’aujourd’hui, outre son incapacité congénitale à créer le cadre et les outils politiques de sa mise en œuvre plus de 6 mois, et l’affaiblissement de son propre camp que génère son énoncé inutilement et vainement répété (cf. plus haut sur la responsabilité de l’offre en politique). Elle garde des digues depuis longtemps submergées et croit que se tirer une balle dans chaque pied peut aider à courir plus vite. Je soutiens donc la politique que tu conduis dans ses grandes lignes : restauration de la compétitivité de notre économie, sérieux budgétaire et rétablissement des comptes publics, préservation de notre modèle social, protection des plus fragiles. Ensuite, je peux avoir des impatiences, des incompréhensions, des doutes, des désaccords sur telle ou telle mesure, sur le rythme et l’ampleur des réductions des dotations aux collectivités par exemple ! Mais je fais le choix conscient et déterminé de les réserver au débat interne. C’est ma conception de la responsabilité en politique, tant que l’essentiel n’est pas en cause.

Et, justement…

(à suivre…)

L’ effet papillon…

septembre 13th, 2012

A la suite du bug du mardi de la rentrée scolaire qui a vu des bus coincés rue du Calvaire et sur le cours des 50 Otages, j’étais l’invité de 7 h 50 sur France Bleu Loire-Océan. J’ai aussi été interrogé sur la prestation de mon Président Hollande que j’ai la veille au soir… Cliquez sur le lien !

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Donnons une majorité à François Hollande !

mai 11th, 2012

D’abord il faut que je vous remercie, vous les citoyennes et citoyens de Nantes Nord. La métaphore sportive convient assez bien pour décrire les joutes électorales. Je vous remercie donc pour le score que votre mobilisation civique et votre soif de changement ont permis à François Hollande d’atteindre dans notre quartier. 6567 voix, 67,53 % des suffrages exprimés, 78 % de participation : j’aurais signé pour ce résultat au début du match comme à la mi-temps !
C’est sûrement un peu présomptueux, mais je veux aussi voir dans ce score une réponse à la campagne de terrain que nous avons menée, ici comme ailleurs. L’occasion de remercier également les militant-e-s qui m’ont accompagné dans ce marathon de porte à porte qui nous est habituel (le planning prévisionnel en est désormais juste à 2 h près !) mais qui n’avait jamais été aussi complètement accompli pour une élection présidentielle. J’ai même été jusqu’à casser les oreilles à un nombre certain d’entre vous avec une nouvelle édition de la tournée sonorisée (la sono était très performante !) que je m’honore d’être le seul élu à faire jusqu’au pied des tours de nos quartiers populaires et d’y être bien reçu par le plus grand nombre.
Le résultat de l’élection est donc une récompense que je m’autorise à goûter comme telle !
Nous avons enfin un président de gauche !
En plus, c’est celui que j’avais choisi dès le départ ! Il n’y avait pas grand monde à Lorient en juin 2009 ? Eh bien j’y étais, porteur d’un message de Jean-Marc Ayrault de surcroit. Joie, émotion et un brin de fierté, donc.
Sauf que maintenant, les ennuis commencent. « Enfin ! », disait Blum ! (j’ai dit Mendès-France par erreur à un journaliste radio dimanche soir). Et les plus jeunes vont apprendre qu’être dans la majorité qui gouverne, surtout dans une période aussi difficile, c’est exaltant, mais ce n’est pas un long fleuve tranquille…
D’abord, une majorité, il faut lui en concocter une au Président que nous avons donné à la France. Et à ceux qui vont l’accompagner, dont un que nous allons probablement devoir prêter au pays avec la même élégance que les Corréziens l’ont cédé lui-même.
Il faut donc gagner les législatives pour ouvrir véritablement la période nouvelle que nous avons tant espérée.
Chacun fera son maximum, à l’endroit où il se trouve, je n’en doute pas. Nous aussi, je parle là au nom de tout-e-s les militant-e-s socialistes de la 1ère circonscription de Loire-Atlantique.
Et moi aussi, qu’on se le dise !
Notre particularité locale est d’avoir élu en 2007 un député écologiste. Nous l’avions souhaité alors qu’aucun accord national entre partis ne nous y invitait. Notre détermination et notre abnégation collective d’alors ont permis l’élection de François de Rugy. J’y ai pris ma part. Avec ardeur militante et avec un bonheur persistant tant cette campagne victorieuse reste un bon souvenir.
Le climat de nos relations partenariales avec ce qui est devenu « Europe Ecologie Les Verts » a connu depuis lors quelques fluctuations. J’y ai pris ma part. Avec la gourmandise de celui qui refuse tellement d’être dupe de la part de comédie humaine qui se joue dans la vie politique qu’il est incapable de se dispenser d’en souligner les travers, et dans un rôle proche de celui du nettoyeur dans une mêlée ouverte de rugby, rôle que les circonstances et des aptitudes certaines à la taquinerie m’ont gentiment dévolu dans le casting politique local. Il faut bien faire briller les 3/4 !
Car l’union est et reste un combat !
Ce combat-là, il nous faut désormais le gagner dans un tout nouveau contexte. Celui d’une ère d’espérance qui s’ouvre, avec un Président et un gouvernement enfin conformes à l’idée que nous nous en faisions. Elle ne nous demandera pas moins d’abnégation que la précédente ; pas moins de détermination, et encore plus de sens des responsabilités. Il n’est pas dit que nous y trouvions moins de satisfactions et de plaisir !
Pour cela, il faut que François de Rugy soit réélu député dans notre 1ère circonscription. Son bilan de député le justifie d’ailleurs. Il a été utile, comme parlementaire, c’est-à-dire comme élu de la nation qui élabore, vote les lois et contrôle l’action du gouvernement, à celles et ceux qui l’ont élu en 2007. Quel contraste avec son prédécesseur !
Cette fois, si notre détermination à en faire le candidat de toute la majorité présidentielle, de gauche, écologiste, républicaine et humaniste venait à faire défaut, elle serait suppléée par la ferme invitation d’un accord national entre partis. Mais il ne s’agit pas que de discipline, même si elle fait partie de l’élégance que nous devrons peut-être avoir de prêter notre Maire à la France : imaginez un non-respect de l’accord national dans sa ville… ça ferait désordre et ce n’est pas le moment !
Il s’agit d’abord de donner toutes ses chances de succès à la période nouvelle qui s’ouvre. Et, ça, franchement, ça me fait envie !
Les désaccords et agacements réciproques sont faits pour être surmontés et dépassés. Nos petites personnes et nos égos sont de peu d’importance au regard de la cause que nous défendons qui est tellement plus grande que nous-même. Dans la vie politique, il y a les péripéties, les anecdotes, les désaccords et les disputes, mais il y reste l’essentiel : l’intérêt général. C’est le point de vue que François et moi partageons.
C’est aussi, je n‘en doute pas un instant, l’exigence commune entre les 6567 électeurs de François Hollande à Nantes Nord et ceux du reste de la circonscription.
Le moment de l’enthousiasme partagé d’une victoire historique est le meilleur qui soit pour ouvrir la page suivante.
Je serai donc pleinement aux côtés de François de Rugy pour la campagne législative qui s’ouvre et j’appelle tous ceux qui veulent la réussite du quinquennat de François Hollande à se mobiliser avec moi. Si mes camarades socialistes m’en donnent mandat, je serai à nouveau son suppléant pour les 10 et 17 juin.
Sa réélection, gage de l’obtention de la large majorité dont François Hollande a besoin, sera la victoire de tous. Je prends ma part !

Dimanche prochain, rendez-vous avec le changement !

mai 1st, 2012

Le 6 mai, votez et faites voter François Hollande !


Appel à voter François Hollande 2012 par Pascal… par pascalbolo

Le changement, c’est maintenant !

avril 9th, 2012


Clip officiel de campagne de François Hollande -… par francoishollande

La République, l ‘égalité, la justice. Partout.

mars 16th, 2012

Je le sentais bien depuis quelques jours : les habitants des quartiers populaires, s’il n’en peuvent plus de Sarkozy, cherchaient un peu en quoi le projet de François Hollande s’adressaient aussi à eux. Les commentateurs faisaient écho à ce sentiment : les quartiers hors de la campagne ? François Hollande a répondu à cette attente avant hier, dans son discours de Marseille qui pour moi est aussi important que celui du Bourget. Outre l’extraordinaire ambiance qui se dégage, preuve que François Hollande n’est pas seulement le seul en mesure de sortir le sortant, mais celui qui porte l’espoir d’une politique nouvelle et d’une République retrouvée, les engagements et les mots prononcés sont ceux que les habitants des quartiers populaires étaient en droit d’attendre de celui qui est plus que jamais leur candidat. C’est sûrement une coincidence : Jean-Marc Ayrault est intervenu lors de ce meeting. Je vous mets la vidéo de sa réaction après le discours de François Hollande et je vous propose l’intégrale du discours de Marseille du futur Président de la République.


Discours de Marseille le 14 mars par francoishollande


Meeting de François Hollande à Marseille : Jean… par PartiSocialiste

Bonne année 2012 à toutes et tous !

janvier 15th, 2012

J’avais bien envie de faire une petite vidéo, moi aussi, pour présenter mes vœux les plus sincères à mes concitoyennes et concitoyens de Nantes Nord, eux qui m’ont renouvelé leur confiance en 2011.
Mais je voulais que ce soit un peu vivant, moins figé, que ce que j’ai pu voir ici et là depuis 15 jours.
Alors, j’ai saisi l’occasion du repas du nouvel an du Comité d’Action de la Petite Sensive.
Merci aux convives qui n’ont pas vu d’inconvénient à ce que mon petit mot soit filmé, et eux un petit peu avec, merci encore à Marcel qui a tenu le caméscope pendant que je parlais, et merci à Christine, Claude, Jacqueline et tous les autres pour leur accueil autour d’Olga. Pardon pour les quelques fautes de français, (dont une plus énorme que les autres !) et encore bonne année 2012 à toutes et à tous !


MES VOEUX aux habitants de Nantes Nord pour 2012 par pascalbolo