Fin de campagne

avril 21st, 2017

C’était il y a 15 ans aujourd’hui. L’impensable se produisait. Par le croisement de courbes que le simple rappel des marges d’erreur des sondages auraient du révéler comme possible, si on avait su mieux les lire. « Comme un coup de tonnerre » dira Lionel Jospin. devant des millions de gens en pleurs ou pas loin.

Je crois que c’est depuis cette date que je me bats pour que chaque scrutin soit utilisé « conformément à son objet » dans le cadre des institutions en vigueur et non d’autres que je pourrais souhaiter. Donc, à toutes celles et tous ceux qui, lors de mes permanences ou dans la rue, m’ont fait part de leur perplexité et sont parfois allés jusqu’à me demander une recommandation de vote, je veux d’abord dire de ne pas se tromper d’élection. Il s’agit de choisir un président ou une présidente de la Vème république française. Rien d’autre. Mais rien de moins.

Le premier tour, ce dimanche, servira à dire qui sera au second, en finale… Donc il faut aller voter. Même si vous en avez marre. Vous pensez que cela ne changera rien à votre existence, à vos difficultés ? Aucun candidat ne trouve grâce à vos yeux ? Comment ne pas vous comprendre ? Vous n’en êtes pas moins titulaire exclusif de cette fraction de millionième de responsabilité de la manière dont la France va être gouvernée pour les 5 prochaines années. Utilisez-là, je vous en conjure !

Nous allons donc collectivement éliminer dimanche neuf candidats et candidates. La règle ne permet à chacun de nous que de sélectionner un bulletin et un seul.

Ce bulletin ne peut pas être celui de la fille Le Pen. Elle et ses sbires ne sont pas des patriotes mais des volontaires pour se coucher devant des puissants genre Poutine ou Bachar El Assad, après Pinochet, Videla ou Sadam Hussein, après Franco ou les généraux putschistes d’Alger, après Hitler ou Mussolini que leurs prédécesseurs ont adorés. C’est terrible les filiations. L’ADN se transmet en politique comme en génétique humaine. Je peux toujours porter une moumoute, je serai chauve dessous comme mes ancêtres… Qui cela pourrait-il tromper ? Quant à son programme, sa mise en œuvre serait évidemment catastrophique. Je peux partager les déceptions ou les dégoûts. Comprendre les colères et l’envie de renverser la table. Soutenir l’aspiration à la tranquillité et à la sûreté, droit républicain fondamental. Mais la division, la fragmentation, l’exclusion, la haine, et donc la violence, ne régleront jamais rien. Ils créeront toujours plus de désordre.

Dessin de Xavier Gorce – www.lemonde.fr – 18-04-2017

Le bulletin ne peut pas être non plus celui du héraut de la France dite insoumise. Je ne le confonds aucunement avec la précédente. Mais ils sont hélas deux points communs : d’abord une tentation autoritaire dans la conduite des affaires publiques comme dans celles des rapports sociaux. Ni avec les mêmes objectifs, ni au profit des mêmes catégories. Mais cette mise en tension ne nous aiderait pas à répondre aux enjeux auxquels nous sommes confrontés. Ensuite, leur rapport à la construction européenne n’est pas le mien, même si c’est, là encore, sur des valeurs bien distinctes. J’avais voté OUI au Traité Constitutionnel Européen en 2005, craignant une panne du projet européen en cas de rejet. Avais-je vraiment tort ? Le Traité de Lisbonne a techniquement repris pour partie ce qui avait été rejeté. Mais la panne de la construction politique et citoyenne, elle est là et toujours là. Le plan B n’existait pas. Il n’y a pas d’avenir pour notre pays et pour notre modèle social hors du projet européen et il n’y a pas de progrès du projet européen possible hors d’une démarche de compromis successifs. Les ultimatums, même français ne mènent à rien. La sortie des traités européens et de l’Euro serait une régression terrible que nous payerions au prix fort. Sans qu’il soit besoin de dire que je ne crois pas une seconde aux programmes d’économie administrée reposant sur un repli protectionniste quels qu’en soient les formes, je vous exhorte à ne pas voter Mélenchon. C’est une tromperie. Un mirage. Ou son hologramme. Read the rest of this entry »

Où étiez-vous donc, M. le 1er adjoint ? A la Grillonnais, Mme le Maire !

avril 3rd, 2017

Comme dirait quelqu’un que j’aime bien : « la parole donnée, cela compte pour moi».

C’est donc l’histoire d’une promesse, celle faite à des jeunes en situation de handicap rencontrés à la cérémonie des vœux de l’Association des Paralysées de France…en janvier 2016. C’était mon problème. La promesse n’était plus de toute première fraîcheur… J’avais donc fixé la date de la visite promise à l’IEM-FP de la Grillonnais (Institut d’Education Motrice et de Formation Professionnelle)…juste avant la cérémonie de vœux 2017, histoire de pouvoir y assister sans trop de « h’chouma » pour reprendre le mot au sens si subtil appris de Djamel Debbouze.

Sauf qu’entre temps et un premier report plus tard, il a plu à la personne que j’aime bien de modifier un poil le calendrier du Conseil municipal… Et voilà ma promesse qui tombe plein conseil, après que j’ai séché le conseil métropolitain pour cause de (petites) vacances.

Au risque de fâcher la personne que j’aime bien, que c’est quand même la patronne (un premier adjoint, c’est fait pour être assis à sa droite pendant le conseil municipal pas pour aller folâtrer à Basse-Goulaine !), j’ai donc décidé d’honorer quand même ma promesse.

J’avoue que je ne regrette pas ! La Directrice du lieu, Mme Sophie Recoquillé, a juste un peu aidé Maxence (le président) Ewen, Olivier et les autres élu-e-s des usagers, à me faire visiter ateliers et lieux de vie où ils se construisent un avenir d’autonomie, un projet de vie globale, avec autant de détermination que de pragmatisme, devant la (dure) réalité de leur handicap. Qu’ils soient ici remerciés de la qualité de leur accueil et de leurs explications. Mais aussi de leur franchise.

C’est en effet ma casquette de président de la SEMITAN qu’ils m’ont vissée sur la tête pour, après la visite, rejoindre Alain VEY, maire de Basse-Goulaine pour une revue de ce qui ne va pas sur notre réseau de transport. Ils avaient pris des photos de la rampe du Busway trop raide pour le fauteuil électrique, du trottoir trop étroit pour manœuvrer ledit fauteuil, du trottoir non bitumé à l’arrêt de bus…

J’ai pu constater qu’en dehors des aspects spécifiques à leur condition d’usagers en situation de handicap, leurs doléances sont aussi celles de tous les jeunes, leur exigence de qualité service et de relation avec les conducteurs très similaires à celle de l’ensemble de notre clientèle.

Nous allons donc faire étudier la liste qu’ils m’ont remise. Nous ne pourrons peut-être pas tout faire exactement comme ils le souhaitent mais nous ferons le maximum et nous expliquerons le reste aussi franchement et respectueusement qu’ils m’ont interpellé. L’ami Jean-Pierre Chambon, qui est un banc d’essai de l’accessibilité de nos transports publics à lui tout seul, n’a rien à craindre, la relève est là !

Il y a un aspect que je n’ai pas abordé avec eux, parce qu’ils n’y peuvent rien. C’est celui du choix de localisation de tels établissements. Je me doute que le foncier nécessaire à un projet de cet ampleur, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval dans une métropole comme la nôtre. La tentation de s’installer là où une opportunité adaptée au projet développé se présente est grande. La qualité du site de la Grillonnais est remarquable. Un outil magnifique au service de ses jeunes usagers. Mais il est clair qu’aujourd’hui, il faut s’efforcer de positionner ces établissements le long des axes structurants de transports 100% accessibles comme les espaces publics qui les bordent. Le centre de la Tourmaline situé le long de la Ligne 3 du tram est un bon exemple en la matière. Car il sera toujours plus difficile d’adapter a posteriori un espace public de zone pavillonnaire, ou de centre bourg, peu dense, excentré, avec des transports collectif aux performances forcément plus modestes à tous points de vue. En attendant, on va essayer d’améliorer celles des lignes qui desservent le lieu où Olivier, Ewen, Maxence et les autres ont besoin d’un coup de main pour vivre leur vie, comme tout le monde. L’inclusion, ils disent à l’A.P.F.

Éloge des vieux politiciens

mars 13th, 2017

« Vous connaissez Dame Gertrude,
C’est une femme à sentiment,
Qui n’est ni coquette ni prude
Et qui pense solidement.
On ne voit pas chez cette belle
De jeunes gens avantageux.
Ce sont des vieux, ce sont des vieux
Qu’elle aime à recevoir chez elle
Ce sont des vieux, ce sont des vieux,
Qu’avec raison elle aime mieux…  »

Cette pépite dYvette Guilbert (Le Boloblog se doit d’instruire les jeunes générations sur leur patrimoine chanté à écouter ici) peut-elle s’appliquer en politique ? A l’heure où la Macronite aigüe succède à d’autres manifestations d’un profond désir de renouvellement du personnel comme des pratiques politiques, doit-on faire l’éloge des vieux ? Ou peut-on s’y risquer, un poil avant d’être accusé de plaidoyer pro domo ?

Ce dessin de FRAP pour Télénantes date de 2010

La gérontocratie soviétique n’est certes pas mon modèle. Je suis bien convaincu que le temps des carrières de plusieurs décennies est révolu et c’est un incontestable progrès. Pour autant, j’ai toujours été agacé par la grossièreté du geste qui consiste à montrer la porte à un maire ou député au motif qu’il a atteint l’âge légal de la retraite (et qu’il détient un mandat envié, parce que bien des maires âgés de communes aussi anonymes qu’eux ont du mal à décrocher faute de remplaçants !). Que je sache, la droit à la retraite est une conquête visant à protéger les travailleurs pour leur vieux jours, pas une relégation avec perte du droit à une citoyenneté active potentiellement caractérisée par l’exercice d’une fonction élective ! Et, si nous déclarons inapte à la fonction politique active tous les plus de 65 ans, on va avoir quelques difficultés de fonctionnement d’une part, et de représentativité démocratique d’autre part, eu égard à une pyramide des âges qui illustre leur poids démographique dans les années à venir ! Mais là n’est pas le centre de mon propos. (Introduire un article par une digression, il faut oser…).

Quoique.

Un récent échange Facebookien avec un ami qui s’est légitimement reconnu dans mon précédent post, me laisse à penser que, non seulement on veut envoyer à la retraite les élus blanchis sous le harnais, mais qu’en plus, on leur dénie ce qui pourrait éventuellement leur rester : le pouvoir de la parole, le magistère du témoignage, l’autorité morale ou intellectuelle. Mieux, il conviendrait de veiller à ce que les médias de service public s’interdisent de leur ouvrir leurs micros, la parole politique et sur la politique étant exclusivement réservée, outre aux commentateurs, éditorialistes et dessinateurs de presse, aux élus en exercice, seuls dotés de la légitimité démocratique. On voit bien là se dessiner une double discrimination : par l‘âge d’abord, par le statut d’ancien élu ensuite ! Read the rest of this entry »

De l’obsolescence, de la sagesse…

mars 11th, 2017

Il est devenu banal de s’esbaudir ou de se lamenter ou de s’avouer perplexe devant le tour de force ou de magie du dénommé Macron Emmanuel, candidat cru (du verbe croire) quand il voue aux gémonies un système dont il est un des produits les plus purs. Un des plus brillants aussi, c’est une partie du problème de Benoît, mais ça n’a rien à voir. J’avais déjà relevé que Manuel Valls ne s’en est jamais remis, cornérisé par la trahison méthodique de l’époux de Brigitte (pas notre JMA, hein!) qui a préempté la modernité à son profit exclusif.

Autre phénomène relevé dès le début d’ « En marche ! », l’ancienneté politique si ce n’est l’âge des parrains initiaux du jeune homme. Gérard Collomb, Jean-Claude Boulard… Ce n’est pas la Jeune Garde !

Et voilà que ce phénomène prend de l’ampleur ! Deux anciens maires auxquels je voue une admiration certaine pour des raisons différentes, Bertrand Delanoë et Joël Batteux. Et un ancien président de Région pour lequel l’affection et la reconnaissance s’ajoute à l’admiration, Jacques Auxiette. Et Robert Hue (ne riez pas, sa tribune dans le Monde est quand même tissée d’une intelligence et d’une lucidité qu’on espère plus de… Non. Pas de noms, il y en aurait trop !). Et Patrick Braouezec. Et peut-être Le Drian, et, qui sait, JMA, Bartolone…

Bref ! Le jeune chantre de la rénovation du système politique serait d’abord soutenu par un quarteron de politiciens en r’traite ou pas loin ! « Que représente M. Delanoë ? Au nom de quoi est-il invité à la matinale de France Inter ?» s’égosille un analyste local ? « Tous ces gens vont à la soupe, chercher des postes », ose la rumeur facebookienne, oubliant que la caractéristique commune de tous ces caciques est justement de n’être plus demandeur d’une quelconque investiture et allant parfois jusqu’à leur dénier la qualité d’hommes de gauche.

On peut tout à fait postuler que tous ces barons chenus sont des vestiges des temps anciens, les réputer frappés d’obsolescence, de sénilité politique, traces presque effacées du cycle d’Epinay, bons à exposer au Chronographe….

On peut les soupçonner de ne concevoir que le déluge comme pouvant succéder à leur glorieuse époque, de traiter avec la condescendance du patriarche cacochyme et malveillant notre malheureux et légitime candidat primé, vieux beaux indignes, redoutant par dessus tout de devoir admettre qu’on se porte très bien voire mieux libéré du joug de leur férule tutélaire ! Read the rest of this entry »

Faire vivre le débat démocratique

mars 4th, 2017

Bon, ben voilà, c’est fait. J’ai rempli mon parrainage de Conseiller départemental pour Benoît Hamon et, promis, je le posterai !

Je le fais d’abord par cohérence et discipline : élu socialiste, encarté depuis plus de 30 ans, je dois mon parrainage au candidat de mon parti. Point barre.

Ou alors, c’est que je quitte mon parti. Ce qui, selon moi, serait une erreur et une faute.

Une erreur car la ligne politique qui est la mienne est majoritaire au sein du P.S au regard du seul indicateur qui vaille : le dernier congrès. Ceux qui prétendent que la primaire y a changé quelque chose se trompent lourdement : la primaire, ça désigne le-la candidat-e, pas l’orientation du parti. Et quand bien même un candidat minoritaire dans son parti vient à gagner cette primaire, c’est par un collège électoral différent. Le respect du vote militant, c’est une base, que je sache… Si un scrutin ouvert au-delà du parti venait annuler le vote des militants, je garderais ma cotis’, moi !

Et donc, revenons à nos moutons, si les majoritaires quittent le parti, ils le laissent…aux minoritaires, c’est arithmétique !

Pour ma part, j’aime les minoritaires du P.S quand ils le restent. Ils ont, en tant que minoritaires, une fonction, une utilité, un ADN politique. C’est leur vocation : leur pensée politique est conçue pour rester minoritaire. Leurs pratiques politiques et leurs postures sont cohérentes avec elle. Qu’un accident politique ou une désertion massive viennent à les rendre majoritaire, le P.S serait voué lui-même à la minorité, à l’opposition permanente, livrés aux maladies infantiles persistantes de la gauche (cf. de nombreux posts précédents), condamné à laisser la droite gouverner. Donc, pas d’erreur, je reste au P.S ! On ne va pas le laisser entre des mains qu’on ne saurait qualifier de mauvaises, juste d’inadaptées à sa vocation de parti de gouvernement. Le transformer oui, c’est urgent, et en profondeur ; le saborder, non ! Read the rest of this entry »

Macron-Hamon : pile et face ?

février 20th, 2017

Il m’est venu une drôle idée… Et si le Revenu Universel de Benoît Hamon et l’Uberisation incarnée par Emmanuel Macron n’étaient que les deux faces de la même pièce ? Je m’explique.

Dessin de Xavier Gorce www.lemonde.fr 14-02-2017

J’ai entendu ma collègue Christine Meyer, prof’ de philo aux repères républicains ancrés dans quelques décamètres de fondations en béton, expliquer, références à l’appui, que le Revenu Universel était peut-être d’inspiration libertaire mais sûrement pas de gauche.

J’ai entendu une autre fois un spécialiste de l’entreprise, indubitablement homme de gauche, me susurrer que nous devrions peut-être bien réfléchir à la fin du salariat.

Je tire de ces deux conversations que le P.S est décidément responsable et coupable d’un manque de travail théorique rédhibitoire pour offrir une perspective collective aux masses laborieuses (ou qui voudraient bien l’être ou le redevenir).

En tous cas, la convergence entre les deux démarches me saute aux yeux.

Que dit mon candidat Benoît que j’ai ? Que la révolution numérique va détruire tellement d’emplois qu’il faut envisager la fin du travail comme modèle dominant et remplacer des allocations sous conditions de ressources financées par des cotisations ou par l’impôt, par un Revenu Universel financé par l’impôt.

Que dit Emmanuel Macron ? Que les systèmes paritaires ont vécu, que le financement de la protection sociale par des cotisations assises sur les salaires a vécu, que le RSI doit être supprimé, et qu’un régime universel de sécurité sociale financé et géré par l’état doit remplacer le système actuel.

Je n’ai pas encore détaillé le programme fiscal de Macron mais je ne doute pas qu’il sera d’accord avec Hamon (et avec moi !) pour décréter, corollaire du prélèvement à la source, l’individualisation de l’impôt sur le revenu, la fin du quotient familial, et la fusion IR-CSG avec un crédit d’impôt par enfant à charge. Observons avec Jean-Marc Ayrault qui s’y est abîmé la dentition que la condition de la constitutionnalité de cette fusion est liée à la perte officielle et définitive du statut de cotisation de la CSG.  Il lui interdit en effet aujourd’hui d’être progressive et non plus proportionnelle. Je sais, c’est technique, mais essentiel. Le Conseil constitutionnel a toujours considéré que l’impôt pouvait être progressif pour être redistributif (on paye proportionnellement plus si on gagne plus pour réduire les inégalités) dans la limite d’un caractère confiscatoire. Il a maintes fois affirmé que ce n’était pas le cas pour les cotisations sociales : on paye proportionnellement autant quel que soit son niveau de revenu pour bénéficier des mêmes droits et prestations. Seul un plafonnement est paradoxalement admis (toujours l’angoisse de la confiscation).

Or, la C.S.G, qui a toute les caractéristiques d’un impôt sur le revenu, a encore un statut (et un nom) officiel de cotisation, concession historique aux pourfendeurs d’une « nationalisation de la sécu », Force Ouvrière en tête.

Voilà donc que la proposition fiscale d’Hamon se trouve être parfaitement adaptée à la proposition sociale de Macron, elle même parfaitement adaptée au fameux Revenu Universel… Read the rest of this entry »

Et pendant ce temps, dans le 6ème canton de Nantes…

février 20th, 2017

Bon. C’est pas le tout, mais il ne faudrait pas croire que l’essentiel de notre activité consiste à se lamenter sur la situation politique globale et à refaire le monde et ses turpitudes à coup de posts de blog. Je dis nous car c’est de Christine Orain et moi-même, son binôme cantonal, qu’il s’agit.

Lors de la campagne cantonale de 2015 avec nos suppléants Karim Benbrahim et Laurence Brosseau

Nous avons presque fini de distribuer avec nos petites mains et nos petites jambes, ce petit tract qui tente de parler de notre fonction de Conseiller départemental et de ce dont nous nous occupons dans cette belle institution. Comme nous ne l’avons tiré qu’à 3000 exemplaires et que c’est un peu juste, je vous le livre via ce blog et les réseaux sociaux, en espérant que le format pdf va passer partout… Cliquez ci-après:  Tract insertion Nantes 6 revu

De la démocratie et de son respect…

février 20th, 2017

1. La primaire de la gauche a donné un résultat dont personne ne conteste les effets : Benoît Hamon est mon candidat comme il est le candidat de toutes celles et tous ceux qui ont participé à ce processus. J’ai présidé un bureau de vote, ça vaut participation, non ? François de Rugy s’est présenté, lui, mais il semble hésiter sur les conclusions à en tirer. Il faut dire qu’il était venu là par conviction unitaire (j’en témoigne), et par intérêt personnel (j’en témoigne aussi). Sur l’unité, il est pris à contre-pied puisque ses anciens copains d’EELV qui maudissaient les Socialistes, trouvent que Hamon est finalement fréquentable, surtout quand Jadot ne réussit pas à avoir ses 500 signatures, effets co-latéral de la stratégie d’isolement plébiscitée par les militants écolos. Ça va être chaud sur la 1ère circo de Loire-Atlantique, je vous le dis ! Mais j’y reviendrai une autre fois…

Dessin de FRAP
http://frap-dessins.blogspot.fr/

Mais, normalement, se présenter à un processus électoral vaut acceptation de son résultat. François a même dû signer un papelard dans ce sens. Certes, on peut comprendre que voir Hamon causer d’abord écologie (et circonscriptions…) avec Jadot et pas avec lui qui a pourtant réuni presque 4 fois plus de suffrages que le putatif candidat EELV, il y a de quoi se sentir libéré de sa parole. Or, François, et c’était écrit dès le soir du 29 janvier, semble plus près de rallier Macron que de distribuer les tracts de Benoît.

Donc, de mon modeste point de vue de président de bureau de vote, je suis sommé, statuts du Parti brandis, de respecter le résultat d’une primaire sur lequel s’apprête à s’assoir un de ses participants. Sans doute trouve-t-il qu’un pourcentage de participation de 4,48 %, ce qui fait 1181000 voix pour le vainqueur, ce n’est pas assez. Mais c’est trop pour l’ignorer, non ?

2. Il y a quelques mois, une consultation d’un nouveau genre était organisée à la demande du Président de la République pour demander aux gens principalement concernés s’ils approuvaient le transfert de l’aéroport de Nantes. Avec 550 000 votants sur 975 000 inscrits, soit une participation unanimement considérée comme forte à 55 %, le résultat de cette consultation a été reconnu (même avec atermoiements et intensité divers) par François de Rugy, par Emmanuel Macron, mais pas par Benoît Hamon ! Moi qui suis socialiste encarté depuis plus de 30 ans, Président d’un bureau de vote de la primaire (on le saura!), fortement engagé dans la campagne du OUI à la consultation sur l’A.G.O conformément à une majorité écrasante de son parti, je choisis comment entre une consultation à 4,48 %, et une autre à 55 % , aucune des deux n’ayant de conséquence légale ? Quelqu’un a de l’aspirine ? Read the rest of this entry »

Rogne du matin, chagrin !

février 14th, 2017

Grosse colère matinale contre Cyrille Pitois qui fait mention, dans un portrait de Louisa Battoy en dernière page du Ouest-France de ce matin, de la « maison des jeunes qui a mis la clé sous le paillasson », comme si la ville avait ainsi abandonné les jeunes de Nantes Nord !
J’en ai ras le bol de ces mentions juste fielleuses, sans la moindre vérification, ni mise en perspective !
Rappelons à Cyrille Pitois que la Maison des Jeunes de la Géraudière a été transformée en Maison de l’Emploi il y a plus de dix ans sous le pilotage de Patrick Rimbert. Une enquête réalisée auprès des jeunes du quartier avait mis en évidence qu’ils n’avaient pas d’abord besoin d’un lieu devenu difficilement gérable, approprié par une minorité, refuge d’activités incertaines, mais d’accéder à un emploi, une formation. Une politique publique pour la jeunesse des quartiers, ce n’est heureusement plus, et depuis longtemps déjà, et partout en France, la mise à disposition sans projet ni perspective d’un local-glandouille avec Billard, baby-foot, flipper et consoles vidéo connectées pour faire moderne et la promesse d’aller gratos au ski l’hiver venu !
Je sais que le mythe de la Maison des jeunes coure encore dans le quartier (c’était mieux avant…). Je mesure chaque jour la difficulté des rapports entre les jeunes et les institutions qui ont mission de les accompagner. Mais j’affirme que la Garantie Jeune, l’Ecole de la deuxième chance, la Mission Locale ou l’Eclectic-Leo Lagrange, avec leurs défauts et insuffisances sont infiniment plus utiles à la jeunesse des quartiers prioritaires que des locaux fermés parce qu’ils ne répondaient plus à aucun des objectifs éducatifs ou d’insertion qui leur étaient assignés, et créaient infiniment plus de problèmes qu’ils ne contribuaient à en résoudre.
Il faut être à l’écoute des jeunes, de tous les jeunes. Les plus en rupture avec les institutions ne sont pas forcément les plus nombreux. Les autres, dans les mêmes quartiers, rencontrant les mêmes obstacles, les mêmes discriminations, ne sont pas moins dignes d’attention et ont besoin de l’accompagnement qui leur est proposé. Y compris pour les stages de 3ème pour lesquels un dispositif anti-discrimination très partenarial est activé (Tiens !? Une promesse électorale tenue!). Si la Ville de Nantes et la Politique de la Ville (Etat et Métropole) soutiennent Casse Ta Routine et financent le poste d’adulte-relai, c’est bien pour sa capacité à établir ce lien avec des jeunes en déshérence/désespérance, pour leur permettre y compris d’accéder à leurs droits. Parce qu’ils ont droit à un avenir, parfois à un autre avenir que celui que leur propre comportement dessine. Ce sont des sujets difficiles, compliqués, que des slogans anti-politiques, anti-institutions anti-flics ou anti-jeunes, stigmatisant, discriminant, amalgamant, ne feront jamais qu’aggraver. Alors ce serait bien qu’au détour d’une phrase sortie de nulle part, plus riche de sous-entendu que d’information, la presse locale la plus honorable n’en rajoute pas dans la démagogie populiste ambiante et ses trop nombreuses variantes. J’ai dit !

Étonnez-moi, Benoît !

janvier 30th, 2017

Pour un plantage, c’est un beau plantage ! Le gus à qui je recommandais de se retirer de la primaire parce qu’il n’y ferait que de la figuration… Eh bien il a gagné ! Et largement avec ça ! Bref, après Trump, le Brexit, Fillon à droite et quelques autres trucs impossibles, voilà que Benoît Hamon est mon candidat ! Certes, je n’ai pas été le seul à ne pas le voir venir, y compris dans ses soutiens, mais quand même, ça questionne.

La vérité sortant de la bouche des enfants, c’est chez Patrick Mareschal, éternel adolescent politique, que j’ai trouvé la réponse la plus convaincante à mes questions. Que nous a dit notre premier président de gauche du Département pour expliquer son soutien à Benoît Hamon ? Que la présidentielle était déjà perdue.

Là, ça me parle. Pour moi qui rappelle obstinément qu’une élection est une compétition qu’on perd ou qu’on gagne, voilà un terrain de compréhension mutuelle !

Les électeurs de gauche auraient donc tellement intégré la défaite qu’ils auraient désigné, non un champion en mesure de la gagner (ou alors sur un concours de circonstances) mais un leader d’opposition porteur des idéaux auxquels ils ont envie de croire. Et tant pis si c’est déraisonnable. Depuis quand être de gauche serait être raisonnable ?

Dessin de Xavier Gorce - lemonde.fr - 25-1-2017

Dessin de Xavier Gorce – lemonde.fr – 25-1-2017

Très clairement, on a là le fruit du travail insuffisant (litote) du Parti Socialiste durant les quinquennats Chirac et Sarkozy. Il fallait refonder la social-démocratie européenne, et on a fait le congrès de Reims. Je l’ai déjà écrit, Hamon a eu le mérite d’animer la campagne autour d’idées nouvelles ( pas tant que ça d’ailleurs mais c’est apparu comme tel), avec une vraie cohérence et un vrai peps. Valls a fait une mauvaise campagne sur une ligne de pure posture d’autorité, sans proposition novatrice, ni même de réelle défense du bilan du quinquennat, encore moins de réponses de fond aux vraies questions posées par les propositions de Hamon. Empêcher Hollande, ce n’était pas suffisant Manuel… Au moins Benoît a-t-il eu un peu de temps entre son dernier coutelas planté dans le dos d’un pote et sa candidature…

Bref ! Les électeurs ont toujours raison et ceux qui pensent que la droite n’a pas encore gagné la Présidentielle ont apparemment une solution alternative à Manuel Valls (suivez mon regard…) puisqu’ils n’ont pas daigné venir le soutenir !

Je suis assez étonné (pas tant que ça en fait…) des comportements électoraux de nos concitoyen-ne-s et de leurs mouvements d’opinion. De droite, ils plébiscitent le type qui promet le plus de suppression de postes de fonctionnaire, au-delà même de toute possibilité matérielle. Qu’il gagne, ils lui reprocheront amèrement de ne pas tenir ses engagements. De gauche, ils se partagent entre une aventure personnelle mal identifiable, au contenu flou et aux valeurs incertaines (Macron) et ceux qui croient à une mesure emblématique tellement inenvisageable qu’ils n’imaginent pas un instant qu’elle puisse conduire son héraut à la victoire, lui même ayant avoué qu’il n’imaginait pas la mettre en œuvre avant les calendes grecques. Dans les deux cas, celui qui gagnerait (pas de risque s’ils sont effectivement tous les deux sur la ligne de départ !) serait bien embarrassé ! En résumé, pour gagner l’élection, il faut faire des promesses intenables quitte à ce qu’on le sache avant ! Et, évidemment, on ne peut pas être réélu ! Read the rest of this entry »